DES PLANCHES
goût et la richesse de la matière suppléent au luxe des ornemens. C’est un avantage de la marbrerie de produire beaucoup d’effet avec des formes tranquilles et pures par le seul
charme de la matière employé
La seconde cheminée est tirée de la salle des vases étrus-
ques , au Louvre. Elle est en marbre très
noir, sur lequel sont appliqués des ornemens en bronze doré, ayant rapport à Jupiter
à Apollon. Les moulures sont en bronze doré.
On voit, par les détails gravés à côté, comment le marbre a
été entaillé pour recevoir les bronze PLancue
Cette cheminée, du cabinet du roi aux Tuileries,
estexécutée sur une très-grande écl
Île. Quoique MM. Percier et Fontaine l'aient publiée dans leur Recueil de décorations intéri
eures, avec la pendule et le grand bas-relief qui complètent la décoration dont elle n’est qu'un accessoire, nous avons cru être agréables aux artistes en la reproduisant dans une proportion qui permette d'en apprécier tous les détails. Elle est en marbre blanc, ornée de bronzes dorés d’une magnificence et d’une perfection d'exécution remarquables MM. Percier et Fontaine, chargés, sous l'Empire, de la restau-
ration du palais des Tuileries, sont les auteurs de cette belle
cheminée.
Pcaxcur 6. Ce beau modèle avec lequel nous terminons les
exemples des cheminées à pilastres, est placé au Louvre en regard de la célèbre tribune de J. Goujon. Son chambranle,
en marbre blanc, est d’une grande dimension et char
ornemens sculptés dans la masse avec un rare talent. Il a
té xécuté, ainsi que l'ajustement qui le sarmonte, sur lesdessins MM. Percier et Fontaine, par MM. Mourit fils et Stouf.
:s deux figures en pierre représentant Bacchus et Flore,
ui en en sont le principal accessoire, sont attribués à J.
soujon qui les auraient faites pour orner une cheminée dans
la même salle. On les a donc rendues à leur première destination; mais leur proportion, leur pose, laissent croire
qu’elles étaient destinée
à s'accouder sur le chambranle de la
heminée et non à l'écraser de leur poids. Ces deux figures
étaient extrêmement dégradées au moment où l’on s’est occu-
pé de leur donner une plac
; leur restauration fait beaucoup
‘honneur au talent de M. Lange, scuplteur. Le buste de
Le Napoléon, qui occupait primitivement la place où l’on voit
aujourd'hui une tête de Jupiter , indiquait la date de lé
reC=
tion de cette mag
ifique cheminée. La plaque est du
Prancne 7. Aux cheminées à pilastres, qui sont les plus
simples que l’on puisse exécuter , durent succéder naturelle- ;
ment les cheminée
à consoles , dont la combinaison heureuse permet le développemant d’un certain luxe d'ornement et des combinaisons en marbres variés de couleurs.
La cheminée du théâtre de Belleville, par laquelle nous
commençons la série des planches à consoles, tire son plus
grand éclat de la beauté de son marbre qui est vert rubané
de blanc. Sa forme diffère peu de celle généralement usitée.
Ses accessoires seulement ont un caractère analogue au lieu
qu'elle occupe. Ses moulures arrondies n’ont point l'incon-
vénient qu'on reproche aux meubles dont la vive-arête des
profils blesse la main toutes les fois qu'elle se heurte contre. Ce système devrait être généralement suivi.
Le second modèle est une cheminée d'appartement exécutée en marbre blanc, et dont la traverse du chambranle
es. Cette dis-
est soutenue par deux petites consoles renve
position permet de donner une assez grande largeur à la tablette de dessus, avantage que l’on prise beaucoup depuis qu'il est d'usage de placer sur les cheminées des vases, des pendules, des candelabres et autres objets d'utilité et de décor. Les panneaux renfoncés de cette cheminée sont en marbre rouge de Languedoc.
PLaxcse 8. Cette cheminée, que nous avons fait graver d’après un dessin de M. Molinos, n’a point été exécutée précisément Lelle que nous la représentons : les ornemens qui ornent la traverse restent à faire. Les consoles sont d'une belle forme
et d’une grande richesse, et font honneur au talent de
M. Plantar, marbrier, qui les a travaillées. Lorsqu'un jour
; ; ; on voudra mettre la dernière main à cet ouvrage, on fera peut-être bien de modifier l'idée première de M. Molinos
pour les parties restées nues. S'il avait pu lui-même élaborer
sa pensée , il est des changemens que son goût Jui eùt sans
doute inspirés.
La chemir
e en marbre bleu turquin , que nous avons tirée
du palais du Luxembourg , a été exécutée sur les dessins de
M. Chalgrin. La simplicité de ses moulures, et la tranquillité du profil de ses consoles en sont les caractères distinctifs. Les chenets sont bien ceux de la cheminée.
