DES ESCALIERS DE DÉGAGEMENT
L’exécution des escaliers de dégagement et de distribution étant ordinairement confiée aux menuisiers, on a cru devoir insister plus particulièrement sur celte partie, qui est une des plus difficiles de l’art, d’autafit plus que ces escaliers servent non-seulement à la commodité des habitations , mais aussi à leur décoration. Les boutiques, les magasins et surtout les cafés sont actuellement ornés d’escaliers aussi commodes qu’élégans, et sa va ns de coupe. Consacrer six planches au développement des principes nécessaires à leur perfection , ce n’est point sortir des limites étroites prescrites par la nature de cet ouvrage ; il n'en fallait pas moins pour entrer convenablement dans tous les détails de construction des nombreuses parties dont chaque espèce d’escalier est composé.
On commencera donc par donner plusieurs exemples d’escaliers de formes variées, avec les accessoires qui leur appartiennent , comme les rampes , et le tracé des volutes dont leurs marches palières sont ornées; ensuite on parlera des marches et de leurs diverses constructions, puis des limons , avec la manière de les dessiner, et dans les deux dernières planches, on s’étendra particulièrement sur les principes des projections à l’aide desquels on peut tracer et développer les courbes rampantes et leurs cerces rallongées.
Planche 68.
Les fig. i et 2 représentent- le plan et l’élévation d’un escalier contenu dans une forme trapézoïdale , dont les premières marches sont portées par un échiffre et les autres par un limon suspendu. Il est orné d’une rampe en fer dont on voit un détail, fig. 4 ; la fig. 3 indique la manière dont est tracée la spirale du bas du limon comme de la marche palierc. Ainsi, à l’endroit où l’on veut terminer le limon , on lui mène une perpendiculaire i , 2,3,4, double de sa largeur , et du point 4, comme centre, on trace le demi-cercle i, 6; ensuite, on divise le rayon i , 2 , o , 4 , en trois parties égales , on en reporte une en 5 , et de ce point on trace le demi-cercle 6 , 3 , qui achève la spir ale du limon. Quant à celle de la première marche : de l’angle extérieur du limon o, on mène, à la ligne du dehors de la première marche, la verticale o, 7, et avec o, 7, comme rayon, on trace un arc de 60 degrés; on mène à ce rayon une parallèle 5, 10 , et du point 10, on achève la portion de spirale 8, 9 , qui s’arrête contre le limon.
Les fig. 5 et 6 offrent le plan et l’élévation d’un escalier «à jour, à quartiers lournans, avec un grand palier de repos au premier étage. A l’endroit du quartier tournant, les marches sont courbées, pour ne passe rencontrer dans l’angle, ce qui rendrait la montée dangereuse, surtout dans l’obscurité. O11 voit fig. 8 la manière dont est trace cet angle : apres avoir divisé l’arc de cercle 1 , 2 , 3 , 4 ? en trois parties , on mène du points o , centre du quart de cercle qui forme le quartier tournant, la ligne o , 2, qui, prolongée , rencontre la ligne démarché 9, 5; ensuite, divisant le reste de l’arc 2, 3,4, en trois parties, on mène 0,6, qui rencontre la ligne de marche 6, 7 ; on mène 8,3, tangente â l’arc 1 , 2,3,4; on prend 6, 7 , — 3 , 6, et au point 7 on mène la perpendiculaire 8,9,7; Ie P°*nt 8, sera le centre d’où on décrira les arcs 9, 2 et 7, 3, qui arrondissent les marches jusqu’au limon.
La fig. 7 est faite pour indiquer la manière dont est tracé le bas du limon et la marche palière du même escalier : on porte la largeur b, a, du limon, de ben c, sur la ligne prolongée du devant de la marche 3 , et du point c, comme centre, on décrit l’arc ai, de 60 degrés, et l’arc concentrique b, o; ensuite , on divise c, o, en six parties égales, et de la première division d, on fait l’arc i , k, aussi de 6o0., puis reportant sur d,k,une autre des petites divisions c, o, on décrit l’arc k, 1, toujours de 6o°., et continuant de même, on forme avec les mêmes divisions un exagone régulier c, d, c, f, g, h, dont tous les angles servent successivement de centres aux arcs de cercle lm, iyin, etc. , qui s’arrêtent aux côtés prolongés de l’exagone.
Pour la spirale de la marche : après avoir du point d, abaissé une verticale sur le devant de cette marche marquée I, on décrit l’arc de pq, en l’arrêtant à la prolongation de la ligne d, e, k; on divise d, e, q en 8 parties, et avec chacune de ces divisions, on forme, comme dans le premier cas , une portion d’exagone x, y, z , des angles duquel on décrit les arcs de cercle qr , rs, st, etc. , jusqu’au limon. Cette méthode est plus compliquée que la première , mais elle donne une courbe d’une forme plus agréable dans l’exécution.
Sous les figures 1 1 et 12 , on a dessiné le détail du balustrc qui sert de départ à la rampe en fer de l’escalier précédent.
