ASSEMBLAGES DE LONGUEURS ET AUTRES
Pour réunir bout à bout des bois carrés , i°. à l’un des bouts de la pièce b, fig. 128, on fait une entaille b ( ou mortaise à enfourchcment ) , et au bout de l’autre pièce A, un tenon a qui doit entrer exactement dans la mortaise b. On nomme cet assemblage, à tenons et mortaises simples, et aussi en fausse tenaille; on s’en sert dans le cas où l’emplacement manque , et où l’on est obligé de revêtir par le côté. 1°. On fait , fig. 12g , à deux des faces de la pièce d deux mortaises c et d, et deux tenons e et f à la pièce c. Celui-ci est appelé à tenons et mortaises retournés à l’équerre ; on l’appelle encore assemblage chevronné. 3°. fig.i3o , à un des bouts de l’une des pièces F, on trace deux diagonales qui divisent la surface en quatre triangles ; on taille deux de ces triangles à une certaine
ii )
longueur dans la pièce; la même opération étant faite au bout du morceau e, les parties réservées dans chacunedes pièces se logent dans les vides de la pièce opposée, et cet assemblage se nomme en sifflet, ou trait de Jupiter simple. Ces trois sortes d’assemblages conviennent poulies pièces qui sont dans une position verticale , comme ; poteaux, noyaux d’escaliers, etc.
Pour réunir boutàboutdes bois méplats, on fait: in.fig.
1 3 1 , des entailles à mi-bois à l’extrémité de l’une des pièces A, etàl’unede ses surfaces on retranche environ lamoilié de son épaisseur a; on en retranche une même longueur b à la surface opposée de l’autre pièce b , en ayant soin d’cgaler au vide le volume du bois réservé : ceci se nomme par entailles simplesà mi-bois. 20. Après avoir évidé,àl'unedcs pièces c, fig. i32 , une entaille à mi-bois de forme quadrilatère en queue d’aronde c, on taille le volume ed, réserve à l’autre pièce D, pour qu’il s’adapte exactement dans l'entaille c; on nomme cet assemblage à queue, et à queue passante quand le bois est entaillé de toute son épaisseur. 3°. assemblage par entaille et double queue d’aronde, fig. 1 33 : c’est quand on fait, comme précédemment, aux pièces E et F deux entailles à mi-bois , et qu’on donne à l’extrémité de chaque partie réservée, la forme de queue d’arondc fg, avec deux entailles , h i , pour les recevoir. 4°. assemblage en crémaillères, traits de Jupiter, fig. 1 34 '• c’est la réunion de deux bouts, G H, en coupe oblique, mais avec des entailles, j k, et masses réservées, 1 m ; afin , qu’après la pose , les deux pièces se retiennent mutuellement , sans pouvoir se désunir dans le sens longitudinal. La mise dedans doit s’effectuer par le côté. On voit au-dessous la forme de cet assemblage , garni de plates-bandes en fer entaillées dans le bois et retenues par des boulons. 5°. La figure 1 35 représente le même assemblage , avec cette différence que les deux bossages , n o, ont moins de surface que les deux entailles, p q, ce qui laisse un vide pour recevoir une clef qui , étant fortement chassée, rapproche tous les joints des coupes. On voit au-dessous cet assemblage mis dedans et fixé par des plates-bandes en fer.
Pour réunir le bout d’une pièce de bois à Impartie intermédiaire d’une autre, on fait : i°. fig. 1 36 , un assemblage en coupe oblique ou en mors-d’àne ; on coupe en biseau, kl, le bout de la pièce H, et on fait à l’arrête del’aulrc pièce , G , une entaille , m , qui reçoit le biseau : on assemble de cette manière le bout des soliveaux et lambourdes aux soupentes, etc. 20. assemblage en panne et à repos, fig. i3y ; au bout de la pièce J, on fait une coupe oblique, o p , et une autre , pq , appelée repos , parallèle à la surface supérieure, plus l’épaulcment , rs, et Ton fait dans la pièce i une entaille semblable ; on voit en k la misededans effectuée. 3°. fig. 1 38, assemblage à queue d’aronde simple. lise fait ordinairement à moitié bois : on voit la queue t à la pièce l, son entaille u à la pièce M et en N la mise dedans v.
Pour réunir deux pièces de bois, B et s, qui se croisent ( passantes ), mais dont les surfaces supérieures et inférieures sont dans les mêmes plans ou arrazées, comme fig. 140 , on emploie x°. l’assemblage par simple entaille, fig. i3g , qui s’exécute ainsi : on fait à la pièce supérieure, o,une entaille à mi-bois, x, et une semblable, y, à la pièce p.
on triangle, 2°. l'assemblage par entaille , fig. i3q, qui se compose d’une entaille simple , z, occupant environ le tiers de la hauteur de la pièce Q, et de deux autres entailles triangulaires,z'z",qui occupent le deuxième tiers; on donne à l’entaille * delà pièce P la même forme, mais en faisant les vides triangulaires dans celle-ci , pour recevoir les bossages triangulaires réserves à l’autre.La fig. montre la mise dedans de ces deux derniers assemblages.
