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vers la zone de sortie. Cette orientation nous dit le mode de délivrance. Les nouveau-nds se glisseront dans l'intervalle que laissent entre eux deux feuillets voisins, prolongement du noyau ; ils y trouveront passage étroit, difficile à franchir, mais enfin suffisant avec le curieux dispositif dont nous aurons à nous occuper toutà l'heure; ils parviendront ainsi à la bande médiane. Là, sous les écailles imbriquées, s'ouvrent deux issues pour chaque couche d'œufs. Une moitié des sortants se libérera par ia porte de droite, l'autre moitié par la porte de gauche. Cela se répète d'un bout à Tautre du nid, tant qu'il y a des couches.
Résumons ces détail? de structure, assez difficiles à
saisirpourqui "^7^--t-t»^^
n'a pas l'objet ^*^ .
sous les ycu'- Suivant l'axr du nid, et sem blable de forme %, à un noyau de \ datte, est l'ensemble des
r . Nid de la Manie rc'itricuse,
œuis. groupés
p=ir assises. Une ûco rce protectrice, sorte d'écume solidifiée, enveloppe cet ? mas. sauf en dessus dans la réf^ion médiane, on lécorcc spumeuse est remplacée par de minces feuilletsjuxtaposés. Les extrémités libres de ces feuillets forment à l'extérieur la zone de sortie; elles s'y imbriquent eo deux séries d'écaillés et laissent, pour chaque couche d'œufs, une couple d'issues, étroites fissures.
Section tra.-,sversaie du Assister à la confection du nid, md de la Mante religieuse, voir comment s'y prend la Mante pour édifier ouvrage si complexe, était le point saillant de mon élude. J'y suis parvenu non sans peme, car la
ponte se fait à l'improviste et presque toujours de nuit. Après bien d'ioutiles attentes, la chance enfin me favoris-- Le 5 septembre, une de mes pensionnaires, fécondée U 29 août, s'avisa de pondre sous mes yeux vers les quatre heures du soir.
Avant d'assister à son travail, une remarque : tous les nids que j'ai obtenus en vohére — et ils y sont asse? nombreux — ont pour appui, sans exception aucune, Is toile métallique des cloches. J'avais eu soin de mettre à la disposition des Mantes quelques pierrailles rugueuses, quelques bouquets de thym, supports très usités dans la liberté des champs. Les captives ont préféré le réseau de fil de fer. qui, par ses mailles où s'incruste la matière d abord molle de Tédifice, donne parfaite fixité
Les nids, dans les conditions naturelles, n'ont aucun abri; ils doivent supporter les intempéries de l'hiver, résister aux pluies, aux vents, aux gelées, aux neiges, sans se détacher. Aussi la pondeuse choisit toujours ur support inégal où puissent se mouler et obtenir pris les fondations du nid. Au médiocre est préféré le meil leur, au meilleur l'excellent, lorsque les circonstance le permettent ; et telle doit être la cause de la constant adoption du treillis des volières.
L'unique Mante qu'il m'a été donné d'observer a moment de la ponte travaille dans une position renvei sée, accrochée qu'elle est vers le sommet de la clocha Ma présence, ma loupe, mes investigations, ne la dérar gent en rien, tant son œuvre l'absorbe. Je peux enlevt ÏQ dôme treillissé, l'incliner, le renverser, le tourner et 1 retourner, sans que l'insecte suspende un moment s besogne. Je peux, avec des pinces, soulever les longue ailes pour voir un peu mieux ce qui se passe dessous La Mante ne s'en préoccupe point. Jusque-là, tout e; bien : la pondeuse ne bouge pas et se prête impassible toutes mes indiscrétions d'observateur. N'importe : le choses ne marchent pas au gré de mes désirs, tant l'opé, ration est rapide,, et l'examen difficuilueux.
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Le bout du ventre est constamment immergé dans un flot d'écume qui ne permet pas de bien saisir les détails de l'acte. Cette écume est d'un blanc grisâtre, un peu visqueuse et presque semblable à de la mousse de savon. Au moment de son apparition, elle englue légèrement le bout de paille que j'y plonge. Deux minutes après, elle est solidifiée et n'adhère plus à la paille. En peu de temps, sa consistance est celle que l'on constate sur un nid vieux.
