Œuvres, t. V
LES FEMMES UU MONDE AUX COURS DE MEDECliNE 335
anatomie ; que c'est sur la nature même (ju'il faut étudier la nature. Je crois (|ue des planches d'anatoniie bien faites, c'est-à-dire copiées fidèlement d'après le cadavre, peuvent être très utiles dans certains cas, en ajoutant néanmoins qu'il faudra toujours préférer — toutes les fois qu'on le pourra — la nature à ce qui ne fait que la représenter,
(( Comme le principal mérite des planches d'anatomie consiste dans l'exactitude, j'ai pensé ([u'on ne pouvait y apporter trop de soin. C'est dans cette vue que je ne me suis pas contentée qu'elles fussent passables, j'ai voulu qu'on ne put rien \ critiquer et poury parveuir, je n'ai épargné ni mon temps, ni mes peines.
« Tous les dessins ont été tracés sous mes yeux; il y en a même quelques-uns que j'ai fait recommencer plusieurs fois, pour corriger des défauts très légers, qui eussent peut-être échappé aux yeux mêmes des plus habiles, mais que le point de j)erfection que je m'étais proposé ne me permettait pas de laisser subsister. A l'égard de la finesse du burin, je me flatte qu'elle ne le cédera en rien à toutes les gravures de ce genre. »
Mme d'Arconville avait ajouté au texte deMunro plusieurs notes, sur des singularités qu'elle avait remarquées, ou qui lui avaient été communi-
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(| liées; elle lo lit piccédcr d'une bonne préface, (|ui suiliraiL à piouvei- les connaissances médicales de Mme d'Aiconville, aiilanl que l;i profondeur de son esprit.
Vers 1782, écrit Taine', « les femmes du monde ont dans leur cabinet un dictionnaire d'histoire naturelle, des traités de physique et de chimie. Elles se font peindre dans un laboratoire, assises parmi des équerres et des télescopes. Elles assistent aux expériences scientifiques, elles suivent des cours de sciences physiques et naturelles. »
Il n'est pas de peinture plus exacte : le siècle finit comme il a commencé.
Les femmes assistent aux séances de l'Académie des inscriptions et, à partir de 1786, aux cours du Collège de France. A la date du 13 novembre 1786, les Mémoires secrets de Bachaumont- annoncent que, grâce à M. de Lalande, « partisan dévoué du beau sexe », les femmes « qui se piquent aujourd'hui de vouloir entrer jusque dans le sanctuaire le plus reculé des