‹ Moelle Osseuse Des Tuberculeux Et Histogénèse Du TuberculeChapitre 57 sur 59 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Avant de décrire la moelle osseuse des tuberculeux, nous avons dù exposer notre technique et l'anatomie et la physiologie médicale de la moelle osseuse de l'adulte ; c'est cette description que M. Roger avait déjà faite avec notre aide qui constitue la première partie de notre travail. Nous avons montré qu'il est nécessaire d'étudier la moelle osseuse sur des coupes ; nous avons insisté sur l'importance de l'anatomie topographique de I4 moelle des 0s. Il est essentiel en effet de se rendre compte du nombre des éléments cellulaires et de leur disposition relative. D’ autre part il était nécessaire d’avoir une description nette de la moelle normale pour la comparer aux moelles pathologiques.

Dans la deuxième partie nous abordons la description des moelles osseuses des tuberculeux. Les modifications que l’on observe dans ce tissu chez le tubereuleux sont de deux ordres.

Tantôt il s’agit de modifications à distance qui se produisent en dehors de toute localisation médullaire du bacille de Koch. Une de ces modifications est en rapport avec la défense de l'organisme : c'est la prolifération cellulaire ; celle-ci ne constitue pas à proprement parler une lésion, mais elle semble être l’indice de l’activité fonctionnelle de la moelle des os ; nous l'avons reproduite expérimentalement soit en Honda des tuberculoses locales en désrégions éloignées de l'os ; soit en injectant de la tubereuline sous la peau des animaux. Les autres modifications à distance constituent de vraies lésions, ce sont la sclérose et la dégénérescence amyloïde de la moelle osseuse ; la sclérose que

ANRT. (EE nous avons reproduite expérimentalement par les mêmes procédés que la prolifération est due à l’épaississement de la trame

conjonctive fondamentale de la moelle; elle coexiste le plus

souvent avec la prolifération cellulaire.

. D’autres fois il s’agit de lésions tuberculeuses de la moelle des os.

Le tubercule de la moelle osseuse a la structure du tubereule

en général; cependant on trouve des cellules graisseuses dans

l'intérieur du néoplasme, ce qui lui donne un aspect particulier.

De plus il est nécessaire de fairele diagnostic entre les cellules géantes tuberculeuses et les myéloplaxes.

Nous avons reproduit expérimentalement le tubercule de la

moelle osseuse en injectant directement dans un tibia de lapin des cultures de tuberculose soit humaine, soit aviaire ; nous avons étudié son mode de formation et son évolution en sacri-

fiant les animaux au bout de laps de temps variables.

Nous avons tiré de cette étude des conclusions importantes au point de vue de l’histogénèse du tubercule en général. Nous avons donc été amené à exposer et à discuter auparavant les différentes théories émises sur l'histogénèse du tubercule: cellesci se réduisent en somme à deux opinions, les uns admettant

que le tubercule se forme aux dépens des éléments migratiles,

les autres soutenant qu'il est dû aux cellules fixes. A notre avis, ce sont les cellules mésodermiques, leucocytes, cellules du tissu conjonctif, qui englobent les bacilles, mais les toxines sécrétées par ces microbes peuvent agir sur les cellules épithéliales voi-

sines pour leur faire subir costs la dégénérescence épithé- dioïde. LR

Au point de vue histologique toutes les cellules concourent donc à former le tubercule, au point de vue de la lutte contre le germe les cellules A RUES Lou le principal rôle.

Au moment de l’arrivée du bacille, des leucocytes DT cléaires cherchent à l'englober ; mais ils meurent rapidement;

les leucocytes mononucléaires et les cellules du tissu conjonctif

s'emparent alors du germe. Deux évolutions sont possibles ; ou l'organisme triomphe immédiatement et le tubercule ne se constituera pas; ou bien la victoire reste au bacille et alors

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deux phases suecessives surviendront : dans la première les cellules se transforment en éléments épithélioïdes et le tubercule sera constitué ; dans la deuxième phase, ce tubercule luimême subit la, désintégration caséeuse. Mais à ce moment encore l’organisme peut remporter une victoire tardive: si les nombreux leucocytes qui entourent le foyer et y pénètrent restent le plus.souvent impuissants, il est un autre procédé qui peut déterminer la limitation de la lésion et la mort du bacille enfermé dans les altérations qu'il a produites : c'est la sclérose produite par l'épaississement de la trame fondamentale du tissu.

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