‹ Modèles de littérature françaiseChapitre 48 sur 127 · Neme reçut M, répété, de- :2. Pour aroir imcto · texte numérisé non relu

Neme reçut M, répété, de- :2. Pour aroir imcto

ceUe uégalion. -c'est-à-dire honte de sa conduite.

dinal sourit malignement, et la reine se prit en colère en proférant de son fausset aigre et élevé ces propres mots : « Il y a de la révolte à s'imaginer que Ton se puisse révolter; voilà les contes ridicules de ceux qui la veulent. L'autorité du roi y donnera bon ordre. » Le cardinal, qui s'aperçut à mon visage que j'étais un peu ému de ce discours, prit la parole, et , avee un ton plus doux, il répondit à la reine : « Plût à Dieu, madame, que tout le monde parlât avec la même sincérité que parle M. le coadjuteur ! Il craint pour son troupeau , il craint pour la ville, il craint pour l'autorité de Votre Majesté. Je suis persuadé que le péril n'est pas au point qu'il se l'imagine; mais le scrupule sur cette matière est en lui une religion louable. » La reine , qui entendait le jargon du cardinal, se remit tout d'un coup; elle me fit des honnêtetés, et je répondis par un profond respect et par une mine si niaise que la Rivière dit à l'oreille de Beautru, de qui je le sus quatre jours après : « Voyez ce que c'est que de n'être pas jour et nuit en ce pays-ci ! Le coadjuteur est homme du monde ; il a de l'esprit, il prend pour bon ce que la reine vient de lui dire. » La vérité est que tout ce qui était dans ce cabinet jouait la comédie. Je faisais l'innocent et je ne l'étais pas, au moins en ce fait. Le cardinal faisait l'assuré et il ne l'était pas si fort qu'il le paraissait Il y eut quelques moments où la reine contrefit la douce et elle ne fut jamais plus aigre. M. de Longueville témoignait de la tristesse, et il était dans une joie sensible, parce que c'était l'homme du monde qui aimait le mieux les commen-» céments de toutes affaires. M. le duc d'Orléans faisait l'empressé et le passionné en parlant à la reine, et je ne l'ai jamais vu siffler avec plus d'indolence qu'il siffla une demi-heure en entretenant Guerchi dans la petite chambre grise. Le mare* chai de Villeroy faisait le gai pour faire sa cour au ministre, et il m'avouait en particulier, les larmes aux yeux, que l'État était sur le bord du précipice. Beautru et Nogent bouffonnaient et représentaient, pour plaire à la reine, la nourrice du vieux Broussel (remarquez, je vous supplie, qu'il avait quatre-vingts ans), qui animait le peuple à la sédition, quoiqu'ils connus-

sent très bien l'un et Fautre que la tragédie ne serait peut-être pas fort éloignée de la farce. Le seul et unique abbé de la Rivière était convaincu que Témotion du peuple n'était qu'une fumée. Il le soutenait à la reine, qui l'eût voulu croire, quand même elle eût été persuadée du contraire; et je remarquai dans un même instant, et par la disposition de la reine , qui était la personne du monde la plus hardie , et par celle de la Rivière, cpii était le poltron le plus signalé de son siècle, que l'aveugle témérité ou la peur outrée produisent les mêmes effets lorsque le péril n'est pas connu. Afin qu'il ne manquât aucun personnage au théâtre, le maréchal de la Meilleraye, qui jusque là était demeuré très ferme avec moi à représenter la conséquence du tumulte , prit celui du capitan. Il changea tout d'un coup de ton et de sentiment sur ce que le bonhomme Vannes, lieutenant-colonel des gardes, vint dire à la reine que les bourgeois menaçaient de forcer les gardes. Comme il était tout pétri de bile et de contre-temps, il se mit en colère jusqu'à l'emportement et même jusqu'à la fureur. Il s'écria qu'il fallait périr plutôt que de souffrir cette insolence, et il pressa qu'on lui permît de prendre les gardes, les officiers de la maison et tous les courtisans qui étaient dans les antichambres, en assurant qu'il terrasserait toute la canaille. La reine donna même avec ardeur dans son sens; mais ce sens ne fut appuyé de personne ; et vous verrez par l'événement qu'il n'y en a jamais eu de plus réprouvé. Le chancelier entra dans le cabinet à ce moment. Il était si faible de son naturel qu'il n'avait jamais dit jusqu'à cette occasion aucune parole de vérité ; mais en celle-ci la complaisance céda à la peur. Il parla, et il parla selon ce que lui dictait ce qu'il avait vu dans les mes. J'observai que le cardinal parut fort touché de la liberté d'un homme en qui il n'en avait jamais vu. Mais Senneterre, qui entra presque en même temps, effaça en moins d'un rien ces premières idées en assurant que la chaleur du peuple commençait à se ralentir, que l'on ne prenait point les armes et que, avec un peu de patience, tout irait bien. Il n'y a rien de si dangereux que la flatterie dans les con-

