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Plus lard, elles se rendront en foule au cours de Lavoi

LES FEMMES DU MONDE AUX COURS DE MÉDECINE :52i>

Les démonstrations de ces savants sont, d'ailleurs, pleines d'attrait. Chez l'abbé Nollet, les belles dames s'extasient « en voyant sortir du feu, un feu (|ui fait du bruit, du menton d'un granti laquais qu'on gratte «.

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(D'après iint- vignette de Cociii\ filsl.

Le chimiste Rouelle, en poussant à l'extrême limite la fusion et la volatilisation du charbon, expose aux regards de ses spectatrices éblouies

<i(iv. « La gloire de Lavoisier, écrit, le voyageur russe Karamsine, a passionné beaucoup de Parisiennes pour la chimie, à ce point qu'il y a deux ans, de belles dames se plaisaient à expli- <iner les impulsions de leur co^ur par des réactions cliimi- (|iies. » (Rii!ii;nK, op. cil., HïH.)

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un diamant qu'on n'aura plus qu'à débarrasser de sa gangue pour lui rendre tout son éclat.

Les femmes du monde se rencontrent aux cours de Sigaud de Lafond et de Mithouart.

Le Musée de (iourt de Gébelin, le Salon de correspondance de la Blancherie, leLijcée de Pilastre de llozier, font une sérieuse concurrence aux salons littéraires de .Mme (leofTrin et (]o. Mme du DelTand.

« Nulle science ne répugne à la femme. Les sciences les plus viriles semblent exercer surelles une tentation, une fascination.

« La passion de la médecine est presque générale dans la société : la passion de la chirurgie est fréquente. IJeaucouj) de ft^mmes apprennent à manier la lancette, le scalpel même. Beaucou[) se montrent jalouses de la [)etite-fille de Mme Doublet'; la comtesse de Voisenon, (|iii, auprès des

1. « La maison de Mme Doublet avait été ouverte, pendant un demi-siècle, à tous les t^ens de lettres qui s'y étaient présentés. Elle recevait particulièrement des savants et beaucoup de médecins. A force de raiiscr avec ceux-ci, sa petile-dlle, (jui allait beaucoup chez I avarl. et (|ui avait épousé le frère de l'abbé N'oisenon, devint folle de médecine, et voulut traiter tout le monde, ses gens, ses amis, ses amans; il parait que deux ou trois de ces derniers furent horriblement maltraités. C'est celte même dame Voisenon (jui, au temps où les mystifications étaient à la mode, reçut un jour le diplôme de présidente de la faculté de santé : on avait fait imprimer exprès une gazette pour lui bien persuader sa nomination. Cette gazette fut copiée sérieusement par dautres ; le Journal des savann

médecins reçus chez sa grand'mère, apprend tant bien ({ue mal l'art de guérir, et médicamente dans ses terres parents et amis, tout ce qui lui tombe sous la main, si bien que des plaisants, insérant un carton dans le Journal des Savants, lui font croire qu'elle est élue présidente du Collège de médecine ', »

L'étude de l'anatomie figure dans les programmes d'éducation de toute personne de (|iialit('' '. La plupart se contentent de la théorie, mais il en est (jui poussent le fanatisme pour la dissection, jusqu'à eu mourir. Le fait nous est très placidement conté par ce virago en jupons, ce joli monstre, comme on l'a très heureusement qualifiée, de Mme de Genlis.

« La comtesse de Coigny mourut très jeune, rapporte l'intarissable caillette, dans ses Mémoires K On prétend que sa passion pour l'anatomie

rt'péla même son discours de réception, ou plutôt sa lettre d'acceptation, et cela fît rire tout Paris.» (jl/ém. de nrix!iol,l. 1,20!) .

1. Les GoNCouiîT, la Femme an dix-hnilième xiècle (18(i2), 372-373, éd. Didot.

2. Du Verney venait quelquefois voir, à Sceaux, la duchesse du Maine. « Le bonhomme, conte un anecdotier, cherchait à rendre service, dans cette cour, à Mme de Staal, alors Mlle de Launay, qui avait fait sous lui un cours danatoniic. Voulant faire un grand éloge de sa protégée, il lui arriva un Jour de dire, en grande compagnie, que cette demoiselle était la fille de France qui connaisnail le mieux le corpa humain. » On entend les rires de l'assistance!

iî. Mémoires de Mme de Genlis, I. I.

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contribua à sa mort, en lui faisant respirer un mauvais aii-. On assurait dans le lemps, ([u'elle ne voyageait jamais sans avoir dans la caisse de sa voiture un cadavre. » Et voilà toute l'oraison funèbre de cette femme de dix-huil ans, doni Mme de (leulis approuvait, c(da va sans dii'e, le sino-iilier penchant !

Mme de (ienlis, cependant, malgré toiitson /clc et son penchant |)Our les plus macabres fantaisies. a\ ait rcctdc devant une l)esogne (pii s'accommodait mal a\cc ses ordinaires occupations, les(jU(dles consistaient, tantôt à pincer de la harpe ou jouer de la mandoline, tantôt à enseigner à ses (ilèN es la géographie, la botani(|ue, ou à suixre des cours de physique et de chimie. Elle s'était, en outre, rompue de bonne heuT*€~-aux iiA£rçices du cor[)s, apprenant, avec l'escrime et Féquitation. les premières notions de médecine et de chirurgie. Au besoin, elle saignait son homme, quand les circonstances le commandaient, et elle déclarait, sans fausse honte, qu'elle n'en ressentait aucune répugnance.

Mme de Genlis avait eu des devancières, presque, pourrait-on dire, sur les degrés du trône.

Unedes filles du Régent, celle qui sera l'abbesse de Ghelles, était passionnée pour les travaux de chimie, de physique et île phajinacie, aux(|uels

elle se livrai l « avec une aideiir toujours très grande, mais plus rarement soutenue. Elle apprit même la chirurgie et maniait assez habilement les instruments' ». Il lui restait assez de loisirs pour s'adonner à la ihéologie, à la musi<jue et à la géométrie ! C'est d'elle le mot, souvent répété depuis : « Je suis carrée comme un cube '. »

Mme de .Vbmtesson ne s'était pas bornée à la cidturé des lettres : elle chantait et jouait de la harpe. l]lle avait pris des leçons de peinture de Van Spaëndonck, des leçons de physique et de chimie de IJcrthollet et de Laploce'.

M nie l''ou<|uet, la mère du surintendant, avait, dans un but des plus louables, vulgarisé ses Remèdes faciles cl domcsliqnes, choisis et expérimenlês, dans un livre en deux volumes, (jui fut plusieurs fois réim[)rimé.

Mme (juyton de Morveau avait traduit en fran- ( ;iis l'ouvrage de chimie de Scheele, et Mme d'Arconville, les Leçons de l'Anglais Shaw. av(>c des corrections, des compléments et des noies histori(pies : dans le discours préliminaire de la traductrice, il est traité de la naissance et des progrès (io la chimie, de l'invention du feu et des métaux,

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