PLANCHE
Les six premières planches de ce recueil représentent les cheminées dites à pilastres, qui sont les plus simples dont on fasse usage , et qu’on trouve ordinairement toutes faites chez les marbriers. Elles s’exécutent le plus souvent en marbre Sainte-Anne, en petit granit, en bleu turquin et, depuis quelque temps, en marbre français dont on s'occupe enfin d'exploiter les carrières. Espérons que les canaux projetés, qui doivent faciliter le transport de ces marbres, et permettre de les livrer au commerce à des prix modérés, recevront bientôt leur exécution. Nos habitations
pourront alors êt
pourvues d’une foule d'ouvrages en marbre qui, jusqu'à présent, ont été le partage exclusif du riche. Il sera
toujours loi
ible à l’homme qui aime à pos-
séder ce que.le vulgaire ne peut acquérir, d'enrichir de
sculptures où de varier la forme des ouvrages en marbre à
son usage. Ce sera pour l'artiste une source nouvelle de
prospérité, qui lui permettra de donner naissance à des créations neuves et ingénieuses.
La simplicité de forme et de profil des deux exemples gravés sur celte planche est rachetée par des bronzes appliqués sur le marbre, espèce d'ornement fréquemment em-
ployé de nos jours pour
économiser les frais de sculpture toujours très-dispendieux.
PLancue 2. De ces deux cheminées, l’une est d’une simplicité exemplaire : quelques bronzes en corrigent la grande
nudité; l'autre est plus
iche, et, par sa matière et par le style de son ajustement , rappelle l'époque heureuse pour les arts, des XV° et XVI siècles. Sa plaque, ses chenets, son feu , ajoutent au mérite de l’ensemble avec lequel ils sont en harmonie, soin trop souvent négligé. Les profils et les dée de celle des éléva-
tails gravés à côté, sur une échelle trip
tions, permettent de bien saisir la valeur de toutes ses par-
ties. Ces deux planches et la suivante ont été composées par M. Bury, architecte.
Prancug 3. La progression de nos planches amène une progression de richesse dans les sujets qu’elles représentent , la chemince gravée sur celle-ci commence à n'être plus aussi simple de composition que celles qui précèdent. Elle est du
style dorique, exécutée en pierre de liais, ornée d'armes
et de trophées en bronze. À Ecouen et dans d’autres chà-
teaux bâtis au XVE siècle, on en trouve d’à peu près sem-
blables. L’aigle qui la surmonte est appliqué contre le mur
du fond. L’ornement en feuilles qui pourtourne le foyer, le b:
que la plaque de l’âtre sont en bronze. Celle-ci représente le
-relief de la traverse, les chenets ornés de casques, ainsi
char de la victoire dont les beaux-arts détèlent les coursiers.
PLancue 4. La cheminée en griotte d'Italie qui occupe le haut de cette planche, est tirée du palais du Luxembourg. Elle est à pilastres isolés et ornée de peu de moulures; le