OBJETS DIVERS
Prancue 67. Les objets réunis sur cette planche et la suivante sont ceux qui n’appartiennent à une aucune des grandes classifications déjà passées en revue, ou n’en ont pas qui leur soit propre. L’autel de style antique, qui occupe le mi- Jieu de cette planche, est consacré aux heures; il est tiré d’un jardin à Rome, où il remplit les fonctions de cadran solaire ; c’est-à-dire que sur sa plate-forme est tracé un cadran sur-
monté d’un gnomon qui marque l'heure par
a projection au soleil. Les figures dansantes sculptés autour sont au
nombre desix seulement , suivant le système usité dans divers pays et notamment en Italie; au-dessous sont quatre têtes qui figurent les quatre points cardinaux. Au-dessus de cet autel est une de ces belles rosaces dont l'Italie est si
iche , et pour la reproduction desquelles un
ouvrage spécial pourrait être employé utilement. Des deux
colonnes placées à côté, l’une est gothique et tirée d’une
église de Bretagne ; son füt est orné de roseaux , de feuilles,
d’anges, de saints; elle est très-svelte et cannelée par le haut; son motif pourrait être utilisé dans la restauration d’édifices de son siècle; l’autre, au-dessus de laquelle est une urne, est tirée du Musée des sculptures françaises au Louvre; elle a été sculptée avec une délicatesse extrême par Prieur, à la mémoire d'Anne de Montmorency. La colonne servant de candelabre est tirée de la cathédrale de Spolette, où quatre semblables sont placées aux coins de l'autel principal. En donnant un motif imité d’une de ces colonnes milliaires que les romains plaçaient le long des voies pour indiquer les distances, nous avons voulu rappeler que tout ce qui sert à des usages publics doit avoir un caractère monumental. Celle-ci est surmontée, comme les anciennes , d’un globe portant une
tige en bronze; sous le chapiteau sont des tètes qui repré-
sentent les villes qu'elles indiquent au voyageur ; plus Ï Î )
les distances.
Praxcne 68. Deux de ces tuiles dont | les des fron-
tons de divers temples et de plusieurs autres édifices anli-
ques sont formés, occupent le haut de cette planche.
a Pamfili à Rome, où elles font le
de leur sculpture. À côté nous
Elles sont tirées de la Vil
l'admiration des artistes par beau caractère de leurs
ornemens et la perfection donnons la face et le profil d'une autre tuile en marbre qui vient du temple de Jupiter Sérapis à Pouzzoles. On a recueilli
en Jtalie beaucoup de ces tuiles antiques. Celles en pierre
sont plus nombreuses que celles en marbre. On en trouve qui sont en terre cuite el d'une belle conservalion. Les modillons placés comme hors-d'œuvre au
coin opposé, sont tirés de la cathédrale de Milan, et les pro-
fils de bassins, des ruines de Pompéi. La treille du palais Doria à Gênes dont nous donnons la décoration , est un de
riches accessoire
ces s des jardins qu'on ne retrouve guère hors de l'Italie, du moins traité avec ce luxe de marbres et de colonnes qui leur donnent une physionomie si magnifique, si pittoresque, si séduisante pour l'artiste. On nous dira peut-être que de tels ajustemens sont du domaine exclusif de l'architecte. Nous en conviendrions si le style
sévère de l’exemple que nous donnons devait étre ex-
clusif: mais nous pensons que de tels berceaux de verdure pourraient avoir pour supports des colonnes plus sveltes, des
pilastres ornés d’arabesques, en un mot une architecture
plus libre , plus légère. Aux deux côtés de cette treille sont
deux balustres servant de chandeliers ou de candelabres dans
des églises d'Italie. Des deux balustrades qui sont au-dessous,
celle tirée de l’église Saint-Æustache à Paris, n’est qu'en
Îles a ses fleu-
pierre de liais ; celle tirée des jardins de Ver rons en bronze doré. Nous aurions eu à donner une bien grande variété de balustres, si nous avions dû faire connaitre toutes les combinaisons et les aberrations nombreuses auxquelles ce membre de l'architecture moderne a donné lieu. Les quatre que nous avons gravés nous ont paru mériter quelque préférence, et pouvoir servir de point de départ dans la composition d’autres motifs, La borne ofnée que le
hasard nous a fait rencontrer dans la rue des Trois-Couron-
nes, méritait, non par son style, qui rappelle le siècle de
Louis XV, mais par le caractère général de son ensemble,
de trouver place dans ce recueil Un tel motif, étudié par un artiste habile, pourrait donner naissance à quelque chose de satisfaisant, et, s'ilétait fréquemment reproduit, comme sa destination le permet , nos villes y gagneraient un embellisse-
ment qui ajouterait à leur splendeur.