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LA FEMME ALLEMANDE

Grâce à la femme, la bourgeoisie allemande s'est policée et est devenue sociable, hospitalière aux étrangers, et dans ces pays du sud, où les jouissances matérielles ont toujours été préférées aux jouissances morales, elle sait faire équitablement les deux parts. Les professeurs d'université reçoivent leurs élèves dans leur famille; on boit de la bière, on joue du piano, on discute, et quelquefois on danse. Ces soirées sont d'une simplicité charmante, et c'est là qu'on retrouve l'Allemagne que nous avons tous aimée, celte Marguerite au front chaste que Faust et Méphistophélès n'ont pas encore touchée.

La le mme au delà du Rhin n'a cependant jamais joué le rôle brillant de la femme française. Elle n'a pas de distinction, elle n'a ni les élégances de l'esprit ni celles de la toilette. On peut dire que la femme allemande manque de cachet. Celle qui est cultivée a toujours l'air d'une maîtresse d'école. Elle répète ce qu'elle a appris. Jamais une saillie, un trait original. Elle est vulgaire, sans tenue ; les princesses elles-mêmes, dans un salon ou une réunion, rient aux éclats comme des filles de portière.

La femme allemande, dans les campagnes, joue un rôle qui rappelle parfois celui de la matrone romaine. Dans les grandes fermes de paysans, la mère de famille se tient sur un siège élevé au milieu de ses filles et de ses servantes, afin de surveiller le m ouvement de l'intérieur et le travail de la domesticité. Chez le paysan pauvre, par contre, elle remplace la bête de somme et s'attelle au chariot. La femme du peuple s'astreint aux mêmes travaux pénibles et durs que l'homme. En général, la femme, dans le ménage bourgeois ou noble, est la première servante. Les éc rivains moralistes allemands ont appelé cela « lui donner sa vraie place, en développant ses aptitudes domestiques et en faisant la mère de famille et la mère modèle >>. La femme prend de la sorte le gouvernement de la maison.

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Victor T/ssot, /^« P rumens en Allemagne.

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Lo (hWoloppoment de la civllisatioa a été ici lent et tardif; I» hrntnlilé dns mœurs nllemandes a été proverbiale en Europe pnndnnt dcH HÎorJcî.s. Cependant, quand sous cette apparence si KroHMinrn on rechnrr.hcla marche comparative des deux éléments IbndauMUitaux do la civilisation, on trouve que le développement inlrlh^'luol u toujours devancé et surpassé en Allemagne le déveh)ppnmonl social , que Tesprit humain y a prospéré beaucoup plus quo la rondilion humaine

(îuizoT, Histoire de la civilisation en France.

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L'ÉMIORATION ALLEMANDE

Une tendance telle que l'émigration, qui se manifeste par des phénomènes aussi persévérants et aussi généraux, ne saurait s'expliquer par des causes locales et temporaires : elle dérive de l'essence même du caractère allemand. A l'instar de certains animaux et de certains hommes, la race germanique est douée de l'instinct de migration. Il semble que le rôle des Germains dans le monde consiste à recevoir de la main d'autrui des ébauches de colonisation pour les achever, en y introduisant le travail des champs, la famille, la commune, la religion, l'honnêteté, la gravité, tous les signes d'une société régulière. D'autres font le cadre, ils le remplissent. Les Allemands, initiateurs de seconde main, ne fondent aucune colonie nationale ; mais ils fécondent, par leurs aptitudes propres, les colonies créées par d'autres. Dans cette carrière, l'Allemagne se montre l'auxiliaire et la sœur de la Grande-Bretagne, à laquelle l'unissent des origines communes.

Cette inclination naturelle à la dispersion au dehors est moins combattue en Allemagne qu'ailleurs par le culte de la patrie. Tandis que les peuples de race latine personnilient la patrie surtout dans le pays lui-même, symbole matériel et chéri de l'unité invisible des âmes, chez les Germains, comme chez les Sémites, la famille et la tribu sont la patrie, plutôt que l'État, plutôt que le sol; avec elles, ils ne se sentent nulle part exilés.

Jules Duval, Histoire de Vémigraiion.

il4 LEUROPE ET LES EUROPÉENS.

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