Les figures 9 et 10 donnent le plan et l’élévation d’un escalier contenu dans une cage rectangulaire, et ayant au milieu un évidement de la même forme , avec une rampe en fer , en saillie sur le collet des marches. Enfin les figures i3eti4 représentent un escalier circulaire en vis St. -Gilles ronde , avec un noyau de fond également circulaire.
Nota. On voit, par tous ces exemples d’escaliers, que les marches y sont divisées également sur la ligne qui passe au milieu de leur giron, appelée dans la pratique giron moyen , et que pour la commodité de l’cmmarchcment, il faut que la largeur des marches soit proportionnée à la hauteur qu’on peut leur donner. Cette hauteur doit toujours être de 5 à 7 p0., et la largeur d’une marche, environ deux foi$ sa hauteur.
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PLANCHE (il).
Los fig. i5 et iG sont le plan et l’ éleva lion d’un escalier à jour dans une cage demi-circulaire. Les premières marches jusqu’au palier, sont portées par un mur d’échiffre ; les autres sont contre-profilées par les bouts et leur queue est scellée dans le mur; les barreau en fer de la rampe sont en saillie sur le dehors des marches sur lesquelles ils sont vissés au moyen d’une platine qui les reçoit, comme on peut le voir parles details, fig. 17, 18, iq. La fig. 17 montre que l’olive se visse en dessous des barreaux, la fig. 18, celle qui couronne le baluslre au départ de la rampe , et la fig. 19 , la manière dont chaque lige s’emmanche avec l’écuyer en bois.
Sous les fig. 20 et 21 on a représenté en plan et en élévation, un escalier à vis St. -Gilles carré, avec un noyau montant de fond ; il est contenu dans des limons droits et dans une cage quadrangulaire, et les marches sont divisées également sur la ligne circulaire qui passe dans leur milieu en 1,2, 3, 4» 5, etc.; les marches sont assemblées à leur collet dans le noyau, et leur queue est portée par les limons, dont on voit un détail au bas , figure 22. Les lignes ponctuées indiquent la projection verticale du -devant des marches, et les lignes pleines et non continuées en plan, a et b , marquenl les contre-marches et leurs épaisseurs. On voit que les limons, à leur jonction dans les angles , sont assemblés à queue d’aronde.
La fig. a3 est le plan d’un escalier elliptique , à jour, et la fig. 24 en est l’élévation : les marches sont contreprofilées à leur collet et portent aussi une rampe en saillie ; les détails de celle rampe sont au bas, figures 25 , 26 el 27. Elle diffère de la précédente, en ce que le patin 25 , qui reçoit lesbarreaux , 26 , est enfoncé dans le massif des marches, où il est retenu par une rondelle et une clavette. Cette rampe porte aussi un écuyer en bois.
Les figures 28 et 35 qui terminent cette planche donnent la masse et les détails d’un escalier de dégagement, exécuté par M. Mandar, architecte. La forme ingénieuse de cet escalier , qui se replie sur lui-même, a permis de profiter d'un emplacement extrêmement resserré, et cependant il est commode et gracieux par sa forme et la juste disposition de scs marches. Elles y sont, comme à l’ordinaire , divisées sur la ligne du giron moyen , mais on a été obligé, pour la commodité de l’emmarchement, de les obliquer à partir de la sixième. Les autres tendent au centre, ou sont encore dans une situation oblique , c’est ce qu’on appelle dans la pratique faire danser les marches , et ce, pour éviter qu’elles deviennent trop étroites ou trop larges à leur rencontre avec les limons ; plusieurs lignes de ces marches sont bombées, pour contribuer encore à la commodité de l’emmarchement. Les fig. 33 et 34 sont les développcmens de ce même emmarchement contre les limons. Si l'on porte successivement toutes les largeurs prises sur le plan ab , bc , cd , de, etc. , et qu’on les croise d’équerre par les hauteurs égales des marches, a, 21 ; b, 20 ; c, 19; d, 18; etc., on aura une courbe i3 , 14, 1 5 ; 16, 17 , etc. , fig. 34 , indiquée par tous les devans des marches, et qui doit être parallèle aux bords supérieur et inférieur du limon.
La fig. 33 est le développement du limon opposé ik ;
il s’obtient de même. On peut se servir aussi, dans la pratique , de l’opération inverse, c’est-à-dire , que les courbes rampantes des limons étant données, .au moyen des hauteurs des marches on trouvera la largeur de chacune d’elles contre les limons.
La fig. 3a est une porlion de la courbe rampante du limon de T, en m, vue géomélralemcnt ; ses extrémités sont taillées en fausse coupe pour s’assembler avec le limon suivant. La fig. 3i indique particulièrement ce joint assemblé.
Nota. On exécute quelquefois des escaliers entièrement circulaires, à marches profilées par les deux bouts , sans limons et qui ne sont soutenus qu’à leur point de départ et d’arrivée, mais alors les marches doivent être pleines, et la solidi Lé exige qu’cllcssoient fortement boulonnées.