CHATEAUBRIAND. U
voilà son texte, toujours le même, toujours inépuisable. Il ne lui faut ni les cabales d*un parti , ni les émotions populaires, ni de grandes circonstances pour briller. Dans la paix la plus profonde, sur le cercueil du citoyen le plus obscur, elle trouvera ses mouvements les plus sublimes ; elle saura intéresser pour une vertu ignorée ; elle fera couler des larmes pour un homme dont on n'a jamais entendu parler. Incapable de crainte et d'injustice, elle donne des leçons aux rois, mais sans les insulter ; elle console le pauvre, mais sans flatter ses vices. La politique et toutes les choses de la terre np lui sont point inconnues ; mais ces choses, qui faisaient les premiers ' motifs de l'éloquence antique , ne sont pour elle que des raisons secondaires; elle les voit des hauteurs où elle domine, comme un aigle aperçoit, du sommet de la montagne, les objets abaissés de la plaine.
{Génie du Christianisme.)
GIJVIEB,
CUVI£B (Georges) naquit à Montbéliard le 23 août 1769. Placé eo qualité de précepteur chez le comte d^Héricy, en Normandie, il y rencontra le savant Tessier ; celui-ci s'empressa de le faire connaître de L«cépède, de UKRin, de Geoffroy et de plusieurs aMli€s iMBiiDes céMK» qui TappêlèFOit à Paris. K lai fut aisé , dans le coui» d^iistoire aatoidle et leowns d'aaatomie comparée dont il fut sucoessivemeat chargfé, de rëvéler Timmensité de ses connaissances et le génie profond dont il était doué. Son Tableau élémentaire de V histoire naturelle des animaux parut en 1801 ; Guvier se plaça, en publiant cet ouvrage , à la tête des plus célèbres zoologistes. Ses Recherches ^ur les ossements fossiles, le plus étonnant de ses travaux, lui méritèrent la première place entre toas les naturalistes des temps modernes. Le Discours sur les révolutions du globe , qui en présentait d'une manière rapide et populaire les résultats les plus frappants , eut surtout un succès immense. De nombreuses éditions s'en firent en France, et il fut traduit en plusieurs langues. Le style de Cuvier, toujours clair dans les ouvrages de science, élégant et pur dans les Eloges prononcés à l'Académie , est remarquable par une simplicité pleine de grâce et de noblesse.
Guvier, reçu à l'Académie française en d819, mourut à Paris en 1833.
Gon^aêtes da génie.
Jeté faible et nu à la surface du globe , rhoinme paraissait créé pour une destruction inévitable ; les maux l'assaillaient de toutes parts, les remèdes lui restaient cachés; mais il avait reçu le génie pour les découvrir.
Les premiers sauvages cueillirent dans les forêts quelques fruits nourriciers, et subvinrent ainsi à leurs plus pressants besoins ; les premiers pâtres s'aperçurent que les astres suivent ime marche r^ée, et s'en servirent pour diriger leur
GU\1ËB. 469
course au travers des plaines du désert : telle fut Forigine des sciences mathématiques et celle des sciences physiques.
Une fois assuré cpi*il pouvait combattre la nature par ellemême , le génie ne se reposa plus, il l'épia sans relâche ; il fit sur elle de nouvelles conque, toutes marquées par l'amélioration dans Fétat des peuples.
Se succédant dès lors sans interruption , des esprits médi* tatife, dépositaires fidèles des doctrines acquises, constamment occupés de les lier, de les vérifier les unes par les autres , nous ont conduits, en moins de quarante siècles, des premiers essais de ces observateurs agrestes aux profonds calculs des Newton et des Laplace, aux énumérations savantes des Linnée et des Jussieu. Ce précieux héritage toiyours accru, porté de la Cfaaldée en Egypte, de FÉgypte dans la Grèce, caché pendant des siècles de malheur et de ténèbres, recouvré à des époques plus heureuses, inégalement répandu parmi les peuples de l'Europe , a été suivi partout de la richesse et du pouvoir; les nations qpû Font recueilli sont devenues mattresses du monde , celles qui Font. négligé sont tombées dans la faiblesse et l'obscurité*
( La Scieuce et ta Sociètc.)
