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ENSEMBLES D'AUTELS

On vient de voir séparément divers molifs d'autels et

de tabernacles; nous présentons dans les planches suivantes

quelques exemples où ces deux objets principaux de la com-

dés des parties

position d'un autel sont réunis et accomp:

ent leur décoration , bien que plu-

accessoires qui comp} sieurs de ces parties soient étrangères à la marbrerie. Tout

ictère

ce qui entre dans une composition devant avoir un ca

et des proportions combinées pour arriver au meilleur effet

possib ces exemples indiqueront les moyens d'obtenir ce

it de

résultat , sans lequel poi sensation , point de charme;

l'artiste pourra bien admirer telle ou telle par tie séparément, mais il restera froid devant l'ensemble.

Le

depuis peu sur Jes dessins de M. Guignet, tic

a Sorbonne,

aitre-autel de Lés

it une

armi les monumens de son espèce que ren-

donner

place distinguée ferme la capitale. Cette considération nous a fait le

nt sa

dans son ensemble, avec les accessoires qui complèt

vent de le rendre digne de l'attention

décoration , €t des artistes. Parfaitement en rapport, pour le styleet pour la proportion, avec l'édifice dont il devient ainsi partie inté-

granté, il a le rare mérite d'être grave et simple, par consé-

quent d’inspirer le recucillement et la méditation, et non d’attirer le regard, de distraire l'attention comme le font ceux où les colifichets, les faux brillans, employés avec profusion,

té du lieu et

vec

affichent un luxe peu compatible ka maj la sainteté du mystère qui s'y célebre.

artistes

Pzanone 46. Il n'arrive que trop souvent aux

chargés de la restauration de nos anciennes églises d'y introduire des membres d'architecture, ou des ornemens d’un

style tout différent de celui de l'édifice même. Dans lautel que M. Gauthier a élevé dans la chapelle du château de

goût ct de discernement en

Vincennes, il a fait preuve de lui donnant des formes qui rappellent l'époque brillante, pour l'architecture gothique française, du siècle de Saint-Louis. Cet

autel n'est pas achevé : les statues que nous avons figurées

dans les arcades évidées du dessous ne sont encore qu'en

cessoires. E

plâtre, ainsi que différens autres à pérons que ce

entira pas de l'instabilité des hommes et

bel ouvrage ne se r des choses, si commune en France. Pour la vérité historique,

nous devons dire aussi que, bien que l'autel et son tabernacle

soient en marbre, l’économie a voulu que le baldaquin et les quatre colonnes qui le soutiennent fussent en bois peint. La sculpture en marbre est de M. Plantar , celle en bois est de M. Jacob de Malter.

Praxoue 47. La chapelle du couvent du Sacré-Cœur , rue

de Varennes, est la production la plus remarquable de notre siècle par son importance comme monument en marbre et comme production de l’art.

M. Achille Leclère , qui en a été l'architecte, s’est rapproché avec beaucoup de talent de ce qu'offraient en ce genre les anciennes basiliques. L'autel est d’une forme très-belle et

est com-

très-heureuse, la donnée du tombeau primitif y âce que réclamait notre

binée avec tout le goût, toute la «

siècle. Les ornemens en sont fins et purs, les caissons de la

d'ornemens dorés et

voûte du cul-de-four, sont décorés

de peintures remarquables; les pilastres, l’entablement et la

frise, riches de détails aussi bien pensés que bien exécutés , en

marbre blanc semblablesà celui du revêtement de lhémicycle;

les chandeliers, la croix, la gloire et autres ornemens en

bronze doré qui complètent cette composition , en font l’ensemble le plus heureux , le plus digne, qui ait été exé uté de nos jours.

Praxcue 48. Nous terminons notre choix d’autels par ce- Jui que J. Bullant éleva au xvr siècle, dans la chapelle du chàteau d'E

de la composition que la sévérité des formes , la pureté des

ouen, et dans lequel on n’admire pas moins la richesse

profils, etla justesse des proportions de l'ordre dorique, d’après

les ré

les antiques rapportées par Vitruve, que Bullant avait

particulièrement étudié. La sculpture, attribuée à J. Goujon

pour le bas-relief du sacrifice d'Isaac qui orne le retable, et à

Bullant lui-même pour les évang listes placés sur le devant

de l'autel et sur ses côtés latéraux, n'est pas moins admirable

que hitecture. À l'accord parfait qui règneentre les diffé:

rentes parties de l’ensemble, au caractère, à la place qu'oc-

cupe chaque figure, chaque bas-relic £, chaque ornement , à

la valeur respective de chacun des accessoires par rapport au

tout, on reconnait que l’auteur de ce précieux monument était à Ja fois sculpteur et architecte. Tel fut J. Goujon , tel fut Michel-Ange à cetteépoque heureuse où l’artisteembrassait

e dessin pour base.

l'universalité des connaissances qui ont Pendant tout le temps que les monumens soustraits par

M. Lenoir

restèrent réunis au Musée des Petits

res français, l'autel d'E-

utionna

aux mains des vandales révo

Augnstir

couen y tint la première place parmi les chefs-d’œuvre du

xvi siècle ; la figure du connétable de Montmorency qu'on

avait couché dessus lui donnait l'aspect d'un tombeau. Au re-

tour des Bourbons cet autel fut rendu au prince de Condé, qui

s doute de le rétablir à

> proposait s sa place première. Ce

projet n'a point recu son exécution, et le château d'Ecouen ,

gloire de J. Bullant, est

toujours de l'un des chefs - d'œuvre

théâtre de la

peut-être privé pour

du régénérateur de

l'architecture française. Cet autel est en pierre, excepté les

colonnes qui sont en marbre noir et le bas-relief du re-

table qui est en marbre blanc.

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