‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 126 sur 266 · CHAPITRE [II · texte numérisé non relu

CHAPITRE [II

Ei'ordre équestre.

Le Sénat appartient exclusivement à Rome, — L'ordre équestre est le premier ordre hors de la capitale. — Historique de son développement jusqu'au règne d'Adrien. — Chevaliers pourvus du cheval de l'État. — Chevaliers sénatoriau.x. — Gradations dans l'ordre équestre. — Chevaliers titulaires. — Le poète Martial. — Grandes fortunes dans l'ordre équestre. — Noblesse de service.

Le premier ordre appartenait exclusivement à la capitale de l'empire. Quiconque devenait sénateur cessait en même temps d*être citoyen de toute autre ville ^ Même les sénateurs d'origine étrangère devaient considérer Rome et l'Italie comme leur patrie, non comme une hôtellerie ou un lieu de résidence temporaire. De là l'ordonnance de Trajan qui enjoint aux candidats briguant les charges curules d'employer le tiers de leur fortune à des achats de terre en Italie-, cote que Marc-Aurèle réduisit au quarto Le deuxième ordre au contraire, celui des chevaliers, était répandu dans tout l'empire et tenait la première place dans les villes d'Italie et de province. Des inscriptions de l'époque témoignent hautement de la considération dont

1 Digeste, L, i, 22.^ 5 et suivants.

- Pline le Jeune, Lettres , VI , 19.

3 Vie de Marc Antonin , chap. xi.

y jouissait l'ordre équestre. D'une classe particulièrement distinguée du service militaire, l'ordre équestre s'était transformé , au temps des Gracques , en une classe fondée sur la propriété et comprenant tous ceux qui possédaient 400,000 sesterces dans les conditions, comme il va sans dire, de la naissance libre et descendance d'hommes libres, ainsi que d'une conduite irréprochable et de Tabslention de toute profession réputée déshonnête ou vile^. En l'an de Rome 775 encore, on confirma la disposition qu'il ne pouvait y avoir de chevalier que l'homme qui ingenuus ipse, pâtre, avo paternoque , fuissef'-. Quiconque avait une mauvaise réputation, ou avait subi une condamnation, était expulsé de l'ordre. Ainsi, du temps de Pline l'Ancien, Arellius Fuscus le fut pour un fait de calomnie manifeste^. La perle du cens, c'est-à-dire du revenu équestre, chez tout membre de l'ordre, qu'elle fût ou non causée par sa faute, entraînait sa déchéance, et Martial "* a dit :

Dum donas, Macer. anulos puellis, Desisti, Macer. anulos habere.

De ces vers rapprochons ceux de Juvénal (XI, 42) :

ïalibus a dominis post cuncta novissimus exil Anulus et digito mendicat Pollio nudo.

Mais, par suite de la confusion et de la dissolution de tout ordre légal, occasionnées par les guerres civiles, ces dispositions aussi perdirent beaucoup de leur force. Pen-

1 Juvénal, III, 153.

2 Pline l'Ancien. Hist. nat., XXXIII . 32.

3 Ibid., 152.

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