LB MINIME A BANDE I
dans la matinée, la femelle du Grand-Paon a des visiteurs parfois le soir même, plus souvent le lendemain, après une quarantaine d'heures de préparatifs. Celle du Minime diffère davantage les convocations ; ses bans de mariage ne sont publiés qu'après deux ou trois jours d'attente.
Revenons un moment sur le rôle problématique des antennes. Le mâle Minime en a de somptueuses, pareilles à celles du Grand-Paon, son émule en expéditions matrimoniales. Convient-il de voir boussole directrice dans la pile de leurs feuillets } — Je recommence, sans trop y insister, mes amputations d'autrefois. Aucun des opérés ne revient. Gardons-nous de conclure. Le Grand- Paon nous a dit à quels motifs, autrement sérieux que des cornes tronquées, se rapporte le défaut de retour.
D'ailleurs un second Minime, le Bombyx du trèfle, très voisin du premier et comme lui superbement erppanaché, nous soumet question très embarrassante. Il est fréquent autour de ma demeure ; jusque dans mon enclos, je trouve son cocon, si facile à confondre avec celui du Bombyx du chêne. Je suis tout d'abord dupe de la ressemblance. De six cocons, d'où j'attendais la Minime à bande, il m'éclôt sur la fin d'août six femelles de l'autre espèce. Eh bien, autour de ces six mères, nées chez moi, jamais un mâle n'apparaît, bien que les empanachés soient présents, à n'en pas douter, dans les environs.
Si les antennes amples et plumeuses sont vraiment des appareils d'information à distance, pourquoi mes voisins somptueusement encornés ne sont-ils pas prévenus de ce qui se passe dans mon cabinet ? Pourquoi leurs beaux panaches le laissent-ils froids à des événements qui feraient accourir en foule l'autre Minime ? Encore une fois, l'organe ne détermine pas l'aptitude Tel est doué et tel autre ne l'est pas, malgré la parité organique.