‹ Moeurs et caractères des peuplesChapitre 89 sur 132 · LE OÉNOIS DE LA VILLE BASSE · texte numérisé non relu

LE OÉNOIS DE LA VILLE BASSE

Gènes est peut-être, avec Venise , la ville d'Italie où les types populaires et le va-et-vient des vieilles rues présentent l'imbro-

^lio le plus intéressant et le plus étrange. Rien n'est plus curieux, à coup sûr, que les figures et raccoutrement de ces portefaix, débardeurs, muletiers et facchini.kh poitrine hâléc, les uns nus jusqu'aux hanches, les autres revêtus seulement d'une chemise de laine bleue, avec une ceinture nouée sur la culotte. Et quelles Acres senteurs s'exhalent de la bettola ou taverne, à l'heure où tout ce peuple en guenilles, délaissant les longues files assourdissantes de charrettes aux attelages d'Anes et de mulets, s'y enl'erme pour déguster philosophiquement le fromage et la polenta. Notez que la plupart des rues de la ville basse, avec leurs maisons A sept ou huit étages, sont de véritables corridors, où l'on circule oï\ zigzag, sans presque apercevoir un pan de ciel bleu.

Jules Gourdault, VUalie.

Page 1