jonctures où celui que l'on flatte peut avoir peur. L'envie qu'ii a de ae la 1 jNift {H*aidlre £adt qu'il croit à tout ce qui Ten^cbe d'y remédier. Ces avis, qui arrivaient de moment à autre, faisaisit perdre inutilement ceux dans lesquels on pent dire que le salut de FÉtat était enfermé. Le vieux Guitaut, homme de peu de sens, mais très aiectionné , s'en impatienta plus que les autres, -et il dit d'un ton de voix encore plus rauque qu'à i'tndinaipe, fu'il ne comprenait pas comme il était possible de s*eDdonair >en l'état où étaient les choses. Il ajouta je ne sais quoi emre ses dents que je n'entendis pas, mais qui apparemment fsîqna le cardinal, qui d'ailleurs ne l'aimait pas et qui hii répondit : « Quel est votre avis? » — « Mon avis est, m^iffiem*, lui répondit brusquement Guitaut, de rendre ce vieux coquin de Broussel mort ou vif. » Je {nris la parole et je lui dis : « Le firemier ne serak pas de la piété ni de la prudence de la Teiae; le second pourrait faire cesser le tumulte. » La reine rougit à ce mot et elle s'écria : « Je vous entends, monfiiem' le «oac^uteur; vous voudriez que je donnasse la liberté à firoussd : je l'étranglerai plutôt avec ces deux mains. » £t en achev^ant cette dernière syllabe, elle me les porta presque

au visite en ajoutant : « £t ceux qui » Le cardinal, qui

oe douta pointiqu'elle ne m'aUait ^ dire tout ce que la rage peut 4n^er, s'avança et lui parla à l'oreille. Elle se composa à im |)oint (pie, ^i je ne l'eusse bien connue, elle m'eût paru bien radoucie. .

Le Memenant dvfl (I>reux d'Aubrai) entrait ce moment dans le cMmê. xvec une pâleur oKMtdle sur le visage, et je Ai'ai jamais vu à la Comédie-Italienne de peur si naïvement et si ridicademeBt rcfirésentée que celle qu'il fit voir à la reine en Imî raofitttaBtides aventures de rien qui lui étaient arrivées depuis son kgis jusqu'au Palais-Royaî Admirez, je vous supplie, la sympathie des âmes timides. Le cardinal Mazarin n'a* Tait été jusque là que médiocronent touché de ce que M. de la Meilleraye et moi M avicms dit avec assez de vigueur, et

i. Relatioo équivoque. % Qu'elle ne m'allftL

k Rivière n'en avait pas été seulement ému. La frayeur du lieatenant civil se glissa, je crois, par contagion dans leur imagination, dans leur e^fMit, dans leur cœur. Il nous paru-^ rait tout à coiq) métamorphosés; ils ne me tndtèrent plus de ridicule, ils avou^ent que Faffaire méritait de la réflexion ; ils consultèrent et ils sovyO&irent que MM. de Longueville, le chmceli^, le maréchal de ViUeroy et celui ^ de laMeiUeraye et le coadjuteor, prouvassent par de bonnes raisons qu'il fsdlait rmdFe fironssel •devjmt que s les peuples, qui menaçaient de prendre les armes, les eussent prises effectivement Nous éprouvâmesen cette rencontre qu'il est bien phis naturel à la peur de consulter que de décider. Le cardinal , afnrès une douzaine de galimatias 3 qni se contredisaient les uns les autres, conclut à se donner encore du temps jusqu'au lendemain et de^ faire connaître, en attendant, au peuple que la reine hii accordait la liberté de Broussel , pourvu qu'il se séparât et qu'il ne continuât pas à la demander en foule. Le cardinal ajouta que personne ne pouvait plus agréablement ni plus efficacement que moi porter la parole. Je vis le piège, mais je ne m'en pus défendre, et d'autant moins que le maréchal de la Meilleraye, qui n'avait point de vue, y donna même avec impétuosité et m'y entraîna, pour ainsi parler, avec lui. Il dit à la reine qu'il sortirait avec moi dans les rues et que nous y ferions des merveiUes. « Je n'en doute point , lui répondis-je, pourvu qu'il plaise à la reine de nous faire expédier en bonne forme la promesse de la liberté des prisonniers ; car je n'ai pas assez de crédit parmi le peuple pour m'en faire croire sans cela. » L'on me loua de ma modération. Le maréchal ne douta de rien ; « la parole de la reine valait mieux que tous les écrits ! » En un mot, l'on se moqua de moi et je me trouvai tout d'un coup dans la cruelle nécessité de jouer le plus méchant personnage où peut-être jamais particulier se soit rencontrée Je

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