La masse spumeuse se compose en majeure partie d'air emprisonné dans de petites bulles. Cet air, qui donne au nid un volume bien supérieur à celui du ventre de la Mante, ne provient pas évidemment de l'insecte, quoique l'écume apparaisse dès le seuil des organes génitaux; il est emprunté à l'atmosphère. La Mante construit donc surtout avec de l'air, éminemment apte à protéger le nid contre les intempéries Elle rejette une composition gluante, analogue au liquide à soie des chenilles; et de cette composition, amalgamée a l'instant avec l'air extérieur, elle produit l'écume.
Elle fouette son produit comme nous fouettons le blanc des œufs pour le faire gonfler et mousser. L'extrémité de l'abdomen, ouverte d'une longue fente, forme deux amples cuillers latérales qui se rapprochent, s'écartent d'un mouvement rapide, continuel, batteni le liquide visqueux et le convertissent en écume à mesure qu'il est déversé au dehors. On voit en outre, entre les deux cuillers bâillantes, monter et descendre, aller et venir, en manière de tige de piston, les organes internes, dont il est impossible de démêler le jeu précis, noyés qu'ils sont dans l'opaque flot mousseux.
Le bout du ventre, toujours palpitant, ouvrant et refermant ses valves avec rapidité, exécute des oscillations de droite à gauche et de gauche à droite à la façon d'un pendule. De chacune de ces oscillations résultent à l'intérieur une couche d'œufs, à l'extérieur un sillon transversal. \ mesure qu'il avance dans l'arc décrit.
brusquement, à des intervalles très rapprochés, il plonge davantage dans l'écume, comme s'il enfonçait quelque :hose au fond de l'amas mousseux. Chaque fois, à n'en pas douter, un œuf est déposé; mais les choses se passent si vite et dans un milieu si peu favorable à l'observation, que je ne parviens pas une seule fois à voir fonctionner l'oviducte. Je ne peux juger de l'apparition des œufs que par les mouvements du bout du ventre, qui, d'un plongeon brusque, s'immerge davantage.
En même temps, par ondées intermittentes, est déversée la composition visqueuse, que fouettent et convertissent en écume les deux valves terminales. La mousse obtenue s'épanche sur les flancs de la couche d'œufs et à la base, où je la vois faire saillie à travers les mailles du treillis, refoulée qu'elle est par la pression du bout de l'abdomen. Ainsi s'obtient progressivement l'enveloppe spongieuse, à mesure que les ovaires se vident.
Je me figure, sans pouvoir faire intervenir l'observation directe, que pour le noyau central, où les œufs sont noyés dans un milieu plus homogène que l'écorce, la Mante emploie son produit tel quel, sans le battre de ses cuillers et le faire mousser. La couche d'œufs déposée, les deux valves produiraient de l'écume pour l'envelopper. Mais, encore une fois, tout cela est fort difficile à démêler sous le voile de la masse écumante.
Sur un nid récent, la zone de sortie est enduite d'une couche de matière finement poreuse, d'un blanc pur, mat, presque crayeux, qui fait contraste avec le reste du nid, d'un blanc sale. On dirait la composition que les pâtissiers obtiennent avec du blanc d'œuf battu, du sucre et de la fécule, pour agrémenter certains de leurs produits. Cet enduit neigeux est très friable, facile à détacher. Quand il a disparu, la zone de sortie se montre nettement caractérisée, avec sa double série de lamelles à bord libre. Les intempéries, la pluie, le vent, l'enlèvent tôt ou tard par lambeaux, par écailles; aussi les vieux oids n'en gardent-ils aucun vestige.
1, La Mante dévorant son mâle pendant l'acte même de rarcouplement. — 2, La Mante terminant son nid. — 3, Carabes dorés faisant ripaille d'un lombric ou ver de terre.
