‹ Moeurs, coutumes & industries canadiennes-françaises [microforme]Chapitre 68 sur 119 · LA SAINT-JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

LA SAINT-JEAN-BAPTISTE

C'était le 24 juin. Dès l'aube du jour, les citadins, levés matin, circulaient déjà dans les rues de Québec. Ce mouvement inhabitué, l'allure enjouée des citoyens, leur marche em vressée et la circulation matinale des voitures, donnaient à cet ensemble un air de fête. Le soleil avait gravi dans un ciel sans nuage, la journée s’annonçait chaude ; chacun voulait profiter de l'air frais du matin! De grandes voitures entourées de feuillages circulaient lentement dans les rues et un homme debout au milieu des sièges encore vides, criait: « À Sillery ; 25 cents la place pour aller à Sillery » !

Tout le monde se rendait à ce coquet village, situé à quelques milles de Québec, où l'on célébrait la Saint-Jean-Baptiste.

Le 24 juin est un jour de joies simples et sincères à la campagne où le peuple aime l’église par éducation, mais aime sa fête nationale par nature. Il n’y a pas le faste et les grandes démonstrations allégoriques qui remplissent les rues des villes, les équipages richement harnachés, des sociétés nombreuses et de toutes les espèces, des cavalcades représentant des personnages d’époques historiques très éloignées. A la campagne tout est spontané ; tout ce qui s'y fait a une couleur locale empreinte de sincérité et de patriotisme. Le peuple, habitué à une vie simple et régulière loin des villes où l’orgueil étale ses oriflammes pompeuses, prépare, avec enthousiasme et harmonie, une fête qui réjouira tout le monde.

Depuis plusieurs jours, les citoyens de tous les rangs, les riches comme les pauvres, les grands et les petits, le propriétaire, le prolétaire, le maître, le serviteur, la main blanche qui tient la plume comme la main rugueuse qui bat le fer ou conduit la charrue,

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