LIVRE m. — LES TROIS .ORDRES
plus OU moins d'âge en âge. Un édit d'Octave qui ne permettait la pourpre, c'est-à-dire un costume tout de pourpre, qu'aux sénateurs et aux dignitaires de l'État, fut déjà transgressé sans façon sous Tibère ^ L'usage de la litière en ville, interdit par César en 45 av. J.-C. , même à une partie des femmes, n'était probablement, dans les premiers temps de l'empire, permis qu'aux sénateurs, comme celui des litières couvertes ne l'était qu'aux femmes de condition sénatoriale ^. Cependant Claude conféra à son affranchi Harpocras le droit de se servir de la litière en ville, avec celui d'offrir des spectacles au public 3.
Du temps de Dion Cassius ', empereurs et consulaires se servaient de chaises à porteurs couvertes. Il n'est toutefois guère probable qu'aucune de ces prescriptions fût bien rigoureusement observée. On a déjà vu, page 64, qu'au troisième siècle, quand l'usage des voitures prit à Rome, les sénateurs eurent le privilège de se servir de carrosses garnis d'argent ^.
Depuis le commencement du deuxième siècle, figure parmi les qualitîcations honorifiques des sénateurs l'épithète de très-illustre (clarissimus) , qui fut plus tard également conférée aux femmes de rang sénatorial. Les préambules de Stace montrent qu'elle n'était pas encore usitée sous Domitien. Le premier écrivain qui l'emploie dans ce sens est Pline le Jeune ^ ; la première inscription
* Dion Cassius, XLIX, 16, et LVII , 13.
2 Ibid., LVII, 15.
3 Suétone , Claude, chap. xxviii.