‹ Moelle Osseuse Des Tuberculeux Et Histogénèse Du TuberculeChapitre 56 sur 59 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Dégénérescence amyloïde. — Due à l obligeance de notre collègue et ami Carnot.

Le nommé X..., âgé de 35 ans. FER

Autopsie. — Tuberculose pulmonaire peu Pas aneée’ Abeès froids multiples des membres. Dégénérescence amyloïde du foie, de la rate et des reins, constatée à l’aide de la teinture d’iode.

La moelle osseuse est très rouge et lymphoïde. Cependant traitée. par la teinture d'iode, elle ne présente pas macroscopiquement. la réaction de la dégénérescence amyloïde, ce qui s'explique, POSE la lésion est encore peu avancée et très localisée.

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Bodies histologique de la moelle osseuse. — On constate, même ads

un faible grossissement, une prolifération considérable des cellules de la moelle. Dans toute la coupe, les travées sont épaisses, bourrées de cellules, tandis que les aréoles graisseuses, encore faciles à distinguer, sont diminuées de volume. Cette infiltration est régulière, les travées ont un volume à peu près égàl partout, et c’est à peine si par places on trouve quelques amas de cellules un peu plus considérables. La congestion de la moelle est assez intense, et en certaines régions il existe des lacs sanguins, les uns arrondis, les autres plus ou moins allongés : on trouve quelquefois plusieurs lacs communiquant entre eux par des sortes de canaux. D’autres fois les globules rouges sont situés en pleine travée, ils y sont à peu près seuls ou lag à d’autres cellules. Les artères ont des parois d'épaisseur normale ; elles sont situées en plein parenchyme ou entourées de petits sinus. Enfin on trouve dans la coupe un certain nombre de my éloplaxes faciles à voir à un faible grossissement. Les fibrilles'ne sont pas épaissies et ne forment pas de cloisonnements secondaires dans les travées, comme on l'observe, dans d’autres cas.

À un fort grossissement on constate qu'ici encore la prolifération s'est faite surtout aux dépens des Jleucocy tes mononueléaires. Ilexiste un certain nombre de ces éléments qui sont plus volumineux qu'on ne l'observe

en général chez l'homme ; ils ressemblent beaucoup aux leucocytes mononucléaires du lapin. D' autres leucocytes sont plus petits. Le proto-

plasma forme une couche plus ou moins épaisse autour du noyau. \

Les leucocytes polynueléaires sont très peu hosobreu ils sont très très difficiles à trouver sur les coupes. Un certain nombre de ces cellules présentent un aspect rouge très brillant, comme métallique sous l'influence de l’éosine.

Les lymphocytes sont assez nombreux.

Les globules rouges nucléés sont très abondants sur la coupe, les uns sont arrondis, d'autres ont une forme plus ou moins irrégulière.

Les myéloplaxes ont leur aspect ordinaire. On ROUE par places quelques amas de protoplasma volumineux ayant l'aspect de myéloplaxes dont le noyau aurait disparu.

Les cellules du tissu conjonctif sont faciles à distinguer ; certaines de ces cellules semblent plus nettes que normalement.

On trouve enfin des globules rouges mélés aux autres cellules surtout dans les régions où il y a également des globules rouges nucléés.

Enfin on trouve des amas de pigment jaune brillant. Ges masses ana-

logues à celles que nous avons déjà décrites sont situées la plupart à à

l'intérieur même des cellules.

. Enfin dans des coupes colorées au violet de méthyle 6 B et montées dans la glycérine, nous avons observé des lésions de dégénérescence amyloïde des artères de la moelle osseuse. Sous l'influence de ce réactif colorant et après Javage dans l’eau acidulée par l'acide acétique on voit toute la coupe colorée en bleu violet. Mais en certains points la paroi artérielle se colore en rouge ; cette réaction est l'indice de la dégénérescence amyloïde. Dans certains vaisseaux c’est l’endartère seule qui

est atteinte ; dans d’autres vaisseaux toute l'épaisseur de la paroi est altérée. Jamais la dégénérescence n’a atteint toute la coupe du vaisseau, elle est toujours cantonnée à une portion du cercle formé par la figure de l'artère. En général la dégénérescenee a frappé les petites et moyennes artères. Sur certaines coupes on trouve plusieurs artères altérées, sur d'autres on en constate guère qu'une ou deux ; il arrive même parfois que certaines préparations ne présentent pas trace de cette lésion.

OBSERVATION XI “Le tubercule de la moelle des os.

Résumée.

Le nommé B..., âgé de 32 ans, jardinier, entre le 4 DÉPERREE 1896, salle Corvisart, à l'hôpital de la Charité, lit n°19.

Pas d'antécédents héréditaires ni personnels.

Le début des accidents remonte à la fin de son service militaire, depuis lors, il ne cesse de tousser.

Actuéllement on trouve des signes de ramollissement aux deux sommets.

Le foie est gros ; les urines contiennent des traces d'albumine et des pigments biliaires modifiés ; pigment rouge brun, urobiline.

Le 11 mars le malade est pris de vomissements et le 15 il présente des signes de méningite; légère parésie du facial inférieur gauche, céphalalgie, vomissements spéciaux, etc.

Mort le 23 mars.

Autopsie 36 heures après le mort.

Poumons : infiltration des deux sommets avec granulie secondaire de tout le poumon.

Cœur normal.

Péritonite tuberculeuse.

Foie. Périhépatite tuberculeuse et granulation du foie.

Reins : présentent quelques tubercules. miliaires.

Méningite tuberculeuse.

