LIVRE X
LES BELLES-LETTRES (Poésie et Rhétorique)
Effets de renseignement donné à la jeunesse. — Il vise principalement à l'éloquence. — La lecture et l'explication des poètes , objet du premier enseignement. — Poètes grecs et latins lus à l'école dite des grammairiens.
— Dans le premier siècle de l'empire cette lecture porte surtout sur les œuvres poétiques des vivants. — Réaction contre la littérature moderne du temps. — Introduction des poètes anciens dans l'enseignement scolaire.
— La poésie du li^ siècle affecte l'archaïsme. — Effets de l'étude des poètes. — Les maîtres souvent poètes eux-mêmes. — Les poètes précoces sont fréquents.
École des rhéteurs. — Déclamations, plaidoyers et controverses. — École des rhéteurs grecs. — Effets de l'enseignement des rhéteurs. — Déclin dans l'instruction scolaire et dégénération de la langue au lie siècle. — Efforts pour en rétablir la pureté.
Effets de la poésie classi([ue du siècle d'Auguste. — Importance de cette poésie. — Création de la langue poétique. — Propagation de la poésie parmi les contemporains. — Popularité de Virgile et des autres poètes classiques. — Dilettantisme poétique provoqué par la poésie classique. — Influence de la situation politique créée par le régime impérial. — Participation des empereurs à la littérature et à la poésie. — Auguste et Mécène, Tibère, Néron, Titus, Domitien, Nerva, Adrien. — Le dilettantisme poéti* que disparait de la cour des empereurs au II* siècle. — Causes de cette disparition.
Consé({uences de l'importance nouvelle que prennent la poésie et les lettres.
— Origine de la librairie qui devient un commerce à part. — Fondation de bibliothèques publiques. — Introduction des récitations. — Couronnement des poètes, au capitole en particulier. — (Condition précaire des poètes Sous Ifc rapport matériel. — Leur dépendance de la libcralilé des riches et
des grands. — Rap))orts mutuels qui en dérivent. — Générosité des empereurs envers les poètes. — Générosité des grands. — Mécène. — Sa liaison avec Horace. — Attitude de clients des poètes postérieurs, vis-à-vis de leurs patrons. — Éloges poétiques de Messala et de Pison. — Efforts de Martial pour se procurer des prolecteurs. — Protecteurs de Stace. — Pauvreté de ces deux poètes. — Bassesse de sentiments de Martial. — La poésie comme aliment de conversation et talent de société. — Attitude plus digne de Stace. — La poésie de circonstance, d'un ordre supérieur, supplée jusqu'à un certain point au journalisme. — Pluie de poésies de circonstance. — Mésintelligence entre Martial et Stace. — L'envie et la jalousie dominent dans les rapports entre les poètes. — Productivité excessive de la littérature poétique. — Prépondérance du genre épique, farci de mythologie. — Badinages poétiques. — La poésie n'est plus en majeure partie qu'une reproduction. — Imitations de Virgile et de Catulle. — Dilettantisme poétique de Pline le Jeune. — Ce dilettantisme apparaît surtout fréquemment dans les classes supérieures, ainsi qu'aux âges plus avancés de la vie.
Révolution opérée du temps d'Adrien par les sophistes grecs. — Leur influence sur le monde hellénique et sur le monde romain. — Intérêt que les empereurs et les Romains en général prennent à l'art des sophistes. — Influence particulière de l'art sophistique des Grecs sur la littérature latine du ne siècle. — Aulu-Gelle, Fronton et Apulée.
Grande influence de la poésie sur le développement général de l'instruction et de la civilisation en Europe, depuis la Renaissance.
Par les considérations dans lesquelles nous allons entrer, nous tâcherons de faire voir que l'influence de la poésie sur l'instruction en général, dans les temps postérieurs de l'antiquité romaine, différait essentiellement de ce qu'elle est aujourd'hui, qu'elle était notamment alors bien plus large et plus pénétrante. A cet effet, nous aurons à examiner le lien de la société instruite avec la poésie, la mission de celle-ci, la condition qui en résulta pour les poètes, enfin la substitution de la prose d'art à la poésie.
Le lien de la société instruite avec la poésie était, en grande partie^, déterminé par l'instruction queTon donnait à la jeunesse, et dans laquelle on avait en vue un tout