‹ Modern French readingsChapitre 27 sur 72 · Scène V · texte numérisé non relu

Scène V

Les précédents, M. et Mme. Gaubert entrent et regardent les domestiques tous avinés.

M. Gaubert. Malheureux ! c'est ainsi que vous reconnaissez les bontés de ma femme et les miennes ! Payés

10 largement, nourris abondamment, traités doucement, avec confiance et affection, vous pouviez et vous deviez vous attacher à la maison et désh'er y passer votre vie ! Au lieu de reconnaissance, nous trouvons de la haine et de la méchanceté. Vous allez être tous traités comme vous le méritez ;

15 vous, Antonin, vous allez être démasqué près de votre maître ce soir même. . . . Vous, Sidonie, et vous, Justine, je vous chasse immédiatement ; vous pouvez suivre votre ami Antonin.

Sidonie, qui s^est consultée avec ses camarades. On ne

20 chasse pas ainsi les gens, monsieur ! Vous nous devez huit jours de gages, de nourriture et de logement ; nous ne partirons pas que vous ne nous ayez indemnisés des huit jours que vous nous devez.

M. Gaubert. Vous n'aurez pas un centime, et vous dé-

25 guerpirez tout à l'heure quand je vous en donnerai le signal. Justine. C'est ce que nous allons voir. Antonin et Jules ne nous laisseront pas voler ainsi ; ils témoigneront en justice ; nous vous assignerons devant le juge de paix.

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M. Gaubert. Taisez-vous, vous êtes tous à moitié ivres ; laissez-moi terminer ce que j'ai à vous dire.

Jules. On ne parle pas comme ça à des dames ! C'est grossier, c'est impertinent.

5 M. Gaubert. Insolent! Tu auras ton tour. Je ne t'oublierai pas.

Jules, ivre. Insolent vous-même ! Je ne suis plus à votre service et vous n'avez pas le droit de m'insulter. Quant à ces dames, Antonin et moi nous saurons les dé- 10 fendre et prenez garde à ce qui pourrait vous arriver.

M. Gaubert, froidement. Puisque vous me provoquez, je n'hésite plus à vous punir tous comme vous le méritez, et votre ivresse ne vous sera pas une excuse. {Il se tourne vers la porte.) Sergents, vous avez tout entendu comme moi? 15 Arrêtez ces gens-là ! Celui-ci (montrant Jules) doit être emmené à part comme m'ayant volé de l'argent à l'aide de fausses clefs ; il doit passer en cour d'assises ; les autres en correctionnelle. (Trois sergents de ville entrent dans la chambre; Jules et Antonin veulent se défendre; Jules tire un 20 couteau-poignard de sa poche; deux sergents de ville le désarment et le garrottent. Antonin est aussi facilement terrassé; Sidonie et Justine crient et se débattent^ donnent des coups d'ongles^ des coups de pied; on les saisit également; les sergents de ville emmènent Jules^ Antonin^ Sidonie et Justine.)

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