CHEMINÉE
S À CARIATIDES, A THERMES, À BALUSTRES , A MODILLONS, etc.
Praneue 25. M. Visconti est l'auteur des deux jolies chemi-
nées gravées sur celte planche. La première se compose de
pilastres sur lesquels sont sculptés en bas-relief des candela-
bres, des têtes de lions et des guirlandes , et de modillons ou ; £ ,
petites consoles qui avancent sous le sommier pour le soute-
nir ; l'autre, également à pilastres, est simple et tire son principal effet du jeu des marbres. Le milieu des panneaux se dé-
tache en clair, et des petites consoles supportent la traverse
avancée. Ces deux ouvrages sont purs de profils, d’une belle proportion et traités d’une manière qui rappelle l'antique.
Prancue 26. La cheminéecomposée par M. Huvé, architecte,
pour le salon de Madame Du Cayla, à Saint-Ouen, est
une charmante création. Les cariatides , inspirées de Jean
, Jui donnent un aspect Ja fois.
l'éloge desgens del’art. Ces cariatides sont en bronze, ainsi que
Goujon , qui supportent la traver
qui mérite
monumental, riche et gracieux tout
Jes moulures, les lions des chenets, et l'ornement qui encadre le foyer. Ils ont été exécutés par M. Feuchère à qui les arts sont encore redevables d’une foule d'objets du même genre non moins remarquables.
Dans l’autre cheminée, on retrouve le talent aimable de M.Viscontidont la planche précédente offre deux beaux exemples. Cellé-ci est plus historiée et convient parfaitement à une chambre à coucher par son style galant et coquet. Les quatre” consoles qui supportent la traverse sont ajustées avec
beaucoup de goùt.
Praxens 27. Feu Bellanger, architecte célèbre, à qui l'art de la décoration intérieure a tant d'obligations, est Vauteur de Ja cheminée à candelabres que nous donnons ici. On pourra peut-être le blämer d’avoir fait porter à ces deux flambeaux une traverse de chambranle ; nous convenons que c’est un contresens, mais il serait si facile, sans dénaturer sa jolie composition, de remédier à ce défaut, soit en sculptant uneintention de flamme, soit en incrustant au-dessus une espèce de boule de porphyre semblable à celles dont nous surmontons nos lampes, que nous avons cru devoir la reproduire dans toute sa naïveté.
La cheminée en marbre blanc , ornée de bronzes dorés, gravée au-dessous de celle-ci, est tirée d’un boudoir de l'hôtel du ministre des finances, rue de Rivoli. Elle est de M. Des-
ti des
tailleurs, architecte distingué. On conviendra que le
balustres estici très-convenable, et qu'il remplace avantageusement les-colonnes. Cette cheminée est de bon goût et riche d’ornemens en bronze qui ont été fondus avec une grande perfection par M. De Lafontaine. La partie renfoncée de la
18 est
cheminée est en marbre bleu veiné de blanc. Au-des
une glace sans tain qui achève de donner de originalité à
la composition.
Pcancur 28. Les deux cheminées, gravées sur cette planche, sont d’unerichessede sculpture qu'il serait difficile de surpasser sans tomber dans l'extrême; l’une et l’autre sont en marbre blanc; mais celle tirée du Musée égyptien au Louvre , est entièrement sculptée sur la matière, tandis que l’autre, exécutée pour l'hôtel d'Osmond , sur les dessins de M. Berthaut, architecte, a tous ses ornemens en bronze; c’est-à-dire que la première est digne d’un souverain par la beauté et le prix
excessif de son exécution, quand la seconde, ornée avec
plus de magnificence encore, ne peut être qu’un meuble de riche particulier. En établissant cette distinction, nous n’avons pas voulu blämer l'emploi du bronze, qui offre des
moyens si faciles d'arriver à beaucoup d'effet sans d’exces-
ge ne prévale
sives dépenses, mais empêcher que leur us
sur la s
Ipture proprement dite, qui a besoin, pour pros-
pérer, d’autres encouragemens que ceux des princes.
La cheminée du Musée égyptien vient de Carrare; ses an-
gles sontarrondis. Entre les deux pilastres de chaque montant,
dont l’ornement est le même, est sculpté de bas-relief un
candelabre ajusté d'une manière plus judicieuse que dans l'exemple précédent. Cette cheminée passe pour avoir été exécutée sur les dessins de M. Percier. Les bronzes de celle de l'hôtel d’Osmond sont de M. Feuchère. On ne peut qu’en admirer le bon goût et l'heureux ajustement. Le genre arabesque, dans lequel elle est traitée, a été commandé par la décoration de la pièce où elle est placée. C'est ainsi qu'on doit toujours procéder dans les arts.
chesse des
Pcancug %9. Voiei encore un exemple où la ri déte
doré a anticipé sur le domaine de la sculpture. Il est du même
s est portée au plus haut degré possible, où le bronze auteur que le précédent, et tiré, comme lui, de l'hôtel d'Os-
mond, boulevard de la Chaussée-d’Antin.
Le mêmesalon devant être chauflé à la fois par unecheminée el par un poële, l'artiste a trouvé moyen de concilier cette exigence avec la décoration symétrique de la pièce, en
donnant à l’un et à l’autre meuble une égale hauteur, une
même frise, des moulures semblables , en déguisant son poële
par une espèce de console placée en avant , console que soutiennent à ses extrémités deux figures de femmes ailées dont le corps se termine en rinceaux qui se raccordent au-
dessous avec le pilastre contre lequel s'appuie le massif du
poële. Cette disposition ingénieuse et d’un eflet original, ne
peut manquer de trouver des imitateurs. Il est trop difficile
de chauffer une pièce un peu vaste avec nos cheminées mo-
aginé
dernes, pour que l'occ
sion d'employer l’expédient in
par M. Berthaut ne se présente pas souvent. On a supprimé
sur la gravure, l'une des deux chimères ailées, pour laisser voir comment s’ajuste le pilastre qui est derrière.
Praxene 30. Voici un des plus beaux types connus des cheminées du seizième siècle, et d'autant plus précieux, qu'il n'est pas, comme ceux des mêmes tempsquenous avons déjà fait
connaitre, modifié par des restaurations ou des ajustemens
modernes. Celui-ei est tel qu'il a été exécuté par G. Pilon pour le château de Villeroi. On y retrouve cet heureux accord de l'architecture et de la sculpture qui fait le charme des productions de l'époque, et leur donne une gràce piquante et aimable devenue bien rare depuis ; ces ornemens fins et délicatement travaillés, répartis avec art; ces inscrustations en marbre de couleur taillé en pointe de
diument, etcette niche, en quelque sorte obligée, où se plaçait
(6 le buste du personnage le plus illustre de la maison et audessus de laquelle, comme ici, étaient sculptées ses armes, souténues par des génies ailés. La cheminée de la salle de J. Goujon, planche 6, celle de l'hôtel d’'O, planche 18, d’autres à Ecouen, à Chambord et ailleurs , sont dans ce sentiment.
La cheminée de Villeroi, que l'on voit au Louvre dans la
galerie des sculptures fi , ést d'autant plus pré-
ançce cieuse , qu'elle est à la fois un monument complet et parfait dans son genre, qui caractérise ceux de son espèce élevés à une époque célèbre pour les arts en France, et qu'elle peut être un sujet d’études profitables pour les artistes des
âges présent et à venir.