‹ Moeurs et caractères des peuplesChapitre 100 sur 132 · UN BAZAR AU CAIRE · texte numérisé non relu

UN BAZAR AU CAIRE

Le Caire est le rend(?z-vous de tous les peuples qui habitent rÉfTypte ou qui viennent y trafiquer, et c'est principalement dans les bazars qu'on peut admirer la variété des costumes et des types. Devant la boutique des marchands venus de Damas et de Constantinople pour vendre leurs étoflesou leurs armes, passent et repassent sans cesse les Turcs, gênés dans de laides redingotes et d'étroits pantalons ; les Fellahs, nus sous une simple blouse de cotonnade bleue ; les Bédouins de la Libye, enveloppés de couvertures grises, les pieds entourés de linges rattachés avec des cordes ; les Ababdeh, portant pour tout vêtement de larges caleçons blancs, et dont les longs cheveux graissés de suif sont traversés par des aiguillons de porc-épic;desArnaules, avec leurs fustanelles, leurs vestes rouges, leurs armes passées à la ceinture et leur longue moustache retroussée ; les Arabes du Sinaï, couverts de haillons et ne quittant jamais leur cartouchière ornée de verroteries ; des nègres du Sennaar, donlle visage noir comme la nuita une régularité caucasienne ; des Maghrébins, drapés de leurs burnous ; des Abyssins, coiffés du turban bleu ; des Nubiens, habillés d'une loque ; des habitants de l'Hedjaz, marchant gravement le", pieds chaussés de sandales, la tête garantie par une coufieh jaune, et les épaules couvertes d'une traînante robe rouge ; les Wahabis, dont l'Europe ne se préoccupe pas, et sur qui repose peut-être

aujourd'hui le sort religieux de TOrient ; des Juifs sordides

r.O L'AFRIQUE ET LES AFFIICATNS.

et changeurs de monnaies ; quelquefois un sanlon tout nu, qui

s'avance en récitant la profession de foi ; puis, parmi ces fils de Sem et de Chara, des Européens de lous pays, Italiens, Corses,

Anglais, Russes, Allemands, Français, qui vont et viennent curieusement, pendant qu'auprès d'eux courent sur des ânes de gros paquets noirs et blancs qui sont des femmes

Maxime Du Camp, le NU.

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