‹ Moeurs des insectesChapitre 17 sur 64 · LA CIGALE. LE CHANT · texte numérisé non relu

LA CIGALE. LE CHANT

Dans mon voisinage, je peux faire récolte de cinq espèces de Cig^ales dont les deux principales sont la Cigale commune et la Cigale de l'orne, l'une et l'autre fort répandues et les seules connues des gens de la campagne. jL.a plus grosse est la Cigale commune. Sommaiiemeot décrivons d'abord son appareil sonore.

Sous la poitrine du mâle, immédiatement en arriére des pattes postérieures, sont deux amples plaques semicirculaires, chevauchant un peu l'une sur l'autre, celle de droite sur celle de gauche. Ce sont les volets, les couvercles, les étouffoirs, enfin les opercules du bruyant appareil. Soulevons-les. Alors s'ouvrent, l'une à droite, l'autre à gauche, deux spacieuses cavités connues en Provence sous le nom de chapelle (li capello). Leur ensemble forme l'église (la glèiso). Elles sont limitées en avant par une membrane d'un jauae crème, fine et molle; en arrière par une pellicule aride, irisée ainsi qu'une buiie de savon et dénommée miroir en provençal [mirau).

L'église, les miroirs, les couvercles, sont vulgairement considérés comme les organes producteurs du son. D'un chanteur qui manque de souffle, on dit qu'il a les miroirs crevés (a li miraucreba). Le langage imagé le dit aussi du poètesansinspiration. L'acousiiquedément la croyance populaire. On peut crever les miroirs, enlever les opercules d'un coup de ciseaux, dilacérer la membrane jaune auiéneurc, et ces mutilations n'abolissent pas le chant

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