PLancue 9. La cheminée qui occupe le haut de cette planche est celle du salon de mademoiselle Mars, dans la maison qu'elle a fait bâtir, rue de la Tour-des-Dames, par , L'é
dèle, plus que sa dimension , le rendent digne d’intérét. Les
ere
rance de ce mo-
M. Visconti, architecte. La lég
rtis avec discrétion ; les consoles sont
ornemens y sont répa
bien tournées et d’ur
bonne sculpture; la tablette n’a d’épaisseur que la moitié des moulures : cela suflit , la portée
n'étant pas très-srande.
La grande cheminée, gravée au-dessous, vient du palais de la Bourse. C'est un ouvrage capital, exécuté sur les dessins de M. La Barre, architecte. On ne peut rien désirer de plus sage, de plus ferme, de mieux entendu dans toutes ses parties. La
manière ample et correcte dont les consoles sont profilées et
ornées, leur empätement solide et original , cet entablement, ce chambranle composés de moulures pures et bien senties, font de cette cheminée un ensemble satisfaisant et complet, qui peut être offert comme un modèle de ce caractère large et sévère qui doit distinguer tout ce qui tient aux édifices publies. Toutes les autres cheminées de la Bourse ont été faites sur ce modèle.
Praxcue 10. Cette cheminée, de la plus grande richesse et de la plus belle exécution , a été faite par M. Plantar, sur les dessins de M. Fedel , architecte, pour M. Hope, riche
amateur des arts. Elle est remarquable par l'harmonie de ses
diverses parties, et par l'élégance de ses formes. La volute de
la console, dont l'enroulement rappelle le chapiteau ionique
(ee
grec, a une saillie considérable , ce qui permet à la traverse
d’avoir une grande largeur. Cette traverse est d’ailleurs ren-
forcée et butée par la partie renfoncée, qui forme en même temps un riche encadrement autour du foyer.
Quant à la cheminée du foyer de l'Opéra - Comique, son
mérite ne git pas dans l'originalité de la composition, mais
dans une exécution soi s. En voy:
iée, des proportions sà
un artiste de mérite comme M. Huvé, qui en a donné le
dessin , suivre la route battue, lorsqu'il lui était loisible de la traiter poétiquement, on ne peut s'empêcher de lui en faire un reproche. Les occasions de créer sont trop rares pour qu'il soit permis de les négliger lorsqu'elles se présentent. Dans un monument public, aucun accessoire ne doit être insignifiant ; tous, comme dans un tableau d'histoire, doivent avoir trait au sujet principal.
Piaxcne 11. Cette cheminée, exécutée à Bruxelles sur les
dessins de M. Labadie, est un morceau achevé dans son genre.
Pour se bien rendre compte de ce qui a motivé l’arrangement
de ses diflérens membres, il faudrait pouvoir saisir tout
l'ensemble de la décoration dont elle fait partie; nous
avons indiqué quelques-unes des lignes qui s’y rattachent es-
sentiellement. Elles font voir que la hauteur d'appui a motivé
celle des figures , et que les consoles répondent au milieu des
petites colonnes en menuiserie qui accompagnent la glace
placée au-dessus. Cette cheminée est d’une grande élégance
dans son ensemble, ét parfaitement en rapport avec la déco-
ration de la pièce où elle est placée, et à laquelle il a fallu Ja subordonner. Le mérite de son exécution répond à celui
de sa composition, c’est le plus bel élog
que nous en puis-
sions faire. Les deux consoles placées l’une sur l'autre pro-
duisent un effet très-satisfaisant, ainsi que les figures qui
tiennent des guirlandes. Cette cheminée étant celle d’un riche
négociant , tous les emblèmes appe l'embellir ont rapport au commerce. Ce sont l'abondance, les arts, l'industrie, a navigation ; on a poussé la recherche jusque dans les moindres accessoires, et rien n’a élé abandonné au caprice de
‘ouvrier ir toujours.
; C’est ainsi que les artistes devraient ag
PLaxoue 12. Cette cheminée colossale, placée dans l’une des salles de la sculpture française, au Louvre, est un comosé de divers fragmens d’ornemens et de bas-relief du beau
issance des arts en France. Le chambranle,
siècle de la ren
qui est la cheminée proprement dite, offre bien quelques al, l
de ses détails pleins de goût, de finesse et de variété; le
xécuLion
s de formes; mais son ca
ractére gene
izarreric
rendent très -recommandable. La plaque est du temps. Le
relief du Christ au tombeau, attribué à Jean Goujon, te
celui du gucrrie issant un dragon , par Paul Ponce,
ainsi que la couronne au milieu de laquelle est le chiffre de
Henri Il , ont été enchässés au milieu d’un ornement du même
siècle sous la direction de MM. Percier. et Fontaine, et avec un talent d'ajustement tel, qu'on est tenté de croire cet ensemble l'œuvre primitif, plutôt qu'une mosaïque, si lon peut dire, de matériaux discordans ayant appartenu à des
monumens divers.