‹ Moeurs intimes du passéChapitre 1 sur 40 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

réponse ne saurait être douteuse. Etaient-ils moins heureux, parce qu'ils avaient moins de bien-être ? Le bonheur consiste, on l'a dit avec raison (i), dans un état psychologique, qui n'est du ressort ni de l'histoire, ni de la statistique. Il est certain que les commodités, les aises de la vie, à l'époque actuelle, comparées à ceux du temps passé, témoignent de nos exigences de plus en plus impérieuses, de plus en plus croissantes.

Voulez-vous avoir une idée de ce qu'était le confort dans les classes riches des principaux Etats de l'Eur-ope au milieu du dix-huitième siècle? Lisez ce passage d'un livre (2) publié en 1764 :

Allez dans les palais des seigneurs italiens, vous verrez... qu'ils ont des maisons immenses où les marbres, ainsi que la peinture et la sculpture, brillent de toutes parts, et qu'ils n'ont ni un fauteuil commode pour s'asseoir, ni un lit garni comme il doit être, ni des armoires, ni des garde-robes. Vous verrez qu'au lieu de se servir de cheminées lorsque le froid se fait sentir, ce qui arrive souvent, ils font usage de réchauds... Vous verrez que leurs vastes escaliers ne sont jamais éclairés pendant la nuit, et qu'enfin les seigneurs, fastueux en apparence, ont des habits brodés, sans avoir une douzaine de chemises...

En Allemagne... on a des lits sans rideaux, chose aussi malpropre qu'indécente, des lits où l'on se perd dans le duvet, et où l'on a des pyramides de plumes pour couvertures. Si nous considérons maintenant la manière de manger, quel sujet de censure ! Ici, ce sont des fourchettes

(1) M. E. Levasseur.

(2) Les Véritables Inlérêls de la pairie, par de Fougks,

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