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UNE NOCE VENDÉENNE

Les sons aigres et le sourd murmure de la vèze (musette) annoncent la noce au village, que le ménétrier parcourt en sautant. — Le cortège se rassemble, et la vèze marche en tête pour le conduire à l'église. — La mariée et son père vont les premiers. La mariée est entourée d'une douzaine de ses compagnes, qui, ornées de fleurs el de rubans, lui servent de filles d'honneur ; on

la distingue à sa couronne d'immortelles blanches, à sa ceinture

virginale blanche aussi , et à son bouquet d'oranger fleuri . Le marié vient ensuite avec ses garçons d'honneur ; les parents et les amis suivent. Une grand'messe précède la cérémonie nuptiale. — Quand l'anneau d'or, symbole d'éternelle alliance, a été donné, au moment où la joie éclate de toutes parts, un son lugubre se fait entendre, on entonne un plaintif Liftera; chacun s'agenouille et prie pour les parents et les amis qui ne sont plus ! . . . — La mariée, au moment de sortir, reçoit un baiser fraternel de chacun des assistants. — Puis on la reconduit chez elle par le chemin le plus direct, quelque peu praticable qu'il soit. — C'est, dit-on, un symbole : on veut lui apprendre que la vertu suit toujours la ligne droite. — Arrivée chez son mari, on lui présente du beurre nouvellement battu, du pain et du vin ; les deux époux mangent ensemble, et, pendant leur frugal repas, on allume dans la prairie un feu de joie et l'on fait de fréquentes décharges de mousqueterie. Quand le feu cesse de flamber, la vèze se fait entendre de nouveau et la danse commence. Ce sont des rondes immenses, de rapides courantes mêlées de bonds prodigieux, et le inchefrii national, — danse qui remonte aux anciens Agésinates. — Le repas succède à la danse. — Le marié n'y prend pas part, il reste debout pour servir la mariée et les convives

Abki. JluGO, France pittoresque.

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