‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 163 sur 241 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La philosophie étliiqiic.

Du lirii de la morale des Anciens avec la religion el des dangers dont on la prétendait menacée par l'anthropomorphisme.

Différence essentielle entre la morale antique et la morale chrétienne. — Manière des Anciens d'envisager la divinité et l'humanité. — La philosophie morale. — La science est le fondement de la félicité. — La félicité est dans la résignation.

Progrès de la philosophie grecque dans le monde romain. — Opposition contre la philosophie. — Antipathies fondées dans le caractère national des Koniains. — La philosophie vue de mauvais œil par les gouvernants.

— Persécutions dirigées contre les philosophes. — Revirement d'opinion après la mort de Domitien. — On s'applicjue à infumer le reproche fait à la philosophie d'hostilité au gouvernement. — Aversion de la multitmlc pour la philosophie.— Inutilité de celle-ci dans l'opinion de la plupart des gens sans instruction et même dans celle de beancoup d'hommes instruits.

- Le» rhéteurs opposés aux pliilosophe». — - Scnèque l'Ancien. — Quintllibn. — Fronton. •— Lucien. — Aristide.

Les adversaires do la. philosophie alléguant l'imuioralité des philosophes. —

340 CIVILISATION ET MŒUfiS ROMAINES.

Pseudopliilosophes à Rome cl eu Grèce. — Les cynifiues. — La philosophie rceoiinuc par les Romains comme le flambeau de la moralisaliou. — Différences de vues sur la dose d'instrucliou philosophique nécessaire, — Participation des Romains aux études philosophiques. — L'école sextienne. — Progrès du stoïcisme, de l'épicurismc et des autres systèmes de philosophie chez les Romains. — L'instruction philosophique commence d'ordinaire avec l'adolescence. — Logique et dialectique. — Physique. — Ethique. — Droit et devoir des maîtres de surveiller et de diriger en tout la conduite de leurs disciples.

Triple mission des pliilosophes enseignants. — 1° Les philosophes comme précepteurs et directeurs de conscience dans les grandes maisons. — Comment étaient traités, d'après Lucien , ces philosophes domestiques. — Philosophes à la cour. — 2° Philosophes directeurs d'écoles publiques. — Inconvénients des conditions de l'enseignement dans les écoles des philosophes. — Ce qui l'empêche de devenir profitable, par la faute des élèves ou par celle des maîtres, — L'amour des belles phrases et la soif d'applaudissements. — 3'^' Philosophes missionnaires et prêchant la morale au peuple, comme les cyniques. — Démétrius. — Démonax.

Conclusion. — Épuration des idées morales par suite du développement de la philosophie dans les premiers siècles de notre ère. — Manque de fondement de la supposition d'une décadence générale des mœurs à cette époque.

Que, dans l'antiquité, toute la morale aussi était trèsintimement liée à la religion; que les dieux, comme directeurs de Tordre moral du monde et exécuteurs de ses lois, devaient également, dans Fopinion des Anciens, exiger des hommes l'accomplissement des devoirs moraux^ récompenser le bien et punir le mal, c'est ce qu'il n'est guère besoin de faire observer à qui a la plus légère teinte de la littérature antique. Mais, après avoir constaté précédemment que la croyance aux dieux avait persisté sans altération dans les masses, jusque dans les derniers temps de l'antiquité, il reste encore à réfuter l'idée que l'on se fait d'une influence démoralisante exercée par l'anthropomorphisme, qui, de la religion grecque, s'était communiqué aussi à la foi populaire des Romains, en ce

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