TRAITEMENT
Quelles déductions thérapeutiques peut-on tirer de la conception dynamique des troubles qui frappent les voies excrétrices du rein ? Nous plaçons l’atonie à la base de la production et de l’entretien des pyélonéphrites gravidiques, le second élément pathogénique étant l’apport des germes par voies hématogène.
Il s’ensuit logiquement, qu’en dehors de la désinfection intestinale que nous envisagerons ultérieurement, un traitement rationnel serait celui qui, s’adressant directement aux bassinets et aux uretères tendrait à leur restituer leur motricité normale.
Si ce premier but ne peut être réalisé, il reste au médecin à faciliter l’évacuation de cette urine infectée qui stagne au niveau des voies urinaires supérieures et entretient un état pathologique infectieux et fébrile fort préjudiciable à la mère et au produit de conception.
Nous allons successivement envisager ces deux buts à atteindre et les méthodes pour tenter d’y parvenir.
Il est généralement admis que l’extrait de lobe postérieur d’hypophyse a pour effet de stimuler les
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contractions des viscères à fibres musculaires lisses : il est employé et donne de bons résultats dans cet ordre d’idées en obstétrique pour certaines imerties utérines et en thérapeutique digestive pour tonifier le transit intestinal.
Nous avons précédemment rapproché étiologiquement l’atonie intestinale et l’atonie des voies urinaires, au cours de la grossesse. Il n’est donc pas étonnant que, suivant le vieil adage : similia similibus curantur, un auteur ait tenté de rendre au tractus pyélo-urétéral sa motricité par lemploi d'extrait de lobe postérieur d’hypophyse.
Mais il semble qu’il y ait une certaine imprudence spécialement au cours d’une pyélonéphrite, à tenter d’exciter la motricité des fibres lisses, précisément avec un produit dont les effets sur la fibre utérine sont particulièrement intenses. La pyélonéphrite, maintes statistiques l’ont prouvé, n’a déjà qu’une tendance trop. fréquente à provoquer des accouchements prématurés.
Naujocks qui a préconisé l’emploi de tonéphine (extrait de lobe postérieur d’hypophyse dépourvu de tous effets hypertensifs) a constaté de bons résultats : (une augmentation des éjaculations urétérales, visible au cystoscope, augmentation d’ailleurs variable suivant les sujets ». Naujocks lui-même reconnaît qu'il convient d’être prudent « lorsqu'il y a une tendance particulière aux contractions de l'utérus », et spécialement dans les derniers mois de la gestation.
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Or, n'est-ce pas dans la seconde moitié de la grossesse que se voient les plus nombreuses et les. plus graves des pyélonéphrites ? Retenons donc que cette méthode hardie n’a pas fait ses preuves, que les dangers qu’elle fait courir à la malade sont en disproportion des résultats obtenus ; il convient done : de la rejeter comme dangereuse.
Étant donné l'impossibilité devant laquelle on se trouve d’obliger le tractus urinaire distendu à éliminer lui-même son contenu, il reste à en faciliter l'évacuation par le cathétérisme urétéral.
Ce procédé thérapeutique n’est pas nouveau et les succès qu'ont à leur actif les sondes urétérales à demeure justifient la faveur que, de plus en plus, leur accordent de nombreux praticiens.
En 19925, Lévy-Solal écrit : « Les sondes urétérales à demeure sont souvent, sinon toujours, bien tolérées. Lorsqu’après une semaine d’apyrexie, elles sont enlevées, même si la température remonte ensuite, l’on aura supprimé pendant cette semaine un état infectieux dont la moindre conséquence aurait été de rendre l’alimentation impossible. »
Ï n’est d’ailleurs pas toujours nécessaire de laisser aussi longtemps les sondes en place ; bien souvent au bout de 24 ou 48 heures le résultat recherché — chute de température — sera obtenu, s’accompagnant d’un mieux-être sensible dont la malade est frappée.
Si les circonstances l’exigent, il est toujours facile de drainer à nouveau le bassinet infecté. « On arrive “ainsi à se rapprocher du terme de la gestation dans
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des conditions incomparablement meilleures » (Lévy- Solal).
Des difficultés techniques existent parfois, moins cependant qu’on pourrait le redouter. Voici ce qu’écrit à ce sujet Lepoutre dans le Bulletin de la Société Française d'Urologie (1930) : « La cystoscopie et le cathétérisme de l’uretère n’offrent pas de grandes difficultés, même à une période avancée de la grossesse. Il faut, dans les premiers essais, qui eux, sont difficiles et douloureux pour la malade, repérer les difficultés, bien retenir quelle est la position favorable du. cystoscope, disposition qui varie dans chaque cas. Et, si lon a bien retenu ces particularités, les cathétérismes deviennent des plus simples. » , Ajoutons, qu’en cas de difficultés particulières, la mise de la malade en position de Trendelemburg est une manœuvre qui facilite bien souvent l’ascen; sion des sondes. Un des principaux reproches faits à cette méthode est qu’elle risque de provoquer des contractions utérines et un accouchement prématuré. À cela, nous objecterons avec beaucoup que les risques d'accouchement prématuré ne semblent pas plus grands par le cathétérisme urétéral que par le fait d’une température restant élevée.
De plus, je citerai une très juste remarque de Caraven et Dubois : « Notons en passant quelle diftérence sépare les femmes enceintes en ce qui concerne la sensibilité de l’utérus aux manœuvres intra-vésicales. » Une de leurs malades, atteinte de pyélonéphrite gravidique et observée à 7 mois, accoucha