Jourdain, IIisl.de VUniversilé de Paris, t. I
vilégiés, ce temps était réduit à vingt-huit mois.
Quand Taspirant venait d'une Faculté étrangère, il devait prouver qu'il y avait étudié pendant huit ans consécutifs.
On disséquait durant la première année de cours : l'assistance aux anatomies était obligatoire pour tous les bacheliers; ceux-ci élisaient un de leurs camarades qui, sous le nom d'archidiacre^ était chargé de se procurer les cadavres, avec l'autorisatitm du doyen, de préparer la leçon du professeur, de la répéter aux philiàlres (aspirantsmédecins), puis de s'assurer qu'ils l'avaient comprise.
Dès la fin du dix-septième siècle, les bacheliers qui suivaient, pendant les deux ans qui les séparaient de la licence, les cours de chirurgie, étaient interrogés sur cette matière et, d'après les statuts édictés en 1G7G, ils devaient opérer euxmêmes sur le cadavre et montrer comment on appliquait les bandages. 11 était aussi d'usage que chaque bachelier s'attachât à un docteur, qui dirigeait ses travaux et l'emmenait comme aide dans sa clientèle privée.
Ceci nous amène à dire quelques mots de l'enseignement clinique.
On croit, gonéralement, qi;e cet enseignement ne remonte guère plus loin que le règne de
Louis XVI ; c'est une erreur. Certes, les études cliniques étaient loin d'être développées sous Louis XIV autant qu'elles le sont sous notre troisième République, mais elles se pratiquaient déjà sous trois formes différentes : à la Faculté d'abord, où tous les samedis se donnaient des consultations gratuites : ce qui prouve que les « consultations charitables » du sieur Théophraste Renaudot n'ont pas été une innovation i.
Outre la Faculté, il y avait l'hôpital, l'Hôtel- Dieu,' où bacheliers et licenciés allaient suivre la visite du médecin. Enfin, comme nous venons de le dire, chaque docteur initiait un bachelier à la pratique de son art, en l'autorisant à l'accompagnerdans ses visites.
Quel(|ues détails sur cet enseignement clinique ne seront pas oiseux; car on est, assez communément, ignorant de son histoire.
Une affiche apposée dans les rues de Paris le 27 mars 1637, faisait « assavoir à tous malades et affligez, de quelque maladie que ce soit, qu'ils se pourront trouver à leur collège, rue de la Bùcherie, tous les samedis de chaque semaine, pour être visitez charitablement par les médecins
1. En réalité, dès 1370, la communauté des chirurgiens avait organisé des consultations gratuites dans son collège de Saint- Côme.
LA VIE d'Étudiant au temps de molière 203
députez à ce faire, lesquels se trouveront audi(;J; collège, et ce, depuis les dix heures du matin jusqu'à midy, pour leur donner avis et conseils sur leurs maladies et ordonner remèdes convenables pour leur soulagement ».
Les malades ne durent pas affluer, car, quatre ans plus tard, la Faculté faisait lire dans les églises, au prône, pendant la semaine de Pâques, un nouvel avis, où il était dit, qu'en outre des consultations gratuites, les médicaments seraient distribués gratis aux indigents qui se présenteraient rue de la Bù chérie.
S'il arrivait que le malade fût dans l'impossibilité de se rendre à la consultation, le doyen, prévenu, envoyait chez lui un médecin et un apothicaire.
Six docteurs assistaient aux consultations de l'Ecole : trois anciens et trois jeunes. Ces docteurs étaient désignés à tour de rôle et convoqués par le bedeau. Ils, examinaient les malades en présence des bacheliers, et à propos de chaque sujet, faisaient une leçon sur son cas, dictant à l'un des étudiants l'ordonnance, tandis qu'un autre remettait les médicaments prescrits au patient: cela ne différait pas sensiblement, comme on le voit, de nos consultations d'hôpitaux.
Mais ces consultations mêmes existaient et, dès la fin du dix-septième siècle, lestage hospitalier était réglementé.
20t MOEURS INTIMES DU PASSÉ
* Les bacheliers étaient tenus de suivre alternativement, pendant trois mois, le service de chacun des médecins de l'hôpital.
La durée totale des études cliniques était fixée à deux ans et, pour se présenter à la licence, chaque élève devait fournir un certificat, signé de chacun des médecins dont il avait suivi l'enseignement, certificat constatant qu'il avait suivi régulièrement ses visites.
