GRANDES PORTES
Planche première.
Gette belle porte est l’une <lc celles qui ont été exécutées depuis peu dans l’église de Sainte-Geneviève de Paris, sur les dessins de M. Baltard , architecte de cet édifice , et qui , placées à droite et à gauche de la grande porte, donnent entrée aux bas-côtés. Elles sont trcs-riches et ornées de caissons, dont la division, en meme temps simple et variée , forme divers panneaux enrichis de beaux orneincns. Les détails se composent de rosaces et de feuilles en arabesques taillées en plein bois, dont le style et la forme , inspirés de l’antique , sont d’une manière large et sévère.
L’exécution en est très-soignée dahs toutes les parties, et digne du monument auquel elles appartiennent. Elles sont en noyer.
Planche 2.
Cette seconde planche contient les principaux détails de la porte précédente, dessinés sur une plus grande' échelle. On y trouve les différentes moulures des compartimens et caissons , les rosaces d’angles , qui sont partout les memes; les groupes des feuilles des petits panneaux et les ornemens courans des frises qui se répètent dans toutes les parties.
Planche 3.
Cette planche contient trois belles portes, dont deux sont tirées du musée de sculpture , au Louvre, et la troisième représente une de celles qui se trouvent placées , à Sainte-Geneviève , aux extrémités des galeries. Ces dernières sontau nombre deseize :dcuxdansle murde face, six au fond, et quatre à chaque bout de la croisée. Quoique petites en comparaison des portes principales du meme édifice ', elles sont encore d’une grande dimension , comme on en peut juger par l’échelle. La composition en est sage et ferme; les ornemens y sont peu nombreux, et l’exécution ne laisse rien à désirer. Comme c’est un exemple qui mérite d’être reproduit, et qui peut s’adapter , dans plusieurs cas , aux portes d’appartemens , dites portes à placard , nous en donnons les détails de cons^ traction sur la planche 62 , sous les n°\ 81,82, 83.
Des deux autres , l’une est encore plus simple, n’étant ornée que de moulures ; mais celle qu’on voit au milieu, et qui est une des portes principales du Musée , est trèsriche et d’un excellent goût. Sa forme ceintrée était obligée par la localité, en ce qu’elle s’élève jusqu’à la voûte, et le bas-relief dont elle est ornée fait partie de la décoration générale de la salle. Les panneaux sont d’un beau rapport, et les détails bien traités. Parmi ces détails, rapportés plus en grand sur la même feuille, on y remarquera particulièrement les canaux, dont la forme est originale. Planche 4-
De ces deux figures , l’une est gothique et l’autre est
celle des portes qui ferment les bas-côtés de Sl.-Eliennedu-Mont , de chaque côté du choeur. Elles appartiennent au temps dit : de la renaissance ; le travail en est délicat et précieux , et la proportion charmante. Elles sont à jour, et remplacent avantageusement une grille. Les ornemens et les figures qui les décorent sont bien ajustés' et bien sculptés, et quoique les profils des moulures présentent quelques parties qui tiennent encore un peu du gothique , il y a en général une finesse et une grâce qui décèlent l’élude de l’antique, dont les artistes de ce temps-là tâchaient de se rapprocher.
L’autre porte est rue Sl.-IIyppolitc ; elle est encore en place , et tient à une petite maison qu’on dit avoir appartenu à une reine Blanche, femme ou sœur de Philippe de Valois. Ce morceau de menuiserie gothique est très-curieux , non-seulement par son âge et la place qu’il occupe, mais encore par sa beauté particulière.. Indépendamment des détails qui sont finis avec soin , la proportion de toutes ses parties est bien entendue : elle a un certain grandiose qui plait , et il n’y a pas de doute qu’une pareille porte , traitée en grand , d’un bon style et bien sculptée , ne fût digne de fermer l’entrée d’un temple ou d’un tribunal. Elle est très-ruinée , et les arabesques ont presqu’entièrement disparu dans certains endroits.
Planche 5.
On donne ici deux exemples de portes-cochères : la première est de l’hôtel Tarare , rue du Temple. Cette porte est dans la forme ancienne , et ordinaire , mais les détails et les bas-reliefs sont d’une bonne sculpture. On voit sur chacun des ventaux un médaillon : ils renferment quatre figures : les vertus cardinales ; au-dessous sont les armes de la maison; plushas des têtes de Méduse parfaitement ajustées, supportent le marteau. Au revers il y a deux bas-reliefs bien composés , mais d’un genre moins sévère.
L’autre porte est dans le genre militaire : des enseignes, des boucliers , des têtes de chevaux , etc. la décorent ; elle est moderne , et tous ses détails sont de bon goût et bien ajustés.
Planche 6.
Cette planche contient des portes plus petites , mais cependant donnant sur la rue. L’une est une porte bâtarde , rue Hauteville, dont l’aspect général et les profils en particulier ont beaucoup de caractère. On en a donné un détail. Les divisions des panneaux sont bien en proportion , et les champs , qu’enrichissent des clous ou rosaces saillantes , font un bon effet.
L’autre appartient au théâtre du JJiorama : on l’a donnée plutôt pour sa composition générale que pour sa proportion , la frise et la corniche étant un peu fortes.
La troisième représente l’une des petites portes laté-
ralcs dc Sl-J«>n Chardonnet. Ces portos, on chine, dont un les a embellies relis e encore leur simi.lieili sunt solides et bien exécutées; le peu d’ornemens Téritable caractère des portes d’un temple chrétien.