Pour assembler à angle droit ou obliquement le bout d une traverse a la rive ou à la face d’un battant, on se sert i °. fig. j 4 1 , de l’assemblage par simple entaille. Quand c’est une traverse haute ou basse, on fait au bout du battant a une entaille a à mi-bois dont la longueur doit avoir pour mesure la largeur de la traverse b , et à celleci une semblable entaille b. Si par la combinaison des pièces du bâtis, la traverse i>, fig. 142 , était disposée obliquement au battant c , on élégirait de même les deux entailles cd, en employant pour les tracer la fausse equerre. 20. Fig. i45, on fait aussi quelquefois les entailles e et f de forme triangulaire au battant E et à la traverse F; alors le point en parement est d’onglet si les deux morceaux ont la meme largeur, cl il est en fausse coupe s’ils sont de largeurs inégales. 3°. Fig. 143 , quand c est une traverse n, on fait à un de scs bouts une entaille h, et au battant g, une autre entaille g. Quelquefois on amaigrit, en forme de chamfrein , les rives de la partie réservée j, de la traverse 1, ce qui lui donne la forme de queue d’aronde ( même Figure ). Ces assemblages sont simples, ils s'exécutent avec facilité, et on en fait usa»e pour des châssis et autres ouvrages de petites dimensions ; mais dansles grandes parties, ils ont l’inconvénient d altérer considérablement la force des baltans, vu que ,a moitié de lcur épaisseur , et par conséquent de leurs Idires, est tranchée à l’endroit des traverses intermédiaires. On pourra diminuer cet inconvénient, en procédant comme il suit : donner à l’entaille 1, fig. 148, la moitié environ de la largeur du battant j, et la même dimension à la partie réservée en m, de la traverse K ; il restera au battant plus de force que si le tenon était commftà la fig. 143, puisqu’un moindre nombre de ses fibres sera tranché.
Les fig. 1 44 » «46> *4?’ i49 sont des assemblages à enfourchcment. D’après les explications précédentes, on les concevra très-facilement. Us servent à réunir les traverses moqs aux battans lnpr.
La fig. i5o est l’assemblage d’un poteau T et d’une surface v. Le premier porte deux tenons, l’un simple , v, et 1 autre à queue d'aronde t, qui sontreçus dans des entailles analogues. Tous ces assemblages demandent à être fortifiés parla colle, les clous, les vis, etc.
Planche 66.
Celle feuille contient l’arrangement et tous les détails
des combles formés par des planches, suivant la méthode de Philibert de l’Orme, et sur laquelle il publia un ouvrage en x 56 1. Si ce célèbre architecte n’est pas l’inventeur de cette manière de construire , il est le premier qui en ait fait usage pour les combles et qui l'ait réduite en système , en imaginant de relier les courbes par des bernes et des ciels.
Les fig. i5i, 1 5e , 1 53 , indiquent f arrangement des parties pour former des combles de diverses formes , comme en aix de cloître , en plein ceinlre , en anse-depanier. On y voit, et plus distinctement par la fig. 1 5 4 , qu’on se sert d’un premier rang de planches de un pied de largeur, sur unp°. d’épaisseur et d’une longueur indéterminée, et que sur ce pi'emier rang on en applique un second , de manière à ce que les joints des premières correspondent au milieu des autres; on les unit avec des clous ou des chevilles, et par des bernes 1, 1 fig. 166, de 2 p°. sur 1 p°. , environ, qui passent dans les tx-ous s, t, v, x, qu’on y pratique à cet effet. Ces bernes, qui n’ont pas de longueur fixe , peuvent avoir jusqu’à 6 pieds , et servent à relier plusieurs assemblages de planches, maïs sans être distribués symétriquement : elles sont fortement serrées et adhérentes aux planches , par le moyen des chevilles kk , lig. 166.
Ces assemblages , courbes ou hémicycles , posent sur une plate-forme qui règne le long d’une partie du mur du bâtiment et qui reçoit les tenons gg, fig. 1 54 , et vus de face , g, fig. x56.
De plus, la courbe est rachetée extérieurement par des coyaux aussi en planche n, p, et reliés de même par des bernes 0,0, fig. i54-
La fig. i55 fait voir qu’on peut remplacer quelquefois ces coyaux par des planches clouées r, r, qui fonl l’office de moises.
La fig. 1 07 représente une partie des courbes retenues parleurs bernes et leurs clavettes.
La figure i58 montre des bernes différemment disposées et entaillées dans les planches, de toute leur épaisseur.
Dans la figure i5q, on voit d’autres bernes doublées à l’endroit des coyaux, et dans les figures 160, 161, plusieui's bernes doubles et simples, placées al lernativement.
Enfin les figures 162, i63, 164 et i65, indiquent que les planches doivent être d'abord coupées à leur extrémité, selon un rayon c, d, f, h, qui part du centre e ou f de la voûte, et que ces mêmes rayons servent à tracer l’intrados des voûtes suivant lesquelles les planches doivent êti'c taillées intérieurement, comme dans la fig. 167. Cette dernière figure représente un comble entier, plein-ceintre , et formant toit extéricuremcut.