La moelle osseuse est rouge et molle.

Examen histologique de la moelle des os. — À un faible grossissement on constate une prolifération cellulaire énorme. Les travées présentent un volume beaucoup plus considérable que celui des aréoles graisseuses très réduites. On voit que les myéloplaxes sont nombreux, et on trouve d’autres cellules géantes plus volumineuses, d'aspect différent, entourées d’un tissu moins coloré que les autres parties. Ce tissu vaguement fibrillaire forme des sortes de lacunes dans la coupe et est entouré d'amas de cellules très petites et très colorées, ce sont les lymphocytes. Il existe par places de grands sinus gorgés de sang. Les artères sont normales. Les fibrilles du tissu conjonctif ne sont pas épaissies. Sur d’autres coupes l'infiltration sanguine est plus considérable. En un point on trouve un tubercule assez volumineux ; mais sur une même coupe on trouve le plus souvent plusieurs tubercules situés soit au centre, soit à la périphérie de la moelle. Cependant, les nodules périphériques semblent plus avancés dans leur développement. | |

À un faible grossissement on trouve au centre de l’un de ces tubereules deux cellulés géantes. L'une présente des contours très distintts. L'autre est plus petite et ses bords se confondent presque avec de masses voisines. Elles ne sont pas situées exactement au centre du tubereule, mais la plus petite cellule géante est très rapprochée d'un de ses bords. Autour des cellules géantes on trouve une masse parsemée de noyaux et des cellules épithélioïdes, le tout présentant des trous qui

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rappellent la forme des cellules graisseuses. Enfin à la périphérie on trouve une couronne de Ta Ho uyté qui entoure le tubercule, Quelques-uns de ces derniers ont pénétré dans le nodule.

À un plus fort grossissement on voit parfaitement les détails dans des préparations colorées à la thianine. Sous l'influence de ce réactif le protoplasma des cellules épithélioides et géantes prend une coloration grisätre. On reconnait que les cellules ébithelitides rappellent lés unes l'aspect des leucocytes mononucléaires, les autres celui des cellules du tissu conjonctif. Certaines cellules épithélioïdes ont en effet conservé un noyau analogue à celui des leucocytes mononucléaires, ou des cellu- . les conjonctives ; l’on constate aussi des cellules graisseuses normales. Tous ces éléments sont mélangés à des lymphocytes.

Les cellules géantes présentent un grand nombre de noyaux. La plus grande en contient une quinzaine, la plus petite sept ; ces noyaux forment une couronne à la périphérie de la cellule qui a vaguement une forme ovalaire. La plus grande cellule géante présente ele une trainée de noyaux presque centrale et parallèle au grand axe de l’élément. En certains points, on voit autour de la éitite géante des [ymphocytes qui semblent sur le point de pénétrer dans la celluie géantes; on en trouve deux pour la plus grande, un seul pour la plus petite. Les noyaux des cellules géantes se colorent encore bien pour la plupart, le contour de ces noyaux est linéaire, le centre assez clair avee un fin réseau chromatique ; cependant quelques noyaux ne sont plus représentés que par un vague contour. Le protoplasma est grumeleux, plus clair au centre ; on voit de plus quelques leucocytes mononueléaires altérés semblant sur le point de s'unir à la masse. La plus grande cellulé géante à 48 sur 82 u 5, la plus petite 48 uw sur 35 u. À côté de la plus grande cellule on one une masse formée de protoplasma

et de noyaux encore reconnaissables, transformée en détritus, les noyaux ont disparu au centre, mais existent encore à la périphérie ; à ce niveau un grand leucocyte mononucléaire a pénétré plus ou moins . dans la masse et semble s'y adjoindre. Certains noyaux de cet amas ressemblent à ceux des cellules géantes, on y voit de plus un grand noyau de cellule conjonctive. En somme cette masse est formée par de la matière amorphe au centre, tandis qu'elle présente des noyaux uets à la périphérie ; de nouveaux leucocytes y pénètrent.

Les tubercules de la moelle contiennent peu de bacilles ; nous n'en

avons trouvé qu'un seul inclus dans une cellule épithélioïde dans nos - préparations.

Etat de la moelle en dehors des tubercules. — Nous avons déjà dit que la prolifération est très marquée. Celle-ci porte surtout sur les leucocytes mononueléaires qui se colorent inégalement. Il ÿ a peu de cellules à noyau en fer à cheval.

Les leucocytes polynucléaires CS moins abondants que les précédents.

Les lymphocytes sont assez nombreux, A les plus volumineux.

Les globules rouges nucléés sont assez nombreux : les uns sont arrondis, d’autres présentent des bourgeons latéraux.

Les myéloplaxes ont leur aspect ordinaire, ils sont nombreux.

Les cellules du tissu conjonctif sont normales.

Enfin s'il ya quelques leucocytes mononucléaires contenant des granulations nue les neutrophiles sont beaucoup plus nombreuses.

OBSERVATION XII Moelle graisseuse normale.

Femme de 19 ans.

Autopsie 36 heures après la mort. Granulie généralisée.

La moelle osseuse est jaune et grosse.

A l'examen histologique elle présente sa structure normale, avec ses aréoles graisseuses volumineuses, ses travées grèles, PURES en cellules.

OBSERVATIONS XII et XIV.

Ostéoarthrites du coup-de-pied. Les os avoisinant l'articulation malade nous ont été donnés par notre collègue et ami Wiart qui avait amputé ces malades.

La moelle des os avoisinant l'articulation est grasse et présente sa structure normale.

CFE

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