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tout l’organisme, même sur les régions les plus éloignées de l’altération primitive. C’est là une nouvelle preuve très frappante de l’intime synergie des différentes parties de l'être vivant, aucune ne pouvant ètre lésée sans que son atteinte n'amène des modifications dans toutes les autres fonctions. iCelles-ei sont obligées.de s’accommoder et de lutter dans la mésure de leurs moyens contre l'ennemi commun. Certains organes sont spécialement, destinés à fournir les moyens de défense contre l’envahisseur : ce sont les organes hématopoiétiques. On conçoit done qu'ils présentent d'importantes modifications dans les infections même les plus localisées en apparence. Tel est le cas de la moelle des os.
Bien micux, la moelle osseuse de l’homme n’est presque plus représentée chez l'adulte que par du tissu cellulo-graisseux ; elle a perdu ses fonctions très actives dans le jeune âge. Mais, qu'il survienne une infection, une intoxication, la moelle des os redevient ce qu'elle était dans l'enfance ; elle reprend ses fonctions pour protéger l'organisme. Ses éléments cellulaires qui étaient d’une extrème rareté alors que les organes n'avaient pas à lutter deviennent au contraire très nombreux, ils infiltrent les travées et donnent à la texture générale du tissu un aspect fort analogue à celui que l’on sou chez le lapin dans les mèmes circonstances. La moelle des os de l’homme adulte est
donc un organe à fonction latente n’entrant en activité qu 1aé
l’occasion d une cause provocalrice qui l’incite. Tissu banal
sans différenciation dans les conditions normales, il prolifère activement quand l'organisme entre en lutte et fait appel à son
secours pour être protégé et maintenu dans son intégrité.
Par quel mécanisme cette multiplication des celles de la moelle osseuse agit-elle contre les agents infectieux et toxiques?
Il est très rrobable que le rôle de 1 moelle osseuse est double
dans ces cas. D'une part elle fournit au sang qui les portera au
point lésé de nombreux globules blancs. Ceux-ci ont pour mission, comme l'a démontré Metschnikoff, d’englober, de digérer, de détruire les germes pathogènes. La moelle osseuse donne naissance aux leucocytes deslinés à exercer la fonction
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causées par l’action des toxines tuberculeuses sur le tissu
de phagocytose. Mais ce n’est pas tout; ces éléments ont certainement une action secrétoire. Il est très probable qu'ils
… élaborent des substances antiloxiques et bactéricides. Ne voiton pas les cellules médullaires se multiplier activement dans e . . Q L] . . L
certaines intoxications notamment dans l’intoxication par le
poison diphtérique ? Les sérums antitoxiques ont d'ailleurs une action analogue sur la moelle des os. Il semble done bien que dans l'infection la moelle osseuse n'ait pas seulement pour
rôle de fournir des cellules à propriétés phagocytaires à
l'organisme, mais on doit admettre que d'importantes fonctions
secrétoires lui sont dévolues dans ces conditions.
Cette multiplication des cellules de la moelle dans les cas
d'infection locale éloignée de l'os est un processus qui semble
très général, on lobserve également dans la tuberculose pulmonaire. C’est là une des variétés de modifications que nous avons constatées du côté de la moelle des os chez les
.tuberculeux. Ce n'est pas à proprement parler une lésion,
une altération du tissu. A notre avis il s’agit d'une modification fonclionnelle; on surprend pôur ainsi la moelle en pleine activité. Les ann d'aspect sont simplement dus à ce que l’on examine le tissu à des stades différents de sa fonction. De même les glandes, suivant qu'elles sont à l’état de repos ou d'activité sécrétoire, suivant que l'excitation nerveuse est forte ou faible, présentent des aspects histologiques variables sans que l'on soit en droit de dire qu'il existe des lésions; on
assiste seulement aux phases successives de l'acte sécrétoire.
De même les modifications de la moelle sont en rapport avec le rôle physiologique de ce tissu, elle ne sont donc pas une
. lésion mais un indice de l'activité fonctionnelle de l'organe.
A côté de cette première variété d’altérations à distance de la moelle osseuse nous en avons constaté d’autres. Bien entendu il s’agit toujours de lésions produites sans intervention
directe du bacille de Koch. Dans ce cas ce ne sont plus de
simples modifications à distance, mais de véritables lésions que nous aurons à décrire. Ces altérations sont probablement