‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 116 sur 265 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

ductions d'Ovide, non destinées pour le théâtre, et, dans son exil encore, la nouvelle que ses vers étaient arrangés pour la danse et applaudis au théâtre, le réjouit, ainsi on chantait également, sur la scène, des poésies à la louange des empereurs, avec accompagnement de danses efféminées , au scandale des censeurs rigides , tandis que des rhéteurs, visant à un fade raffinement de délicatesse dans l'expression , faisaient sonner très-haut que leurs discours se prêtaient au chant et à la dansée

Outre la pantomime, on ne connaît toutefois, plus particuhèrement, qu'une seule des danses alors usitées sur la scène, la danse grecque appelée pyrrhiqne. Ce nom désignait une danse militaire d'origine dorienne, qui se conserva longtemps encore à Sparte^. Il paraît que, sous l'empire, il y eut diverses espèces de pyrrhiques; la plus remarquable, comme dans l'Ionie et d'autres provinces de l'Asie Mineure, y était dansée publiquement, dans les occasions de fêtes solennelles , par des enfants des plus nobles familles ^ Les empereurs firent plusieurs fois venir à Rome de ces jeunes danseurs, pour leurs spectacles, et souvent ils leur conférèrent en récompense le droit de cité.

1 Ovide, Tristes, II, 519; V, 7, 25. — Pline le Jeune, Panégyrique, chap. Liv. — TaLCÏte, Dialogue des orateurs, chap. xxvi.

2 Athénée, XIV, 631 A.

3 Suétone, César, chap. xxix : Pyrrhicam saltaverunt Asiae Bithyniœque principum liberi. — Josèphe, A. J., XIX, 1, 14. — Suétone, Caligiila, chap. lviii. — Dion Cassius, LX, 7 et 23. — Suétone, Néron, chap. xii. — Il ne paraît pas douteux, d'après cela, que Lucien {De saltat., 79), dans ce passage, parle aussi de la pyrrhique, surtout de celle du genre bachique. — Philostrate, Apollonius de Tyane, IV, 2; éd. K,, p. 66 (à propos des habitants d'Ephèse); ibid., 21; éd. K., p. 73 (à propos des fêtes dionysiaques d'Athènes). — Il résulte effectivement d'un passage de Plutarque {Qu. conv., IX, 2) que la pyrrhique était, alors aussi, dansée par de jeunes garçons de bonne famille, en Grèce.

après la représentation ^ Cependant, on exerçait aussi des esclaves des deux sexes à cette danse, particulièrement dans la maison impériale-. Peut-être y avait-il des pyrrhiques dansées par des garçons exclusivement et d'autres exécutées par des jeunes gens des deux sexes, probablement esclaves, ou du moins danseurs et danseuses de profession. Les pyrrhichistes paraissaient en scène magnifiquement vêtus de tuniques de diverses couleurs et brodées d'or, couverts de manteaux de pourpre et d'écarlate, avec une couronne sur la tête^ Une succession continuelle de figures, dans lesquelles on voyait les files de danseurs s'entrelacer, se serrer diversement en toute sorte de groupes, puis se rompre tour à tour, variait sans cesse cette danse. Ils y faisaient tantôt le cercle, tantôt la chaîne, puis se dispersaient en troupes, dans un désordre apparent, ou se formaient en carré''. Dans ce genre rentraient aussi des combats simulés, que danseurs et danseuses se livraient entre eux, avec des armes en bois^ mais surtout certaines danses bachiques'* et d'autres d'un caractère analogue. Les danseurs représentaient des titans, des satyres, des corybantes et des pâtres^, ou des bacchantes agitant des thyrses el des torches. Il était facile de prêter à ces danses un fond dra-

1 Dion Cassius, l. c. — Suétone, Néron, chap. xii. -2 Orelli, 2639 : Dis man. Naidi Cœsaris vernse ex numéro pyrrhichc. " Digeste, XLYUl, 19, 8, 11. — Plutarque, De sera num. vind.,c. ix. — Fronton, ad M. Csesarem, I, 2, 4. — Lucien, Le pêcheur, 36. i Apulée, La Métamorphose, \, 29, p. 734. •'' Anthol. lat.,éd. M.eytr,9ôd, De pyrrhicha.

In spatio Veneris siniulantur prœlia Martis Cum sese adversum sexus ulerque venit, etc.

6 Athénée, XIV, 631, A.

7 Lucien, Desaltaf., 1. c.

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