K«voHitlOB« da 9l«i»e,
Lorsque le voyageur parcourt ces plaines fécondes où des. eaux tranquilles entretiennent , par leur cours régulier, une végétation abondante, et dont le sol, foulé par un peuple nombreux, orné de villages florissants, de riches cités, de monuments superbes, n'est jamais troublé que par les ravages de la guerre ou par l'oppression des hommes en pouvoir, il n'est pas tenté de croire que la nature ait eu aussi ses guerres intestines , et que la surface du globe ait été bouleversée par des révolutions et des catastrophes. Mais ses idées changent dès qu'il cherche à creuser ce sol si paisible, ou qu'il s'élève aux collines qui bordent la plaine. Elles se développent, pour
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ainsi dire, avec sa Tue; elles commencent à embrasser l'étendue et la grandeur de ces événements antiques, dès qu'il gravit les chaînes'plus élevées dont ces collines couvrent le pied, ou qu'en suivant les lits dés torrents qui descendent de ces chaînes, il pénètre dans leur intérieur.
Les terrainsles plus bas, les plus unis , ne nous montrent, même lorsque nous y creusons à de très grandes profondeurs, que des couches horizontales de matières plus ou moins variées, qui enveloppent presque toutes d'innombrables produits de la mer. Des couches pareilles, des produits semblables, composent les collines jusqu'à d'assez grandes hauteurs. Quelquefois les coquilles sont si nombreuses, qu'elles forment à elles seules toute la masse du sol ; elles s'élèvent à des hauteurs supérieures au niveau de toutes les mers, et où nulle mer ne pourrait être portée aujourd'hui par des causes existantes ; elles ne sont pas seulement enveloppées dans des sables mobiles, mais les pierres les plus dures les incrustent souvent et en sont pénétrées de toutes parts. Toutes les parties du monde, tous les hémisphères , tous les continents , toutes les îles un peu considérables, présentent le même phénomène.
Ces coquilles fossiles ont été déposées par la mer; c'est la mer qui les a laissées dans les Ueux où on les trouve ; cette mer a séjourné dans ces lieux ; elle y a séjourné assez longtemps et assez paisiblement pour y former les dépôts si réguliers, si épais, si vastes et en partie si solides, que remplissent ces dépouilles d'animaux aquatiques. Le bassin des mers a donc éprouvé au moins un changement, soit en étendue, soit en situation. Voilà ce qui résulte déjà des premières fouilles et de l'observation la plus superficielle.
Les traces de révolutions deviennent plus imposantes, quand on se rapproche davantage du pied des grandes chaînes. La plupart de ces révolutions ont été subites; cela est surtout facile à prouver pour la dernière de ces catastrophes, pour celle qui , par un double mouvement, a inondé et ensuite remis à sec nos continents actuels , ou du moins une grande partie du sol qui les forme aujourd'hui. Elle a laissé encore.
CUVIER. k^i
dans les pays du Nord, des cadavres de grands quadrupèdes que la glace a saisis, et qui se sont conservés jusqu'à nos jours avec leur peau, leur poil et leur chair. S'ils n'eussent été gelés aussitôt que tués, la putréfaction les aurait décomposés. Et d'un autre côté, cette gelée éternelle n'occupait pas auparavant les lieux où ils ont été saisis, car ils n'auraient pas pu vivre sous une pareille température. C'est donc le même instant qui a fait périr les animaux et qui a rendu glacial le pays qu'ils habitaient
La vie a donc souvent été troublée sur cette terre par des événements effroyables. Des êtres vivants sans nombre ont été victimes de ces catastrophes} les uns, habitants de la terre sèche, se sont vus engloutis par les déluges; les autres, qui peuplaient le sein des eaux, ont été mis à sec avec le fond des mers subitement relevé; leurs races mêmes ont fini pour jamais, et ne laissent dans le monde que quelques débris à peine reconnaissables pour le naturaliste.
