‹ Moeurs et portraits du temps, Volume 1Chapitre 49 sur 83 · MORT A L'ANGLAIS. M · texte numérisé non relu

MORT A L'ANGLAIS. M

peuple sensé» comme Test le peuple anglais. Et ce^ pendant ces alarmes ont été vives, un instant surtout; les bourgeois fourbissaient leurs épées, les femmes se préparaient à soutenir d'héroïques assauts. Les yeux prévenus voyaient Tborizon chargé de flottes françaises et d'armées de débarquement ; pour un rien , on eût sonné le tocsin et offert une rançon. Pourquoi l'avocat d'Arles ne se trouvait^l pas là? C'eût été le cas de déployer ses talents et de montrer comment il comprend la grande guerre» La vapeur? Il faudrait pourtant s'entendre làdessus, savoir au juste ce qu'elle vaut et écarter les chimères. Qu'elle puisse jeter à l'improviste plusieurs milliers d'hommes sur un rivage désarmé et dégarni , c'est hors de doute pour les hommes du métier. Avec la vapeur, il est facile de faire revivre y en pleine civilisation , ces surprises à main armée qui ont marqué les temps barbares , ces expéditions ou les pirates normands et les forbans algériens portaient de rivage en rivage la dévastation et l'épouvante. C'est un genre d'exploits qui est redevenu possible, avec les aggravations qu'y ajoute la sûreté du moteur. Seulement il n'est l'apanage

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d'aueiine rate, tii â*auctiti& fiàHoti; tDtitês peuvent , à Tenvi , exercer cet odieux abuS de lâ fbrce. Aitisi ^ pendant que dons irions insulter et ravagéi" les c6tes du pays de Oalled, les Anglais pourraient en fait*e autant sur Un point de nôtre golfe Ae Gascogne ou du Pertuis breton. Un excès en amènes rait un autre 4 les surprises s*engendreraietit> et Ton marcherait de repi*ésallles en Représailles, jusqu'à ce qu'un nouveau droit des gehs vint apporter un terme à ces violences de flibustiei^.

Dans cette limite, la vapeur fournit à Tart de la guerre un instrument nouveau ; elle permet des descentes rapides , suivies de prompts rembarquements , des coups de main accomplis par des hom* mes déterminés. C'est la course du corsaire , chaiigéant de nature et d'objet. Mais de là au transport d'une armée régulière , destinée à se tnaintenfr en pays ennemi, il y a ^ne distance énorme et quit est facile d'apprécier. Une armée n'est pas maniable comme un corps d'aventuriers; elle traîne à sa suite des bagages , des convois , un matériel considérable ; elle a contre elle le nombre, la difficulté des mouvements, l'épreuve d'un élément nouveau.

A bord , elle ne (Jisposp plijs (J'elle-môaie , elle ne s'appartient p^s. Qu'il y ^it une rencontre , un engagement, elle nuit plus qu'elle ne sert, elle est un embarras^ et point une force : elle peut être engloutie sans avoir eu l'honneur de lutter. Môme avec unQ chance plus heureuse, qu'arrivera+ili ta voici en face de la plage où elle doit descendre : comment s'y prepdra-t-ell^, et qu'est-elle en droit d'espérer?

Dans le cours des seyante ans qui viennent de s'écouler, les forces combinées de la France ont opéré deux débarquements dont le souvenir n'est poîn^ effacé. Le premier eut lieu en Egypte, sur le rivage du Marabout, à quatre lieues d'Alexandrie; le second dans la baie de Sidi-Ferruch , à douze lieues d'Alger. L'un et l'autre s'exécutèrent sans qu'on eût à essuyer de résistance sérieuse. Les grèves du Marabout étaient complètement désertes; celles de Sidi-Ferruch n'offraient qu'un petit nombre d'assaillants , plus tumultueux que redoutables, qui poussaient leurs chevaux jusqu'au bord de la mer, et fuyaient ensuite après avoir déchargé leurs fusils. A vrai dire, il n'y eut point d'epnemi.

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