LES LORRAINS
De même que les Gaëls, après un séjour de neuf siècles dans la Gaule, en étaient venus à différer par tous les caractères ethniques de leurs frères, les Kymris; de même la race germanique se métamorphosa sous des influences locales pour devenir lorraine.
Le Lorrain, sous Richelieu, était confiné dans un pays boisé, fortement accidenté, soumis aux vicissitudes d'une rigoureuse température alpestre, exposé à de fréquentes inondations, et, pour cette raison, enbeaucoup de points humide et marécageux; la race en était rude, robuste, énergique, et, comparée à celles qui habitaient la France, formait une famille à part.
Chaque terrain portait ou nourrissait sa variété d'habitants...
Depuis plus de soixante ans qu'un triste niveau pèse sur 1p
monde entier, une grande perturbation apportée dans les races a fait perdre au Lorrain son caractère distinctif ; il ressemble aujourd'hui à tous les autres Français : cette uniformité singulière est également représentée par le déboisement, les défrichements, l'assainissement du sol, par la disparition des animaux farouches, et enfin par l'amoindrissement des races domestiques, qui n'offrent qu'un mélange sans vigueur et sans caractère.
E. A. Ancelon, Mémoire sur Vorigine des populations lorraines.