ACTE QUATRIÈME
DON CÉSAR
Une petite chambre somptueuse et sombre. Lambris et meubles de vieille forme et de vieille dorure. Murs couverts d'anciennes tentures 5 de velours cramoisi, écrasé- et miroitant par places et derrière le dos des fauteuils, avec de larges galons d'or qui le divisent en bandes verticales. Au fond, une porte à deux battants. A gauche, sur un pan coupé, une grande cheminée sculptée du temps de Philippe II, avec écusson de fer battu dans l'intérieur. Du côté opposé, sur un pan
10 coupé, une petite porte basse donnant sur un cabinet obscur. Une seule fenêtre à gauche, placée très-haut et garnie de barreaux et d'un auvent inférieur comme les croisées des prisons. Sur le mur, quelques vieux portraits enfumés et à demi effacés. Coffre de garde-robe avec miroir de Yenise. Grands fauteuils du temps de Philippe III. Une
15 armoire très-ornée adossée au mur. Une table carrée avec ce qu'il faut pour écrire. Un petit guéridon de forme ronde à pieds dorés dans un coin. C'est le matin.
Au lever du rideau, Ruy Bias, vêtu de noir, sans manteau et sans la toison, vivement agité, se promène à grands pas dans la chambre. Au
20 fond se tient son page, immobile et comme attendant ses ordres.