Modifications de la phalangette dans la sueur, le rachitisme et l'hippocratisme
La forme des doigts et notamment de la dernière phalange est assez variable, cela ne peut être l’effet du hasard. Bien qu’il semble téméraire de rechercher les causes de faits complexes, j’ai pensé que, avec plus ou moins de bonheur, il serait possible de rattacher à des conditions générales, quelques-uns des faits nouveaux qui se présenteraient.
En cherchant (un peu à l’aventure dans le principe), nous avons fait à chaque sujet des questions qui, répétées un grand nombre de fois, nous ont fourni les éléments propres à une étude statistique. Ce sont les résultats obtenus de celle-ci, qui feront l’objet de la première
partie de notre mémoire. Réunis aux faits signalés par des observateurs d’un mérite incontestable, et comparés aux lois connues de la physiologie, ils seront, à l’occasion, la base d’explications ou théories.
Dans une seconde partie, nous reproduisons les dessins ou types de doigts que nous avons rencontrés, et auxquels ont été comparés tous les sujets qui rentrent dans nos statistiques. A la suite de chaque type, nous donnerons quelques observations comme exemples répondant aux résultats signalés dans la première partie.
Notre objectif a été exclusivement le médius de la main gauche, parce qu’il est d’une forme symétrique, qu’ensuite il offre des dimensions assez grandes, enfin comme étant moins sujet à déformation professionnelle que le pouce et l’index d’une part, et que tous les doigts de la main droite d’autre part.
Pour des raisons analogues, les sujets observés sont tous compris entre 15 et 45 ou 50 ans; nous n’avons donc que des adultes. Le nombre s’en élève à près de 500.
Nos observations ont été faites dans les services de MM. Tillaux et Millard pour l’hôpital Lariboisière; de MM. Potain, Delpech, Laboulbène, Chauffard, Guyon et Désormeaux pour l’hôpital Necker. J’adresse à ces hommes distingués l’expression de ma plus vive reconnaissance, pour leur accueil libéral et bienveillant.
Nota. — Pour assurer l’exactitude de la reproduction, j’ai dû dessiner les bois ; qu’on soit donc indulgent sur l’effet artistique, pour ne considérer que les lignes principales. Je dois mes remercîments à M. Belhatte, mon graveur, pour le secours qu’il m’a apporté.