LIVRE VI. — LES SPECTACLES
tinua d'exister à Kome^; et il n'est guère douteux qu'elle | fut régulièrement accompagnée de combats d'athlètes. La quatrième célébration, en l'an de Home 738, est la dernière dont il soit faite mention. Agrippa en lit les frais, en sa qualité de membre du collège des quinze {quindecimviri)^ auquel en incombait la direction, pour cette année^. Caligula abolit les jeux actiaques dans tout l'empire ^ Si, malgré cela, l'usage de les célébrer continua dans les provinces, il paraît constant qu'à Rome même il tomba, sinon immédiatement, du moins peu de temps après "*.
Ces reprises fréquentes des jeux d'athlètes, à Rome, les y mirent en vogue, et bientôt le peuple demanda « des combats à la mode grecque» aux magistrats chargés d'ordonner les jeux publics^, et qui n'eurent certainement pas moins égard à ces désirs que les empereurs eux-mêmes. Ainsi Caligula donna, en l'an 38^, des jeux gymniques, re-
1 Dion Cassius, l. c. —Parles jeux pontificaux (pontificales. ludi), où Auguste défendit aux femmes d'assister au spectacle du pugilat, Suétone (Auguste, chap. xliv) entend sans doute les jeux actiaques, célébrés par les pontifes. — Voir aussi, dans Tacite (Annales, III, 64), la mention de grands jeux, décrétés en l'an 22, qui devaient être célébrés par les grands collèges de l'époque.
2 Dion Cassius, LÏV, 19. — Eckhel, D. iV./VIII, 476.
3 Suétone, Caligula, chap. xxiii : Actiacas Siculasque viclorias vetuit solemnibus feriis celebrari.
* Le « certamen ad exemplar Actiacae religionis » décrété en l'an 63, d'après Tacite (Annales, XV, 23), à l'ocassion des couches de Poppée, ne prouve pas la conservation de l'usage de ces jeux à Rome. Toutes les mentions de spectacles asiatiques de ce temps se rapportent à ceux de Nicopolis, et, comme il n'est plus jamais question, nulle part, d'une célébration des mêmes jeux à Rome, il faut croire qu'ils ne se maintinrent pas longtemps dans la capitale.
^ Tacite, ^nwaZes^ XIV, 21 : Nec perinde magistratus rem familiarem exhausturos aut populo efftagitandi Graeca certamina a magistratibus causam fore, quum eo sumptu respublica fungatur.
^ Dion Cassius, LIX, 9.
nouvelés Tannée suivante, en plusieurs endroits simultanément, pour l'anniversaire de la naissance de Drusilla'. Claude aussi fit paraître des atlilèles, comme intermède des courses de chars, au cirque, lors des jeux donnés pour la célébration de son triomphe de Bretagne, en l'an 44 2. La prédilection de Néron pour les mœurs et les usages grecs contribua bien davantage encore à populariser ces spectacles à Rome. Il y institua, en Tan 60, la première fête dite sacrée , entièrement sur le pied des fêtes helléniques du même genre, avec trois espèces de concours, pour la course des chars, pour la gymnastique et pour le chant, la musique, la poésie et l'éloquence. Celte fête aussi devait se renouveler, de quatre en quatre ans, au moyen d'une fondation imputée sur le trésor public^. Les concours de musique , qui certainement avaient manqué dans le progiamme des jeux actiaques à Rome \ formaient l'objet capital de la nouvelle fête , dont l'institution avait été, par-dessus tout, déterminée par le désir de Néron de briller personnellement comme poëte^ chanteur et joueur de cithare. Ces concours avaient lieu au théâtre; des personnages consulaires y présidaient ; les plus nobles Romains, à l'exemple de l'empereur, y prenaient part, et les vainqueurs étaient couronnés^.
Les concours de gymnastique, lors de leur première célébration, se tinrent au clos des Septa^ et les vestales y
1 Dion Cassius, LIX, 13.
2 Ibid., LX, 23.
3 Tacite, Annales, XIV, 20. — Dion Cassius, LXI, 21. — Suétone, Néron, chap. xii. — - Eckhel, D. N., V, 264. — Le revers de celte médaille, frappée en celte année, offre une table, portant une urne et une couronne, et sous la table un disque et des griffons tenant un bouclier.
^ Suétone, Néron, chap. xii : Instituit quinquennale cerlamen primus omnium Romœ more grœco triplex.
^ Voir Tacite, Annales, XVI, 4; Suétone, Néron j chap. xxi.