‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 2 sur 101 · LYON · texte numérisé non relu

LYON

BEUNOUX HT CUMIN, ÉDITEURS 6, rue de la République, 6

En le présentant ce sien ouvrage, l'auteur se reprocherait de n point témoigner de la vive reconnaissance qu'il doit à MM. Chu baneau et Firmery; le pretnier, professeur à la Faculté des l de Montpellier; le second, professeur à la Faculté des lettres a Lyon, tant pour leurs précieux renseignements que pour leurs docks

2 conseils. A ces deux noms il doit joindre celui de M. Léon Cléilat, professeur à la Faculté des lettres de Lyon, qui s'est aussi montré

" ,] à son endroit d'une obligeance inépuisable.

i fe ne te réponds point qu'il ne se sait coulé quelque faute, soit

dans la transcription de tel texte, soit dans l'indication de telle date,

U' toit même dans la traduction de tel passage, voire que. tu net' achoppes

Ià quelque lapsus horrifique. fe suis si excellent en l'inattention, qu'un jour il m'est advenu d'attribuer à Cicéron une sentence qui était de M. Paul de Kock. Et si n'y avait-il pas grand mal, car de l'un ou de l'autre la sentence n'était pas moins belle, fe te prie seulement considérer que, y eût-il dix lignes de fautes sur trois cent cinquante pages, cela ne saurait altérer la moelle de bonne et profitable doctrine que l'ouvrage peut contenir. Par ainsi, sois exorable à

L'Auteur.

Nyons-!es-Barotinies (Drôme), ce 8' de novembre 1892.

Un jour (il y a déjà mainte année), je réfléchis

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Le mouvement tumultuaire qui, vers la fin du premier tiers de ce siècle, a entraîné la littérature sur des chemins nouveaux, s'est fait, au nom de « la liberté de l'art d, contre des régies que l'on tenait pour pédantes et surannées. Lois de la césure, de la phrase se terminant avec le vers, et tous autres préceptes imposés par le goût classique soulevaient une clameur sans seconde.

Un nouveau quart de siècle écoulé, et voilà que les romantiques laissent après eux l'inspiration soumise à une géhenne bien autrement étroite que celle de Boileau ! La versification moderne, grâce aux lois puériles de la rime constamment riche, est bien autrement aukylosée que sa sœur ai née ! Romantiques et Parnassiens ont â l'envi enveloppé de bandages silicates les membres délicats de la

Et comme Parnassiens et Romantiques n'ont rien émondé des vieilles règles badaudes, telles que celles de rimer à l'œil, par exemple ; comme ils ont au contraire proscrit tout ce que se permettait l'ancienne poésie : et l'inversion, et les licences orthographiques et grammaticales, et les rimes qui, ayant des sens différents, ont le même radical ; bref, comme, en établissant force impôts nouveaux, ils ont aggravé tous les anciens, il ne se peut moins faire te ne fléchisse des quatre pieds, comme un âne trop chargé.

Or, en ce temps-là, je m'étais proposé de faire quelques recherche* sur les réformes nécessaires à l'art de versifier, si l'on ne voulait pas s'amuser à reconstruire éternellement les mêmes vers. Je voulais modestement supplier que l'on enlevât deux ou trois éclisses à ces appareils trop rigides.

Puis j'ai dormi là-dessus un peu de temps, quelques jours ou quelques années (du point de vue cosmique, c'est tout un), et voilà qu'à mon réveil nous avions glissé des mains de Denys le Tyran à celles de Cléon le Démagogue. Avec nos nouveaux « poètes », plus de régies. Suivant une formule bétc, mais célèbre : « Il n'y a plus rien, personne n'est chargé de l'exécution du présent décret. » Le vers peut avoir deux syllabes aussi bien que cinquante-six ; des rimes aussi bien que pas, etc. — Savoir si tout cela sera définitif?

A cette fois, j'ai donc repris ce dessein, de tâcher à formuler modestement le code de la République libérale des vers, sans laisser à un autre quart de siècle licence de s'écouler. Mais pour parler authentiquement d'une chose, si faut-il d'abord s'entendre sur les définitions. La première question que je fus amené à me poser fut

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