‹ Moeurs intimes du passé (volume 3)Chapitre 102 sur 134 · Œuvres de M. de Funlenelle, l. V i^Kloge de Lémery · texte numérisé non relu

Œuvres de M. de Funlenelle, l. V i^Kloge de Lémery

2. Ces Élrennes figurent dans le Journal des Savanls, des 7 et l juin 1688.

Ou a (lil, non sans ([uel(iue raison, que les écii vains du dix-Iiuitième siècle se sont fort |)<mi piéoccupés de ^éducation des femmes. L'A'/Tr//clopédie, qui liaite avec délail de l'ëducalion des garçons, ne consacre, en elîet, ([ue queUjues lignes à l'éducation des filles. Diderot va jus(ju'à déclarer que l'élude des sciences csi déplacée chez une fille ou une femme et ne convient ni à l'âge ni au sexe.

Ilousseau avance, de son côté, dans { Emile, (|ue « la recherche des vérités abstraites et spéculatives, des [)rincipes, des axiomes, dans les sciences, tout ce (|ui tend à généraliser les id(M>s n'est point du ressort des femmes; leurs études doivent se rappoiter toutes à la pratique >>.

Les faits ont donné un démenti à ces théories. Non })as que les femmes, au siècle de la galanterie, aient eu-iuitre chose que des notions superficielles des différentes sciences' ; mais on les voit

1. Feu Mme la marquise de Voyer. conte Grimm dans sa Correspondance (t. XIV), assistait à une leçon d'anatomie, dans

LES FEMMES nU MONDE AUX COURS DE MEDECINE 325

prendre intérêt aux expériences de physique et de chimie, se presser aux cours de mathématiques, d'astronomie, d'histoire naturelle. Certaines veulent être initiées à la médecine, à la chirurgie, même à l'astronomie !

Par son livre de la Pluralité des mondes, Fontenelle avait popularisé l'astronomie. Il était du bel air de s'inquiéter de ce qui se passait dans Saturne et dans Jupiter, d'aller interroger les mondes qui ouvraient le champ à ces rêveries et à ces chimères.

Toutes les femmes se firent astronomes, comme auparavant elles avaient été cartésiennes, comme plus tard elles seront naturalistes, avec les Epoques de la Nature, de Bernardin de Saint-Pierre ; ou botanistes, sous l'impulsion de Jean-Jacques.

Jusqu'à Rousseau, la botanique n'avait été, en France, que l'étude des simples, exclusivement dévolue à l'apothicaire et à l'herboriste ; par le charme de ses démonstrations, l'auteur des Confessions répandra le goût de cette scTence dans toutes les classes de la société et les dames feront assaut de grâces, pour obtenir du farouche misogyne un

laquelle on expliquait le peu que nous savons du mécanisme mystérieux de la reproduction. Le démonstrateur, ayant suivi le cours du chyle dans tous les viscères qu'il parcourt, avant d'arriver à son dernier terme, Mme de Voyer dit, avec une surprise dont la naïveté pourra paraître assez originale : « Cela passe donc aussi par le cœur? Ah ! j'en suis bien aise ! »

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de ces herbiers, où les plantes desséchées par ses mains ressemblent à de beaux dessins.

Jean-Jacques complétait, en histoire naturelle, l'cïnivre de Bufîon qui, en parant la science dos riches ornements du style, était parvenu à la rendre accessible à la plus frivole portion du genre humain.

C'est alors (|ue Mme du Ciiâlelel ^ traduit les /Principes de Novvtou et coiu^ourt pour les prix de l'Académie des Sciences. « L'esprit philosophique fait tant d(^ progrès en l'raucc depuis (|ua- I auto aus, écrit N'cdtaire à la divine Emilie, en lui dédiant sa tragédie iVAlzire, (jue si Boileau vivail encore, lui qui osait se moquer d'une femme do condition, parce qu'elle voyait en secret Roberval et Sauveur, il serait obligé de respecter et d'imiter celles qui profitent publiquement des lumières des Maupertuis, des Héaumur, desMairau, des Du Vi\\ et des Clairaut; de tous ces véritables savants qui n'ont pour objet f|u'une science utile et (pli, eu la rendant agréable, la rendent insensiblement nécessaire à notre nation. Nous sommes au temps, l'ose le dire, où il faut qu'un poète soit philosophe et où une femme peut l'être hardiment. »

1. Les Lellres de Mme du Chûlelel ont élc'- piil)li(;es par Kiitr. AssK, avec une préface, des notes et un index. On y voit avec (juelle passion la marquise <;lierchaif à s'instruire, auprès de tous les savants compétents, des diftérentes sciences.

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LES BELLES DAMliS ASSISTANT ALX LKCdNS IIK I.Alilii; NOLt.EI

(D'après une gravure du temps).

l']n parlant de la sorte, Voltaire ne faisait qii'expiiiiicr l'o])inion de son siècle, et aiiibilitMix hiimènie de réunir le titre de géomètre à celui de poète et d'historien', il s'était fait expliquer, par Aime du CliAtelet, la physique de Newton, (jue Maupertuis avait enseignée à l'aimable marquise, el il avait pris, avec elle, des leçons de géométrn de Samuel Kcrnii; '.

Les traités de gi-oniclric, de. Jiiécaiiique et dalgèbre voisinaient sur les chilîonniers, avec les romans de l'abbé de Voisenon et de Crébillon fils.

Toutes ces j)etites-iiiaiU(;sses, (jue la vue d'un bouquet de violettes ou l'aspect dune écrevisse ou d'un homard, même en j)einture, font évanouir ', se |)resseiil aux leçons de physique de l'abbé Nollol, ou aux cours de chimie du pharmacien IJouelle '.

1. Le Président Hénaull écrivait, de Plombières, à d'Argensoii : « J'ai aussi passé par <>irey; c'est une chose rare : ils sont là, tous les deux, comblés de |)laisirs. L'un fait des vers de son côté, et l'autre des triangles. La maison est d'une architecture romanesque et dune magnificence qui surprend. Voltaire a un appnrtemenl, terminé par une galerie, qui ressemble à ce lablonii (|U(> vous avez vu de lécule d'Athènes, ou sont rassemblés des instruments de tous les genres : mathématiques, physiques, chimiques, astronomiques, et tout ccJ.i est accompagné d'ancien laque, de glaces, de tableaux, de porcelaines de Saxe, etc.; enfin, je vous dis qu'on croit rêver. > (L. Pkrey, le Président Ilénuult et Mme du Defjand, 257.)

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