M. le duc d'Orléans. 2. Gouvernement
entretenir. Quant an pays, je ne tous en saurais dire assex de merveilles. Point de ces montagnes pelées qui choquent tant M. de M aucroix i ; mais, de part et d'autre, coteaux les plus agréablement Têtu» qui soient dans le monde. Vous m'en entendrez parler plus d'une fois ; maïs en attendant,
Que dirons-nous qui 2 fut la Loire
Avant que d'être ce qu'elle est?
Car tous savez qu'en son histoire
Notre bon Ovide s'en tait
Fut-ce quelque aimable personne ,
Quelque reine , quelque amazone,
Quelque nymphe au cœur de rocher,
Qu'aucun amant ne sut toucher?
Ces origines sont communes ;
C'est pourquoi n'allons point chercher
Les Jupiters et les Neptunes ,
Ou les dieux Pans qui poursuivaient
Toutes les belles qu'ils trouvaient
Laissons là ces métamorphoses ,
Et disons ici , s'il vous plaît ,
Que la Loire était ce qu'elle est
Dès le commencement des choses.
La Loire est donc une rivière Arrosant un pays favorisé des deux , Douce quand il lui plaît ; quand il lui plaît, si fière Qu'à peine arrête-t-on son cours impérieux. Elle ravagerait mille moissons fertiles , Engloutirait des bourgs , ferait flotter des villes ,
Détruirait tout en une nuit :
Il ne faudrait qu'une journée
Pour lui voir entraîner le fruit
De tout le labeur d'une année , Si le long de ses bords n'était une levée