CONSTRUCTION DES ORDRES D’ARCHITECTURE
Avec les mêmes échantillons de bois qu’on emploie habituellement aux ouvrages de menuiserie en bâtiment, on fait des piédestaux , des colonnes et des enlablcmens qui ont les mêmes formes et proportions que les ouvrages en marbre, en pierre, etc.; comme les assemblages sont les memes , nous nous bornerons à expliquer quelques pièces propres à la combinaison des ordres d architecture. La figure io3 est une coupe verticale prise à l’axe du piédestal et de la base de la colonne de l’ordre toscan ; la figure 104 est la coupe du chapiteau et de l’entablemcnL ; a est le socle du piédestal, b la table saillante sur le nud de ce piédestal , g sa corniche ; d la base de la colonne, e le lut , f le chapiteau ; g l’arcliilravc, h la frise et 1 la corniche.
Les fig. 109 et 110 représentent une coupe prise sur 1 axe d une colonne d ordre dorique , avec son entablement et son piédestal. Les fig. io5 et ni sont les coupes horizontales de chacun de ces piédestaux; 106 et 1x2, les coupes du fût des colonnes au-dessus des bases; 107 et ii3 celles du haut des colonnes , avec les chapilaux renversés, enfin les figures 108 et 114 représentent les tailloirs des chapiteaux vus en dessous et leur construction. On voit que dans ces sortes d’ouvrages il y a toujours un axe , ou poteau de fond, immobile , fait
en charpente ou autrement, garni de mandrins en haut et en bas , et autour duquel s’arrangent et s’adaptent les diverses parties dont l’ordre est composé. Quelquefois ces memes parties y sont fixées invariablement, quelquefois elles sont mobiles, et les colonnes, bases, chapitaux, etc. , se séparent en deux pour embrasser le poteau d’appui ; on les réunit alors par des espèces de fiches et de clavettes, comme on le voit par les plans 1 12, 1 15 et 1 18, quelquefois il y a une charnière et la colonne s’ouvre et se ferme à volonté pour pouvoir la mettre en place; voyez la fig. 1 1 g. Dans tout les cas ces assemblages mobiles ont besoin d’être consolidés par des plaques en tôle qu’on visse sur les parties de bois horizontales, ligure n5. On les voit séparées, fig. 11G et 117.
On a ajouté au bas de celle planche deux méthodes, pour opérer le renflement de la tige des colonnes. La première , fig. 120, consiste à diviser la hauteur totale du fût en trois parties , et les deux parties supérieures en autant de parties qu’on veut, en cinq, par exemple; de plus , il faut diviser en même nombre de parties la portion du cercle de renflement comprise entre le point extrême et la perpendiculaire abaissée du diamètre du haut de la colonne ; de chacune de ces divisions , élever cinq perpendiculaires qui à leurs intersections avec chacune des cinq horizontales, donneront les points par où doit passer le trait de la colonne renflée , qu’on trace avec une règle pliante.
Pour l’autre méthode, on se sert d’un instrument qui se compose de deux règles, 122 et 123, réunies a angle droit et ayant chacune une rainure dans laquelle glissent deux noix, qu’on voit séparément figures 126 et 127 ; ces deux noix s’adaptent à une branche 124. On place l'instrument de manière que la règle 122 soit sur l’axe de la colonne , et celle 123, au droit du tiers de la hauteur du fût; ensuite, après avoir ajouté la pointe horizontalement de manière à ce qu’elle touche le point extrême de renflement qu’on veut donner, on l’élève jusqu’au bord du diamètre supérieur, et en le faisant descendre, les noix glissent dans leurs rainures, et la pointe trace , tant audessus qu’au-dessous du tiers de la colonne , un trait de renflement , 121 , qui est une portion de courbe , appelée par les géomètres la conchoïde.
L’invention de cette machine est due à François Blondel.
Planche 65.