On n'est pas certain de la date exacte à laquelle les médecins de l'Hôtel-Dieu ont admis les étudiants à assister à la visite au lit des malades K 11 est à supposer qu'avant d'être attachés officiellement aux services de leurs maîtres, les bacheliers en médecine sont venus, au moins d'une façon intermittente, à l'hôpital, n'y remplissant peut-être aucune fonction, mais écoutant les explications qui leur étaient fournies.
Il existait, dès le quinzième siècle, un personnel chirurgical assez important pour assurerle service à l'Hôtel-Dieu ; quant au service^obstétrical, il était organisé depuis longtemps, puisqu'il est fait men-
1. Le docteur G. Cornu, dans sa thèse A Vhôpilal il y a deux siècles, l'Hôtel-Dieu, les compagnons chirurgiens et externes, Paris, 1897, prétend que ce n'est qu'en 1677 que les médecins de IHôlel-Dieu furent autorisés à se faire accompagner, pendant la visite,[par leurs élèves.
tion, dans un document de 1378, d'une « ventrière des accouchiez' ».
Le maître chirurgien qui était à la tête du service était désigné par les médecins de l'hôpital, en vertu de la suprématie que ceux-ci conservèrent si longtemps sur les porte-lancettes ; audessous du maître, et lui servant de second, était un « compagnon-chirurgien, gagnant-maîtrise », c'est-à-dire susceptible de passer maître au bout de dix ans de compagnonnage ; puis venaient les compagnons-chirurgiens internes, logés à l'hôpital et qui peuvent être considérés ( omiiie les ancêtres du corps de l'internat; eiiliii, au bas de l'échelle, les a[)j)r('iiLis chirurgiens : a|)])r(Milis externes, vivant au dehors ; apprentis personnels du maître, logés chez ce dernier en qualité de « pensionnaires ».
Pour être admis externe, l'apprenti chirurgien passait un examen ; s'il était reçu, à titre de bienvenue il faisait don de deux lancettes au maître chirurgien et à son second, et d'une lancette à chacun des compagnons-internes '-.
Les externes portaient un tablier noir ; les pensionnaires du maître chirurgien le relevaient d'un ruban rouge.
1. Brièle, Documents pour servir à l'histoire des hôpitaux de Paris, t. I. (Délibération de l'ancien bureau de l'Hôlel-Dieu.)
2. Cf. les Origines de la Maternité, par Henriette Carrier, Paris, 1888, 5.
Au bout de deux ans, l'externe pouvait se présenter pour être interne, et, s'il subissait ses épreuves avec succès, la première place vacante lui était réservée. C'étaient alors de nouveaux cadeaux, de nouvelles distributions de lancettes, sans oublier le festin que, dans le langage des étudiants, on nommait le dégraissemenl du tablier.
Les internes étaient nommés pour quatre ans : encore un ressouvenir d'antan, que les quatre années de l'internat de nos jours.
A 5 heures en été, à 6 heures en hiver, les compagnons-chirurgiens se levaient ; une demi-heure plus tard, suivis de leurs externes, ils se rendaient dans les salles, faisaient les pansements du matin, de manière qu'à 8 heures, quand arrivait le médecin en chef, toute la besogne fût terminée.
AH heures, sonnait l'heure du repas.
Les externes mangeaient au dehors, sauf cinq d'entre eux, qui dînaient aux frais de l'administration : c'étaient ceux préposés « aux amputations, aux vérolez et^ aux accouchées, et celui qui lit au réfectoire ».
A 1 heure de l'après-midi, reprise du travail un instant interrompu. C'était le moment des saignées : on en pratiquait, quelquefois, plus de 400 dans la même journée, à l'Hôtel-Dieu.
Vers 2 heures et demie, on renouvelait tous les
pansements: cela occupait jusqu'à la nuit tombante. A 6 heures, on soupait, et, avant d'aller se coucher; à 9 heures au pJus tard, on faisait la dernière contre-visite.
Le service de garde était assuré par deux compagnons ; il durait toute une semaine, à tour de rôle.
On obtenait difficilement l'autorisation de s'absenter: à p«ine les futurs chirurgiens pouvaientils s'échapper pendant quelques heures, dans la journée, quand ils n'étaient pas de garde, tellement ils étaient rivés à leur tâche quolidienne.