{Recherches sur les ossements fossiles.)
Les Oiseaux et les Poissons.
Jusque dans les derniers détails l'économie tout entière des poissons contraste avec celle des oiseaux. L'être aérien découvre nettement un horizon immense ; son ouïe subtile apprécie tous les sons, toutes les intonations : sa voix les reproduit ; si son bec est dur, si son corps a dû être enveloppé d'un duvet qui le préservât du froid des hautes régions qu'il visite , il retrouve dans ses pattes toute la perfection du toucher le plus délicat... Un art surprenant préside à la construction de leur demeure; quand le temps est venu , ils y travaillent ensemble et sans relâche : pendant que la mère couve ses oeufs avec une constance si admirable , le père , d'amant passionné devenu tendre époux , charme par ses chants les ennuis de sa compagne. Dans l'esclavage même, l'oiseau s'attache à son maître ; il se soumet à lui et exécute sous ces ordres les actes les plus adroits , les plus délicats : il chasse pour lui comme
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le chien, et il revient à sa vorx an plus haut des air» : il imite jusqu'à son langage , et ce n*est qn*ayec peine que Ton se décide à lui refuser une espèce de raisem.
L'habitant des eaux,^u contraire, ne s*attadie point; il n'a point de langage , point d'affection ; 0 ne sait ce que c'est que d'être époux et père, ni que de se préparer un abri; dans le danger , il se caofae sous les rochers de la mer ou se précipite dans la profondeur des eaux ; sa vie est silencieuse et monotone ; sa voracité seule Toccupe , et ce n'est que par elle qu'on peut lui enseigner à diriger ses mouvements par des signes venus du dehors. Et cependant ces êtres , à qui il a été ménagé si peu de jouissanœ , ont été ornés par la nature de tous les genres de beautés : variété dans les foroies, élégance dans les proportions, diverûté et vivacité de couleurs, rien ne leur manque pour attirer l'attention de l'homme, et il semble que ce soit cette attention qu'en effet la nature ait €ule dessein d'exciter : l'éclat de tous les métaux , de tontes les pierres précieuses dont ils resplendissent , les couleurs de l'iris qui se brisent , se reflètent en bandes , en taches, en lignes onduleuses , anguleuses et toitjours régulières, symétriques , toujours de nuances admirablement assorties ou contrastées^, pour qui auraient-ils reçu tous ces dons , eux qui ne peuvent au plus que s'entrevoir dans ces profondeurs où la lumière a peine à pénétrer? Et quand fls se verraient , quel genre de plaisirs pourraient réveiller en eux de parais rapports?
(BitMn dm PéUmm*,)
CliiiMs tm afftMent encore •njaiirtf'liiU à Ui surfeee *i flobew
Examinons maintenant ce qui se passe aujourd*hui sur le globe ; analysons les causes qui agissent encore à sa snrfiice, et déterminons l'étendue possible de leurs effets. C'est une partie de l'histoire de la terre d'autant plus importante , que l'on a cm longtemps pouvoir expliquer, par ces causes actuelles, les rév(dutions antérieures, comme on explique aisé-
ment dans Fhistràre pf^tiqne les éiéneBieflts pasràB, quand cm connaît bien ks paMian»<t les internes de nos jours. Mais BOUS allons Toîr qne malfaenreuBenient it n'en est pas ainsi éasï» l'histoire physiqne : le fil des opérations est rompu; la marche de b naUure est changée, et aucun des agents qu'elle emploie aiijoard^hiii ne lui aurait suffi poiur produire ses anckns^o»Titage&
Il existe maintenant quatre causes actives qui contribuent à altérer la surfece de nos continents : les pluies et les dégels qui dégradent les mmitagnes escarpées et ea jettent les débris à leurs pieds; les eaux conrantes qui entiraînenl: ces débris et ▼ont les déposer dans les lieux où lenr cours se ratentit ; k mer qui sape le pied des côtes élevées pour y former des falaises, et qui rejette sur les côtes basses des monticules de sable ; enfin les volcans qui perceat les couches solides et élèvent ou répandent à la sur&ce les amas de leurs déjections.