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Au premier examen, on serait tenté de voir dans cette matière neigeuse une substance différente de celle du reste du nid. La Mante emploierait-elle, en effet, deux produits distincts? En aucune manière. L'anatomie d'abord nous affirme l'unité des matériaux. L'organe sécréteur de la substance du nid se compose de tubes cylindriques, recroquevillés, répartis en deux groupes d'une vingtaine chacun. Tous sont pleins d'un fluide visqueux, incolore, d'aspect identique quelle que soit la région considérée. Nulle part aucun indice d'un produit à coloration crétacée.
A son tour, le mode de formation du ruban neigeux écarte l'ioée de matériaux divers- On voit, en effet, les deux filets caudaux de la Mante balayer la surface du flot mousseux, cueillir pour ainsi dire l'écume de l'écume, la rassembler et la maintenir sur le dos du nid pour y former la bande semblable à un ruban de sucrerie- Ce qui reste après ce balayage ou ce qui ruisselle de la bande non encore figée, s'étale sur les flancs en un léger badigeon à bulles si fines qu'il faut la loupe pour les apercevoir.
Une eau boueuse, chargée d'argile, se couvre d'écume grossière dans le cours d'un torrent. Sur cette écume fondamentale, salie de matières terreuses, çà et là se montrent des amas spumeux d'un beau blanc, à bulles moins volumineuses. Une sélection se fait par la différence des densités, et l'écume blanche comme neige surmonte par places l'écume sale d'où elle provient. Quelque chose de semblable se passe lors de l'édification du nid de la Mante. Les deux cuillers réduisent en écume le jet visqueux des glandes. La partie la plus ténue, la plus légère, rendue plus blanche par sa délicate porosité, monte à la surface, où les filets caudaux la balayent pour l'amasser en ruban neigeux sur le dos du nid.
Jusque-là, avec un peu de patience, l'observation est praticable et donne des résultats satisfaisants- Elle devient impossible quand il s'agit de la structure si complexe de cette zone médiane où, pour la sortie dca larves,
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des issues sont ménagées sous le couvert d'une double série de lamelles imbriquées. Le peu que je parviens à dep.iêler se réduit à ceci. Le bout de l'abdomen, largement fendu de haut en bas, forme une sorte de boutonnière dont l'extrémité supérieure reste à peu près fixe, tandis que l'inférieure oscille en produisant de l'écume et immergeant des œufs. C'est à l'extrémité supérieure que revient certainement le travail de la zone médiane.
Je la vois toujours dans le prolongement de cette zone, àu sein de la fine écume blanche rassemblée par les filets caudaux. Ceux-ci, l'un à droite, l'autre à gauche, délimitent la bande. Ils en palpent les bords, ils semblent s'informer de l'ouvrage. J'y verrais volontiers deux longs doigts, d'exquise délicatesse, dirigeant la difficuitueuse construction.
Mais comment s'obtiennent les deux rangées d'écaillés et les fissures, les portes de sortie qu'elles abritent? Je l'ignore. Je ne peux même le soupçonner. Je lègue à d'autres la fin du problème.
Quelle merveilleuse mécanique qui déverse avec tant d'ordre et si prestement la gangue cornée du noyau central, la mousse protectrice, l'écume blanche du ruban médian, les œufs, la liqueur fécondante, et peut en même temps édifier des feuillets qui se superposent, des écailles qui s'imbriquent, des fissures libres qui alternent! On s'y perd. Et cependant, quelle aisance dans le travail î Accrochée à la toile métallique dans l'axe de son nid, la Mante est immobile. Aucun regard n'est donné à la chose qui s'édifie en arrière; aucune intervention des pattes ne vient en aide. Cela se fait tout seul. Ce n'est pas ici œuvre industrieuse nécessitant le savoir-faire de l'instinct; c'est besogne purement machinale, réglée par l'outillage, par l'organisation. Le nid de structure si complexe résulte du jeu seul des organes, comme dans notre industrie se façonnent mécaniquement une foule d'objets dont la perfection mettrait en défaut la dextérité des doigts.
Sous un autre aspect, le nid de la Mante est plut