En dehors de leurs occupations, ils avaient l'obligation d'assister à maints exercices religieux, auxquels ils essayaient, en vain de se dérober. A côté de cette existence quasi monacale, les rigueurs de nos règlements modernes font sourire.
La vérité nous oblige à reconnaître que cette claustration forcée de jeunes gens, pleins de sève et d'ardeur, n'allait pas sans de. sérieux inconvénients : un fragment de délibération du 6 septembre 1662 en fait foi. Ces « Messieurs » du Bureau de l'Hôtel-Dieu avaient décidé de faire coucher, dans un local spécial,» les filles malades, de l'âge de 12 ans et au-dessus, qui viendront de l'hôpital général (la Salpêtrière), ou d'ailleurs,
LA VIE D KTUDIANT AU TKMPS I)K MOLIKBK 20!»
quand on aura crainle que, pour leur beauté ou autrement, on les vienne débaucher, et pour cet effet, ladite salle sera tenue ouverte le moins qu'on I pourra ».
> Quand le jeune loup a faim, il court au bois ......
MOKUBS INTIMES, IV.
On a souvent incriminé le défaut d'hygiène et de propreté des salles d'hôpitaux, sous l'ancien régime. On en était réduit, en efl'et, à faire coucher plusieurs malades dans le même lit; mais c'était une nécessité que chacun déplorait, comme les brancards que l'on multiplie en temps d'encombrement et qui ont fini par s'installer dans nos hôpitaux à l'état permanent.
Un écrivain du dix-septième siècle écrit à co propos : « On voudrait que les malades ne fussent pas tant ensemble dans le même lit, à cause de l'incommodité, n'y ayant rien de si important, que de se voir couché avec une personne à l'agonie et qui se meurt ^.» Malheureusement, le vœu qu'exprimait notre historiographe tarda longtemps à être réalisé.
On n'était jamais à court de malades, et quand le médecin arrivait pour la visite, il étaitsùr de trouver, dans les salles, toujours matière à disserter.
1. Sauval, Hisl. et Recherches des anliquilés de Paris (Paris, 1724), I, Ô23.
212 MoKUliS INTIMI-S DU PASSE
Dès que le portier l'apercevait, venant au loin, monté sur sa mule, philiâtres, bacheliers, topiques (on appelait ainsi les deux compagnons qui se rendaient au-devant du chef, pour l'accompagner durant sa visite et écrire ses ordonnances), tous étaient au port d'armes.
Le premier soin du médecin pénétrant dans l'hôpital était de se faire remettre le registre des entrants, tenu par le chapelain de semaine; ])uis le cortège s'ébranlait vers les salles, le chef en tête, escorté par les bacheliers et les aspirants, les compagnons chirurgiens fermant la marche; et la leçon se poursuivait au lit de chaque malade.
Nous venons de faire le tableau d'un enseignement clinique rudimenlaire; mais il serait injuste de prétendre que « nos pères, absorbés qu'ils étaient par l'érudition, parla philosophie, par ces interminables argumentations, dernier reste des traditions de l'école, ont trop souvent oublié que la médecine ne s'apprend qu'au lit des malades ». Notre critique' a trop oublié l'enseignement hospitalier dont il vient d'être question. Quand il nous montre la chambre du patient transformée en salle de cours, n'exagère-t-il pas à dessein, et lorsque Molière nous présentera les deux Diafoirus, père et fils, s'insiallant chacun à un bras de malade et
1. M. Raynaud, les Médecins au temps de Molière (Paris, 1863) a5.
LA VIE d'Étudiant au temps de molière 213
dissertant, jusqu'à épuisement de qualificatifs, sur la nature de son pouls, est-ce vraiment un tableau d'après nature qu'il nous a restitué ? Peutêtre, mais en appuyant sur l'appareil grotesque de ces consultations, plus que de raison. Il semble, cependant, qu'il se soit approché davantage de la réalité, quand il nous décrit la cérémonie de réception d'un docteur : nous avons Tlit comment il avait [)u, tandis qu'il était de passage à Montpellier, assister à une de ces solennités et nous la rendre au naturel.
FRONTISPICE D UNE THKSE UliDIEE A IlICIIEUlit'.