Partout où les couches brisées offrent leurs tranchants sur des faces abruptes, il tombe à leur pied, à chacpie printemps, et mtae à chaque orage, des fragments de lein-s matériaux, qui s'arrondissent en roulant les uns sur tes autres, et dont Tamas prend une inchnaîson déterminée paar les lois de la cohésion, pour former ainsi an pied de Fescarpement une croupe pins ou moins élevée , selc» que les chutes et débris sont plus ou moins abondantes; ces croupes forment les flancs des ▼allées dans toutes les hautes montagnes, et se couvrent d'une riche végétation quand les éboulements supérkurs commencent à devenir moins £réfueKts, mus leur défaïut de solidité les rend sujettes à s'ébouler elles-mêmes quand ^ites soiâ minées par les niisseanx ; et c'est alors que des villes, que des cantons riches et pensés se tro«vc«it ensevelis sous la choie #une montagne; que le eom*s dfes rivières est mtevceplé; qu'il se forme des lacs dans des lieux auparavant fertdies et riants. Mais ces grandes chutes, heureusement, sont rares, et la principale influence de ces collines de débris, c'est de fournir des matériaux pour les ravages des torrents.
Les eaux qui tond>ent sur les crêtes et les sommets des
h%U PROSE,
montagnes, ou les vapeurs qui s*y condensent , ou les neiges qui s'y liquéfient , descendent par une infinité de filets le loi^ de leurs pentes ; elles en enlèvent quelques parcelles et y tracent par leur passage des sillons légers. Bientôt ces filets se réunissent dans les creux pluF marqués dont la surface des montagnes est labourée; ils s'écoulent par les vallées profondes qui en entament le pied , et vont former ainsi les rivières et les fleuves qui reportent à la mer les eaux que la mer avait données à l'atmosphère. A la fonte des neiges, ou lorsqu'il survient un orage, le volume de ces eaux des montagnes, subitement augmenté, se précipite avec une vitesse proportionnée aux pentes; elles vont heurter avec violence le pied de ces croupes de débris qui couvrent les flancs de toutes les hautes vallées; elles entraînent avec elles les fragments déjà arrondis qui les composent; elles les émoussent , les po^ lissent encore par le frottement ; mais à mesure qu'elles arrivent à des vallées plus unies où leur chute diminue, ou dans des bassins plus larges où il leur est permis de s'épandre, elles jettent sur la plage les plus grosses de ces pierres qu'elles roulaient ; les débris plus petits sont déposés plus bas , et 3 n'arrive guère au grand canal de la rivière que les parcelles les plus mebues, ou le limon le plus imperceptible. Souvent même le cours de ces eaux, avant de former le grand fleuve inférieur, est obligé de traverser un lac vaste et profond, où leur limon se dépose et d'où elles ressortent limpides. Mais les fleuves inférieurs , et tous les ruisseaux qui naissent des montagnes plus basses ou des collines, produisent aussi , dans les terrains qu'ils parcourent , des effets plus ou moins analogues à ceux des torrents des hautes montagnes. Lorsqu'ils sont gonflés par de grandes pluies, ils attaquent le pied des collines terreuses ou sableuses qu'ils rencontrent dans leur cours, et en portent les débris sur les terrains bas qu'ils inondent, et que chaque inondation élève d'une quantité quelconque : enfin , lorsque les fleuves arrivent aux grands lacs ou à la mer, et que cette rapidité qui entraînait les parcelles de limon vient à cesser tout à fait, ces parcelles se déposent
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aux côtés de Tembouchurc ; elles finissent par y former des terrains qui prolongent la côte, et , si cette côte est telle que la mer y jette de son côté du sable et contribue à cet accroissement , il se crée ainsi des provinces, des royaumes entiers, ordinairement les plus fertiles , et bientôt les plus riches du monde, si les gouvernements laissent l'industrie s'y exercer en paix.
