‹ Moeurs et caractères des peuplesChapitre 46 sur 132 · HABITANTS DES OOROES DES PYRÉNÉES (VALLÉE D'OSSAU · texte numérisé non relu

HABITANTS DES OOROES DES PYRÉNÉES (VALLÉE D'OSSAU

... Ici les hommes sont maigres et pâles ; leurs os sont saillants, et leurs grands traits tourmentés comme ceux de leurs montagnes. Une lutte éternelle contre le sol a rabougri les femmes comme les plantes ; elle leur a laissé dans le regard une vague expression de mélancolie et de réflexion. Ainsi les impressions incessantes du corps et de l'âme finissent par modeler le corps et Pâme. La race façonne l'individu, le pays façonne la race. Un degré de chaleur dans l'air et d'inclinaison dans le sol est la cause première de nos facultés et de nos passions.

Le désintéressement n'est pas une vertu de montagnes. Dans un pays pauvre, le premier besoin est le besoin d'argent...

... Les mendiants pullulent. Je n'ai jamais rencontré un enfant qui ne me demandât l'aumône. Tous les habitants font ce métier, de quatre à quinze ans. Personne n'en a honte...

... Ils sont, comme les mendiants et les marchands, très-rusés et très-polis. La pauvreté oblige l'homme à calculer et à plaire ; ils ôtent leur bonnet sitôt qu'on leur parle et sourient complaisamment ; jamais de façons brutales ou naïves. Le proverbe dit très-bien : « Béarnais, faux et courtois. »

Taine, les Pyrénées.

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