FIG. 70. — BAINS RUSSES
(D'après un croquis de Vllluslralion.)
de cinq ou six étages et plus. Un brasier immense, dans une cheminée de tôle, ouvrant et fermant à volonté, répand dans cette salle une chaleur excessive et échauffe, en outre, un four ou étuve, situé au-dessus, et dans lequel sont, dans un état d'incandescence perpétuelle, des cailloux, sur lesquels on projette de temps en temps de l'eau, laquelle s'exhale aussitôt en vapeurs et remplit la salle d'une poussière humide que respirent les baigneurs, soit en s'y promenant nus, soit en restant couchés sur les gradins.
Des serviteurs, armés de longues branches verdoyantes, et qu'on conserve fraîches et flexibles pour l'hiver, ramassent cette vapeur sur les feuilles de ces rameaux et la font pleuvoir en gouttes de feu sur le corps des baigneurs, dont la peau devient d'un rouge écarlate. Quelques-uns se font fustiger ou se fustigent eux-mêmes avec ces branchages; puis, quand ils sont excédés de sueur et de fatigue, ils vont dans une cour voisine, découverte et destinée à cet usage, se promener nus à l'air libre, se rouler dans la neige, s'étendre sur la glace, sortant ainsi brusquement d'une température de 42'* au-dessus de zéro, pour passer, sans transition, à 30» au-dessous.
Ces bains glacés sont encore pratiqués en Russie. Un de nos grands périodiques illustrés représentait récemment une scène qui est, sinon de tous les jours, du moins assez fréquente en Russie, où les médecins, dans certains cas, n'hésitent pas à conseiller des bains glacés, susceptibles d'amener des réactions violentes.
« Le patient, dans l'espèce, est quelque riche propriétaire foncier, un boyard, qu'un coupé bien clos, transformé pour l'hiver en luxueux traîneau, les glaces de ses portières soigneusement doublées de persiennes, a amené sur l'un de ses étangs. Là, les domestiques ont tout préparé en l'attendant : une brèche d'un mètre carré environ est ouverte dans la glace épaisse et résistante, où s'arrête l'attelage puissant ; un tapis a été jeté,
FIG. 71, — S; [D'après uhe lin-