‹ Moeurs, coutumes & industries canadiennes-françaises [microforme]Chapitre 81 sur 119 · PAUVRES VOYERS · texte numérisé non relu

PAUVRES VOYERS

En 1795, le parlement canadien vota une loi pour l’entretien des chemins vicinaux et royaux, etc, mais cette mesure qui obligeait les habitants à payer ou à contribuer par le travail à ces ouvrages, fut très ‘mpopulaire. Sa mise en exécution fut si difficile que l'autorité dut sévir et, en 1797, douze habitants de Lévis furent condamnés à une forte amende et à l’emprisonnement pour avoir séquestrés des sous-voyers de paroisses.

Les coupables dans cette circonstance avaient agi assez singulièrement. Un soir que les trois sousvoyers étaient réunis, ils s'en étaient emparés, les avaient conduits dans une maison isolée et inhabitée et là, après leur avoir demandé s'ils persistaient à faire exécuter la loi, sur leur réponse affirmative, ils les avaient enfermés en leur laissant un pain et un seau d’eau, bien décidés à les laisser périr de faim. Les familles des sous-voyers, inquiétés, firent des perquisitions, mais ce ne fut que la troisième journée qu'ils les découvrirent et les délivrèrent ; ils étaient exténués.

Histoire de Cinquante ans. T.-P. BÉDARD

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