Dans Tancienne Faculté, les thèses ont tenu une trop large place, pour que nous ne leur consacrions pas au moins un paragraphe.
Les ihèses quudlihéiaires, ainsi nommées parce qu'ellestraitaient d'un sujetquelconque [quod libel) de physiologie ou de pathologie, furent imprimées, .pour la prenjière fois ^, en 1569.
D'abord in-folio, elles devinrent plus tard (1662) in-4. Elles portèrent, longtemps, pour é])igraphe, les mots : Deo Optimo maximo^ Virgini Deiparse et Sanctœ Lucse.
Avant de faire imprimer sa thèse, on en présentait deux exemplaires manuscrits au doyen, qui donnait le bon à imprimer sur Tun et conservait l'autre pour le contrôle.
Les thèses quodlibétairesse soutenaient le jeudi ; on en commençait la soutenance le premier jeudi après la Saint-Martin (11 novembre).
Gui Patin soutint sa première thèse quodlibé-
1. Cf. Fauvf.lle, les Éludianls en médecine de Paris sous le Grand Boi, 65 et suiv.
taire le 16 décembre 1624, sur le sujet suivant : La femme ne peut-elle pas se transformer en homme ? La réponse fut négative.
Sa deuxième thèse portait sur un sujet plus sérieux : Faut-it faire avorter une femme enceinte, dont la vie est en danger? L'auteur répond oui, « mais seulement si le fœtus est corrompu ^ »,
La thèse cardinale, qui se soutenait après les thèses quodlibétaires, du jour des Gendres à la Saint-Pierre, roulait sur une question d'hygiène; mais quelles questions y étaient agitées le plus souvent ! Voici des titres relevés au hasard :
Les héros naissent-ils des héros ; sont-ils bilieux ?
— Les jolies femmes sont-elles plus fécondes que les autres ? — La débauche enlraîne-t-elle la calvitie ? — S^ enivrer une fois par mois est-il salutaire ?
— La femme est-elle plus lascive que V homme ? — La femme est-elle un ouvrage imparfait de la nature ? — Les bâtards ont-ils plus d'esprit que les enfants légitimes ? — Les Parisiens sont-ils sujets à la toux quand le vent souffle du nord ? — De quelle partie du corps provenait l'eau qui s'écoula du flanc du Christ, quand, après sa mort, il fut percé par la pointe aiguë d'une lance? J'en passe et de plus divertissantes, et de non moins singulières.
En un temps où l'astrologie médicale comptait
1. V. la thèse de Larrieu, sur Gui Patin et les Commentaires de la Faculté, t. XII, 119 et 138.
216 MœUHS INTIMES UU PASSE
nombre de partisans, on ne s'étonnait pas de voir soutenir cette thèse : An comela morborum privminlio ? Les comètes présagent-elles les maladies ?
De môme, à l'époque où fleurissaient les superstitions, peu^-on être surj)ris qu'on se soit demandé si « les amulettes sont efficaces dans la cure des maladies » ?Gui Patin s'éleva avec énergie contre la prétention du candidat à soutenir pareille opinion, et il ne dépendit pas de lui que ce travail inaugural ne fût refusé par la Faculté.
L'irascible chroniqueur aurait du s'indigner moins que personne, lui qui avait soutenu cette thèse cardinale : Peut-on trouver dans Vexamen des urines un signe certain de la grossesse, et qui avait conclu hardiment par l'affirmative.
Mais la palme appartient, au moins sous le raj)port de la grivoiserie, au célèbre Bouvard, le dernier médecin de Louis XIII, dont la première thèse quodlibétaire agite ce problème folâtre : La femme est-elle plus apte que l'homme aux plaisirs de l'amour? Sa thèse de doctorat était tout aussi rabelaisienne, et après Vénus, Bacchus en faisait les frais : Vaut-il mieux, dans les maladies, boire de F eau ou du vin ?
A la Faculté de Paris, on avait assez de prédilection pour les sujets bachiques. C'est devant cette Faculté que fut soutenue la thèse fameuse : Le vin de Beaune est-il plus agréable et plus
i licse de Bonaventurc Foukmeh, illustrée par Hallk (14 mai 1750) (Bibl. de la Faculté de médecine de Paris),
sain que le vin de Reims ? Notre docteur concluait en faveur du bourgogne; mais, quelques années plus tard, les Champenois entraient en lice, en soutenant la proposition que le vin de Reims est plus agréable et plus sain que le vin de Bourgogne. Il ne fellut pas moins que l'autorité de Fagon pour proscrire de la table du Grand Roi tout vin autre que le vin de Beaune.
