‹ Moelle Osseuse Des Tuberculeux Et Histogénèse Du TuberculeChapitre 37 sur 59 · EXPÉRIENCE VII · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE VII

Action de la tuberculine à petites doses répétées.

| \ Prolifération cellulaire intense, épaississement des artères.

Lapin pesant 2,100 grammes. On lui injecte sous la peau du flanc 1/2° de tubereuline brute, le 17 juin; le 19 on inocule 3/4 de tuberculine sous la peau, puis la même dose le 23 juin ; le 27 juin 1/2°, le 1e juillet 4 gouttes, le 3 juillet 5 gouttes, le 10 juillet 7 gouttes. L'ani-: mal est sacrifié le 26 juillet ; il ne pèse plus que 1,950 grammes. En résumé ce lapin a recu sous la peau un peu plus de 3° 1/4 de tuberculine en l’espace d’un mois. |

On ne trouve pas de lésion dans les organes.

La moelle des os est rouge, laquée et diffluente.

Examen histologique de la moelle des os. — La elle osseuse présente une prolifération cellulaire très marquée sur toute l étendue de la coupe. Par suite de l'augmentation de volume des travées cellulaires, les aréoles graisseuses on très diminuées. Les fibrilles sont légèrement épaissies. Les tuniques des artères sont plus épaisses que normalement par suite de l'addition d'une gangue conjonetive qui entoure l'artère; cette gangue se distingue de la coloration de l'artère même par sa couleur plus claire; cette gangue est très dense. Cette couche conjonctive se continue d'autre part avec le tissu fibrillaire de la moelle.

Les leucocytes mononueléaires sont augmentés de nombre ; cette prolifération est beaucoup plus marquée que pour les autres éléinents ceilulaires de la moelle osseuse. Ils présentent leurs caractères histologiques ordinaires. Quelques-uns ont un noyau réniforme.

Les leucocytes polynucléaires existent. Ils sont beaucoup moins. nombreuxque les pr écédents , plus nombreux cependant que dans l'expérience précédente.

Les lymphocytes sont augmentés de nombre.

Les myéloplaxes sont nombreux. Leur volume n'est pastrès considérable. Ils présentent des noyaux en boudin. Cependant un certain nombre d’entre eux contiennent un noyau qui se colore mal. |

Les globules rouges nucléés sont très nombreux, les uns arrondis, d'autres présentent des bourgeons latéraux.

Les globules rouges sont en assez grand nombre; ils sont mêlés aux autres cellules. 1 >

- Les granulations appartiennent à la variété-éosinophile, il y a quelques rares granulations neutrophiles. Les basiophiles sont tout à fait exceptionnelles; entore peut-on se demander si on n’a pas à des granulations amphiphiles.

On trouve dans la coupe quelques rares figures karyÿ ocinétiques.

: Inoculation directe de cultures de tuberculose dans la moelle des os. |

| | Les inoculations ont été faites dans le tibia, parce que la face interne de cet os très superficiel est facile à découvrir. L'animal étant solidement fixé, on incise la peau de la face interne de la jambe du lapin vers sa partie moyenne; après avoir écarté les tendons des muscles on tombe sur le périoste que l’on détache de los; puis à l’aide d’un instrument spécial, on fait un trou dans ik diaphyse.

Cet instrument est constitué par un foret monté sur un tour à vis, analogue à celui dont se servaient les dentistes. L'extrémité de ce foret présente une disposition spéciale qui permet de faire un trou très petit dans la diaphyse de l'os et de ne pas léser la moelle sous-jacente. L'extrémité de l'instrument n’est pas pointue, mais a la forme d’un angle obtus. Seule la partie qui répond au sommet de l'angle ést aiguisée, les autres portons, c'est-à-dire les côtés de l’angle sont mousses ; en un mot on à un instrument terminé par un angle obtus très acéré au sommet de cet angle, mousse au contraire sur les côtés de cet angle. Il résulte de cette disposition que c'est la pointe seule qui fait cheminer l'instrument: sitôt que cette pointe a dépassé la diaphyse et a pénétré dans le canal médullaire, l'instrument s’arrèle, la partie acérée étant encastrée dans le tout petit trou ainsi formé, et les portions latérales mousses étant incapables de perforer Les. On retire alors l'instrument ; on profite du tout petit trou ainsi formé pour y introduire l'aiguille d’une seringue de Pravaz et injecter sa culture dans l'os. On ä eu soin de faire un trou ayant une direction oblique dans l'os de façon à introduire la canule aussi obliquement que possible dans le canal médullaire ; cette précaution a un double avantage: d’une part elle permet de léser la moelle le moins possible, d'autre part elle permet d'introduire la culture le plus loin possible en sorte que celle-ci n’a pas de tendance à ressortir par le trou d'introduction. Cette dernière condition est assurée d’ailleurs par la petilesse du trou qui permet à peine l'introduction de la canule. L'injection faile, et elle doit être poussée très lentement pour éviter de traumatiser le tissu médullaire, on relire délicatement l'aiguille. Quelquefois la plaie osseuse saigne très iégèrement ; en tous cas on applique sur le perluis un petit tampon d’ouate antiseptique pour empêcher le reflux. On suture d’abord les muscles par deux ou trois points, puis la peau. On voit que c’est là une opération assez simple et facile à conduire aseptiquement. Quant aux cultures de tuberculose, elles doivent ètre désagrégées avec soin pour éviter la présence de grumieaux qui obstruent la canule et empêchent l'injection s’il reste quelques

fragments volumineux. C’est là une opération délicate, pour laquelle il faut prendre beaucoup de soins pour éviter la conta-

mination de la culture.

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