II
Vaqui l'istori vcritablo
Bèn liuen dôu conte de la fablo,
Que n'en pensas, canèu de sort- — O ramaissaire de dardeno .
Det croucu, boumbudo bedeno Que gouvernas lou mounde emé lou coflfrCff'ort^
Fasès courre lou bru, canaio, Que l'artisto jamai travaio
Que t'importe l'hiver I Ta famille — à l'abri sous terre sommeille — et tu dors le somme qui n'a pas de réveil. — Ton cadavre tombe c loques. — Un jour, en furetant, la fourmi le voit.
De ta maigre peau desséchée — la méchante fait curée; — elle te vide la poitrine, elle te découpe en morceaux, — elle t'emmagasine pour salaison, — provision de choix, l'hiver, en temps de neige.
Voilà l'histoire véritable — bien loin du dire delà fable. — Qu'en pensez -vous, sacrebleul — O ramasseurs de liards, — doigts crochus, bombées bedaines — qui gouvernez le monde avec le coffre-fort.
Vous faites co<di le bruit, canaille. — que l'artiste jsmais ne tra-
14 MCEURS DES INSECTBS
E dèu pati, lou bedigas.
Teisas-vous dounc : quand di lambrusco La Cigalo a cava la rusco, Raubas soun bèure, e pièi, morto, la rousigas.
vaille — et qu'il doit pâtir, l'imbécile. — Taisez-vous donc : quand des lambrusques — la Cigale a foré l'écorce, — vous lui dérobez son boire, et puis., morte, vous la rongez.
En son expressif idiome provençal, ainsi parle mon ami, réhabilitant la Cigale calomniée par le fabuliste.