FIG, 51. — UN BAIN DE FEMMES, SUR LA RIVIÈRE
hommes et éloignés les uns des autres, ne semble
pas avoir eu plus d'efficacité que les précédentes.
Et cependant, des peines sévères étaient réservées
hésitait-on à sévir contre les délinqu.nnts. On n'a constaté qu'une seule condamnation infligée à des baigneurs : elle est du 24 juillet 1736. Encore furent-ils punis, si nous en croyons MM. Paul Desachy et René Farge, qui ont dépouillé les archives relatives à la question {Grande Revue, 10 août 1908), moins pour s'être montrés aux blanchisseuses des bateaux-lavoirs, dans le costume de leurs prepiiers pères, que pour s'être livrés à
à ceux qui enfreiguaient la sentence : il y allait de trois cents livres d'amende et de la confiscation de leurs bateaux et équipages, pour les fermiers et loueurs de places qui y contrevenaient.
En outre, il était fait « très expresse défense à toutes personnes de se baigner d'une manière indécente, de rester nuds sur les bords et graviers de la rivière et sur les bateaux chargés ou vuides, à peine de trois mois de prison (1) ».
Ce ne fut qu'en 4760 que devait être trouvé le remède à un état de choses que les moralistes déploraient et que les pouvoirs publics restaient impuissants à modifier.
Un baigneur étuviste, du nom de Poithevin (2\ imagina de transporter, sur un grand bateau construit à ce dessein, un établissement à peu près sem- • blable à celui qu'il exploitait déjà sur le quai d'Orsay (3). Des rapports favorables du lieutenant général
un combat singulier, à grand renfort de coups de poings, de canne et d'aviron, pour arriver à régler un compte de 85 sols, dus au bachotier de l'île Notre-Dame.
(1) Dictionnaire ou Traité de la Police générale, par De La Poix de Freminville (1775), p. B6.
(2) L'établissement de Poithevin, installé d'abord au pont de la Tournelle, fut transféré, en juillet 1762, à la pointe de l'île Saint-Louis. {Annonces, affiches et avis divers, 24 juin).
(3) V, V Encyclopédie méthodique des arts et métiers, t. VI, au mot Perruquier, § Bains sur la rivière.
de police, du prévôt des marchands et des échevins, de l'Académie des sciences, de la Faculté de médecine et du premier chirurgien du roi, ayant unanimement fait valoir Futilité de rétablissement projeté, on en autorisa l'exécution, par des lettres patentes, qui furent enregistrées au Parlement le 13 mars 1761 .
Le bâtiment élevé sur le bateau se composait d'un rez-de-chaussée et d'un étage. Il était divisé, dans sa longueur, par une galerie de cinq pieds de large, de chaque côté de laquelle se trouvaient douze ou quinze chambres, dont chacune était éclairée par une fenêtre sur la rivière (1). Ce bateau fut placé à demeure au-dessous du Pont Royal, du côté du faubourg Saint-Germain.
Une annonce, publiée dans un annuaire de médecine (2), nous apprend que Poithevin donne, en plus des bains simples, des douches et des « bains minéraux, soit naturels, soit artificiels, tels que les médecins les ordonnent (3) ». Un maître apothicaire de Paris, le sieur Mitouard (ou Mithouard) les compose.
On prend aussi chez Poithevin « des bains de vapeur
(1) Mémoires de la Société des Sciences, Btlles-Letires, clc. d'Orléans, 1852, p. 276.
{2j Etat de la médecine pour nn\, p. 225-226.
(3) Vers la même époque,, un sieur Guérin, de Montpellier, ouvrait le premier établissement d'hydrothérapie que Paris ait possédé et dont les divers services, bains, demi-bains, étuves, douches et fumigations, avaient été approuvés, dès 1754, par TAcadémie de chirurgie. (Etat de lu ville de Paris, 1760, p. 7, et Avant-Coureur, du 11 février 1760, p. 71.)
et des fumigations. Les pauvres y trouvent des recours gratuits (1) ». Les bains de propreté coûtaient 3 livres 12 sols, les autres à proportion.
Le succès de l'opération dépassa toutes les espérances de son fondateur. Encouragé par sa réussite, son successeur, Lefèvre de la Boulaye, édifia, en 1783, sur la demande de la Ville de Paris, un nouvel établissement (( qui réunit, au mérite de propager une nouvelle et utile jouissance, celui d'en populariser l'habitude, en l'offrant à un prix très modéré (2) » .
Peu après, un ingénieux industriel, Barthélémy Turquin, conçut le projet de soutenir, dans un bateau couvert, sur un plancher solide descendu en rivière des baignoires dont les parois étaient percées et qui se trouvaient ainsi traversées parles eaux courantes Cet établissement prit le nom de Bains chinois (3)
Mais Poithevin, se prévalant de ses lettres patentes
(1) Mme de Genlis avait réclamé depuis longtemps cet établissement gratuit. « A l'égard des bains publics, écrivait-elle, II en manque un gratis à Paris pour le peuple ; ce seroit une belle chose qu'un grand édifice sur la Seine construit pour cet usage. Le peuple n'en abuseroit pas pour sa santé, car il n'en pourroit guère profiter que les dimanches.» Dict. des Etiquettes de la Cour, t. I, p. 65.
(2) L'Ami des Femmes, lettre dixième.
(3) L'établissement des Bains chinois, installés sur la rivière, au bas de l'île Saint-Louis, eut une vogue très grande : hommes et femmes s'y baignaient en commun, mais dans des costumes d'une correction et d'une modestie sévèrement réglementées ; la haute société s'y montrait assidue; les princes mêmes y venaient fréquemment et c'est là que le futur roi
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de la Vtlle de Pans.
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& j'eftimc que fa forcune ne lui permettroit pas d'en faire la dépcnfe.
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