‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 124 sur 265 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES. ^ol · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES. ^ol

les jeux solennels qui se tenaient, en ce lieu, depuis les anciens temps, en l'honneur d'Apollon, et qui continuèrent ensuite à être célébrés régulièrement dans la ville, nouvellement fondée par lui, de Nicopolis, probablement à l'anniversaire de cette bataille (2 septembre), de quatre en quatre ans, avec accompagnement de concours de gymnastique et de musique ^ Cette fête périodique fut rattachée, comme la cinquième, au cycle des quatre grands concours {agones) de la Grèce, qui avaient un caractère sacré-; aussi comptait-on parfois, au commencement de Tempire, par Actiades comme par Olympiades^. Elle se maintint en grand honneur jusqu'aux derniers temps de Tanliquité et fut même restaurée par Julien l'Apostat^. Nombre d'inscriptions, concernant des athlètes et des musiciens de tous les pays de langue grecque, prouvent qu'on ne faisait pas moins de cas des victoires qu'on y remportait que de la couronne décernée à Olympie ou à Delphes^.

1 Strabon, VIT, 325 C. — Suétone, Auguste, chap. xviii. — Dion 0assius, LI, 1. -- Voir aussi Franz, C. I. (?., III, p. 730. — Les fêtes auguslales à Naples tombaient peu de jours avant l'anniversaire de la mort d'Auguste, le 19 août (Suétone, Auguste, chap. iic); les jeux d'Actium à Nicopolis, peu de jours après, suivant Stace :

Hoc me post patrii lœtum quinquennia lustri, Quum stadio jam pigra quies, canusque sederet Pulvis, ad Ambracias conversa gymnade frondes, etc.

Silves, II, 2.

Ces indices mènent au 2 septembre.

^ Franz, C. /. G., lîl, p. 730 a.

3 Josèphe, Bell. Jud., I, 20, 4.

^ Panegyr., X, chap. ix, 1.

^ Voir Orelli, 2633, et le Recueil des Inscr. gr. : 1068 (Mégare), 1420 (Sparte), 1719, (Delphes), 1720 (Nicomédie), 2723 (Stratonicée), 2810 (Aphrodisias), 3208 (Smyrne), 4081 (Pessinus), 4472 (Laodicée), et du temps des Sévères, dans le même recueil, III, 730; enfin 5913, 24 (Alexandrie). Ces jeux étaient, comme il résulte des inscriptions mêmes, accompagnés des concours d'usage de musique et de gymnastique.

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Des fôtcs périodiques semblables furent instituées, en riionneur d'Augusle, par des princes tels qii'Hérode, roi de Judée \ et par beaucoup de villes dans les provinces^. Ainsi l'on retrouve encore, à la fin du premier siècle, la mention de jeux actiaques tant à Alexandrie qu'à Antioche^.

A Rome même le sénat avait décrété, dès l'an 724 de la fondation de celte ville, la célébration d'une fête périodique quatriennale, en commémoration de la victoire d'Actium^. Ce fut Auguste qui la célébra le premier avec Agrippa, en l'an de Rome 726 ou 28 avant Jésus-Christ. A la même occasion fut inauguré le temple d'Apollon, sur le Mont Palatin. Des hommes faits et des adolescents de la noblesse y conduisirent les chars dans l'hippodrome, comme aux jeux sacrés de la Grèce, et des athlètes y luttèrent, dans un stade élevé spécialement à cet effet, au Champ de Mars. On donna, en outre, un jeu de gladiateurs. La fête dura plusieurs jours, pendant une partie desquels Agrippa y présida, probablement avec Tibère ^ alors âgé de quatorze ans , à la place d'Auguste , qui était tombé malade ^ A partir de cette époque, les quatre grands collèges de prêtres furent chargés d'ordonner alternativement la fête, aussi longtemps du moins qu'elle con-

^ En l'an 8 av. J.-C. (Josèphe, Ant. Jud., XVI, 5, 1, et Bell. Jud., i, 21. 8).

- Suétone, Auguste, chap. lix : Provinciarum plerœque supra templa et aras ludos quoque quinquennales pœne oppidatiin constituerunt.

^ Dans rénumération des exploits de T. Flavius Archibius (C. I. G., 5804, I, 24 (en lan 89 de notre ère), et I, 27 (en l'an SO).

'* Dion Cassius, LI, 19.

•' Suétone, Tibère, chap. vi : « Prœsedit et aslicis (ou plutôt « actiacis »), et Trojam (?) circensibus, ductor turmee majorum pueroruin. »

^ Dion Cassius, LUI, 1.

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