Les effets que la mer produit sans le concours des fleuves sont beaucoup moins heureux. Lorsque la côte est basse et le fond sablonnenx, les vagues poussent ce sable vers le bord; à chaque reflux il s'en dessèche un peu , et le vent qui souffle presque toujours de la mer en jette sur la plage. Ainsi se forment les dunes, ces monticules sablonneux qui , si l'industrie de l'homme ne parvient à les fixer par des végétaux convenables, marchent lentement , mais invariablement , vers l'inté* rieur des terres, et y couvrent les champs et les habitations, parce que le même vent qui élève le sable du rivage sur la dune jette celui du sommet de la dune à son revers opposé à la mer : que si la nature du sable et celle de l'eau qui s'élève avec lui sont telles qu'il puisse s'en former un ciment durable, les coquilles, les os jetés sur le rivage en seront incrustés ; les bois, les troncs d'arbres, les plantes qui croissent près de la mer seront saisis dans ces agrégats, et ainsi naîtront ce que l'on pourra appeler des dunes durcies, comme on en voit sur les côtes de la Nouvelle-Hollande. On peut en prendre une idée dans la description qu'en a laissée feu Pérou.
Quand , au contraire , la côte est élevée , la mer^ qui n'y peut rien rejeter, y exerce une action destructive : ses vagues en rongent le pied et en escarpent toute la hauteur en falaise, parce que les parties les plus hautes, se trouvant sans appui, tombent sans cesse dans l'eau : elles y sont agitées dans les flots jusqu'à ce que les parcelles les plus molles et les plus déliées disparaissent Les portions plus dures, à force d'être roulées en sens contraires par les vagues, forment ces galets arrondis ou cette grève qui finit par s'accumuler assez pour servir de rempart au pied de la falaise.
Telle est Taction des eaux sur la terre ferme , et Ton voit qu'elle ne consiste presque qu'en nivellements, et en nhreflements qui ne sont pas indéfinis. Les débris des grandes crêtes charriés dans les vallons, leurs particules , celles des collines et des plaines portées jusqu'à la mer, des alluvions étendant les côtes aux dépens des hauteurs, sont des effets bornés auxquels la végétation met en général un terme, qui supposent d'ailleurs la préexistence des montagnes, celle des vallées, celle des plaines, en un mot toutes les inégalités du globe, et qui ne peuvent par conséquent avoir donné naissance à ces inégalités. Les dunes sont un phénomène plus limité encore, et pour la hauteur et pour Tétendue horizontale; elles n'ont point de rapport avec ces énormes masses dont la géologie cherche l'origine.
Quant à l'action que les 'Caux exercent dans leur propre sein , quoiqu'on ne puisse la connaître aussi bien , il est possible cependant d'en déterminer jusqu'à un certain point les limites.
Les lacs, les étangs, les marais, les ports de mer où il tombe des ruisseaux , surtout quand ceux-ci descendent des coteaux voisins et escarpés, déposent sur leur fond des amas de limon qui finiraient par les combler si Ton ne prenait le soin de les nettoyer. La mer jette également dans les ports, dans les anses, dans tons les lieux où ses eaux sont plus tranquilles , des vases et des sédiments. Les courants amassent entre eux ou jettent sur leurs côtés le sable qu'ils arrachent au fond de la mer, et en composent des bancs et des basfonds.
Certaines eaux , après avoir dissous des std)Stances calcaires au moyen de l'acide carbonique surabondant dont elles sont imprégnées, les laissent cristalliser quand cet acide peut s'évaporer, et en fonnent des stalactites et d'autres concrétions, n existe des couches cristallisées confusément dans Teaa douce, assez étendues pour être comparables à quelques unes de celles qu'a laissées l'ancienne mer. Tout le monde connaît les fameuses carrières de travertin des environs de Rome, et