Longtemps bornées à de simples propositions, les thèses avaient fini par prendre, avec le progrès du temps, des développements plus considérables. Parfois, elles étaient enrichies de magnifiques gravures qui en faisaient tout le prix. On se rappelle, dans le Malade imaginaire, le dialogue entre Diafoirus et Angélique.
Thomas DiAFOiRUs (//ran/ de sa poche une grande thèse roulée qu'il présente à Angélique) : « J'ai, contre les circulateurs, soutenu une thèse [saluant Argan), qu'avec la permission de Monsieur, j'ose présenter à Mademoiselle, comme un hommage que je lui dois des prémices de mon esprit. »
A quoi Angélique de répondre :
« Monsieur, c'est pour moi un meuble inutile, et je ne me connais pas à ces choses-là. »
Toinettej)rend alors la thèse : « Donnez, donnez, fait-elle dédaigneusement ; elle est toujours bonne à prendre pour Vimage; elle servira à parer notre chambre. »
220 WœURS INTIMES DU PASSE
Au moment où Molière met ces paroles dans la bouche de ses personnages, la mode des thèses à image bat son plein ; elle durera, du reste, pendant une bonne partie du siècle suivant.
On les dédiait au roi ou aux grands personnages qui l'approchaient : les carclînaux Richelieu et Mazarin, le chancelier Séguier, la Grande Mademoiselle, Colbert, Louvois, Armand de la Porte, marquis de la Meilleraye, etc., furent parmi ceux qui en reçurent l'hommage.
La bibliothèque de notre Faculté possède une thèse imprimée sur satin, qui remonte à l'année 1673. Bien que cette thèse soit une thèse de philosophie, elle a trouvé place à la Faculté, parce qu'elle est dédiée au corps des docteurs-régents par son auteur Philippe-François Collot. Le cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale en possède une analogue, de 1657, imprimée à Cahors.
La thèse de Collot est de Paris. L'artiste qui l'a illustrée n'est autre que le célèbre graveur Sébastien Le Clerc.
La première thèse de chirurgie à image semble avoir été celle de Bonaventure Fournier, dédiée « au Saint Roi, fondateur du Collège des Chirurgiens », dont l'origine remonterait à 1226. La gravure est signée Halle, probablement Noël Halle, le peintre connu : elle représente le roi saint Louis pansant un blessé.
Thèse de Toussaint Bordenave (2 juillet 1750), illustrée par Philipp» de Champaigne (Bibl. de la Facullé»de modecine de Pari-i).
LA VIE n ETUDIANT AU TEMPS DE MOLIERE 223
La thèse de Toussaint Bordenave, que nous reproduisons comme la précédente, a pour auteur Philippe de Ghampaigne. L'artiste a placé la scèn.e de la résurrection de Lazare à l'entrée d'une grotte funéraire, qui fait songer à l'époque néolithique; Lazare est placé sur la dalle de pierre qui le recouvrait. Cette belle gravure mesure 60 centimètres de largeur sur 47 centimètres de hauteur. Les propositions d'anatomie et de chirurgie, sur les blessures par armes à feu, sont imprimées en trois colonnes. 11 n'y a pas de partie anatomique distincte ^
La thèse de François-Michel Disdier, dont nous donnons une reproduction réduite, représente le réservoir de Béthezda, dans lequel tout malade qui y était plongé était retiré guéri. Elle a été soutenue, sous la présidence de Nicolas Jallot, maître es arts et en chirurgie, le 25 septembre 1750. Disdier devint plus tard démonstrateur d'anatomie à l'Académie tie peinture et de sculpture de Saint-Luc.
Il existe, encore, tant à la Faculté qu'à Sainte- Geneviève, quelques autres thèses à images, dont certaines signées de grands noms : Mignard, Jouvenet, l'artiste infirme, etc.
1. Quelques thèses à images exposées momentanément dans les salles d'examen de l'Ecole d^ médecine, parle docteur E. Turnkr. (Extrait de la Gazelle hebdomadaire de médecine et de chirurgie.)