AUTELS CHRÉTIENS
Dans les premiers siècles de l'Église, dans ces temps où les chrétiens durent se cacher dans la nuit des catacombes pour célébrer leurs mystères, le tombeau de quelque martyr était l'autel sur lequel ils officiaient. Quelquefois une simple table servait à cet usage, en mémoire de ce que la sainte cène fut instituée à un souper sur une table. Lorsque la religion du Christ cessa d'être persécutée et put paraître au grand jour ,
la forme du tombeau prévalut pour les autels, soit qu'ils
fussent adossés contre un mur, ou un pilier, ou qe colonne,
soit qu'ils occupassent le milieu du rond-point des églises faites en forme de basilique, ou le centre de la croix des
églises construites dans ce système. Cette forme de tombeau
s'est perpétuée jusqu'à nos jours, et si l’on rencontre des autels ayant celle d’une table, ce n’est que rarement; quelquefois ces tables sont soutenues par une seule colonne, comme dans les chapelles de Sainte-Cécile à Rome ; d’autres fois elles l'est par quatre, conime à l'autel de Saint-Sébastien tx cryptà 1le-
urenarié. Mais Ja forme du tombeau étant la plus géné mentadoptée, comme aussi Ja plus convenable, on doit éviter
de s’en écarter. Aussi les modèles que nous avons recueillis
ont-ils presque tous ce type consacré par l'usage et la Mais ces modèles, quoique renfermés dans des données fort restreintes , ne manquent cependant ni de variété dans leurs formes, ni d'originalité dans leur ensemble, et aucun ne s'écarte sensiblement de ce style large et sévère qui doit
caractériser les monumens religieux.
Prancue 37. Des quatre modèles gravés sur cette planche 7 5 l ?
celui tiré de
Saint-Gervais est remarquable par sa forme, par l'ornement de roseaux sculptés dans ses cannelures et par
sa belle exécution ; celui de l'église Saint-Louis-en-l'Hle est en
marbre rouge campan orné de bronzes dorés. Celui de la
chapelle de Saint-Vincent-de-Paule est bien étu l'ajuste-
ment des angles avec des consoles et des pattes de lion est heureux. Quant à l'autel tiré de Sainte-Marguerite, ou il est un véritable tombeau antique, où une imitation faite avec talent d’un type existant à Rome. Cet autel est en pierre.
Prascue 38. Les quatre autels de cette planche sont mo-
dernes, mais ajuslés dans le style gothique, afin d’être en j yes que,
harmonie avec le caractère des églises pour lesquelles ils ont
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été faits. À ce mérite que nos artistes ne prisent pas
joint celui d’une variété piquante et convenable tout à la
xécutés à Saint-Denis, sur les
fois. Trois de ces autels ont été
dessins de M, Debret, architecte ; le quatrième est à Notre-
Dame de Paris. Celui en marbre blanc décoré de mosaïques
colorées est du goût le plus exquis ; les sujets représentés en
incrustations de ma
bre précieux sont bien choisis, bien
ajustés, et puisés aux sources pures du gout gothique. Le suivant, en marbre blanc, dont tous les ornemens imitant la
dentelle se détachant sur un fond noir, est un véritable autel
actère austèreet l'effet original prouvent
funèbre, dont le c deux autels sont
que, sans sortir des mêmes données (car c absolument semblables pour la masse, les repos et les moulures), on peut crécr du neuf. Le troisième est celui dela chapelle
e dans l’un des caveaux de
expiatoire aux trois races, ér Saint-Denis. Les chefs des trois dynasties de nos rois y sont
figurés accompagnés d'anges qui portent leurs insignes. Les
profils et les détails de cet autel méritant d'être bien saisis, nous les avons reproduits sur une échelle un peu grande.
lent,
L'autel tiré de Notre-Dame de Paris est, commele pré orné de niches en arcades pour recevoir des figures de ronde
bosse. La mème église renferme plusieurs répétitions de ce
joli modèle.
PLaxcu