‹ Moeurs et caractères des peuplesChapitre 128 sur 132 · LES VOUABOUDJOUÉ (I) ET LEURS VOISINS (A L'OUEST DU LAC TANGANYIKA · texte numérisé non relu

LES VOUABOUDJOUÉ (I) ET LEURS VOISINS (A L'OUEST DU LAC TANGANYIKA

Nous fîmes connaissance avec les Vouaboudjoué ou Vouabàdjoua, des êtres doux et simples, tout le contraire des hommes féroces que les Arabes nous avaient dépeints. A en juger d'après ceux que nous avons vus, les indigènes du Roua, de l'Ougouhha et de rOuboudjoué forment l'élite des fashionables de la coiffure. Chez eux, la perfection de l'arrangement capillaire est poussée jusqu'à l'absurde. On ne se figure pas la variété des modèles ; quelques-uns étaient d'un goût et d'un fini remarquables, presque touchants par le soin qu'ils avaient exigé, et qui té-

1. C*cst*à-Uire habitants de rOuboudjouc. Voua ou oua est une syllabe préfixe qui, dans rAfrique équatoriale signifie peuple; ou signifie pays.

moignaient du désir qu'ont ces pauvres sauvages de se parer le mieux possible.

L'amour de la sculpture est également l'un des traits distinctifs des Vouagouhha et des Vouaboudjoué. Il y a aux portes de leurs demeures des ornements qui ressemblent à des figures humaines. Leurs villages sont décorés de statues en bois; et les arbres des forêts qui séparent les deux contrées présentent souvent de curieux échantillons de l'art indigène.

Nous entrons ensuite dans l'Ouhyéya. Les habitants sont franchement inférieurs à ceux que nous venons de voir. Le peu de mérite qu'ils ont paraît leur venir de leurs rapports avec les Vouaboudjoué. Eux aussi aiment la parure ; ils se badigeonnent de rouge et de noir, et font, avec de la vase de cette dernière couleur, un disque de la dimension d'une assiette, qu'ils s'attachent derrière la tète.

Leurs incisives de la mâchoire supérieure sont limées en pointe ; « mais parce que c'est la coutume et non par goût pour la chair humaine. » Ils montrent môme à l'égard de cet aliment une répugnance très-vive.

Si bas placés qu'ils puissent être dans l'humanité, ces pauvres décorés de fange n'en mirent pas moins un empressement admirable à nous être utiles, pourvoyant à nos besoins, offrant de nous servir de guides, et nous conduisant dans l'Ouvinza, la contrée voisine.

Stanley. Tour du Monde.

LES MANYÉMA

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